Fin mai, le Comité directeur de la FF Boxe a voté une modification, à compter de la saison prochaine, des prérequis concernant les examens ophtalmologiques à fournir pour ceux qui souscrivent une licence de boxe amateur.
Les évolutions
-> Jusqu’à présent, l'examen ophtalmologique était demandé tous les deux ans quand on souhaitait se voir délivrer une licence de Boxe amateur (BA). Par ailleurs, au-dessus d'un certain degré de myopie, en l’occurrence 3,5 dioptries (à distinguer de l'acuité visuelle), on se voyait interdire de boxer en amateurs.
-> A compter de la saison prochaine, ledit examen sera exigible tous les ans tandis que le degré de dioptrie au-dessus duquel il sera impossible d’obtenir une licence de BA passera à 4,5. Cet assouplissement permettra donc à davantage de pratiquants de pouvoir boxer en compétition, ce qu’ils ne pouvaient pas faire jusque-là.
-> Le contenu de l’examen demeure identique. Il s’agit d’un examen de base (fond de l’œil, vérification de la tension oculaire etc.) que tout ophtalmologue est capable de réaliser. Ce dernier doit remplir un formulaire dédié, élaboré par la FF Boxe, que le licencié lui remet au début de la consultation. Et, contrairement à ce que certains affirment, il est tout à fait possible d’obtenir, sur l’ensemble du territoire, un rendez-vous ophtalmologique dans un délai inférieur à un mois.
-> Pour ce qui est de la chirurgie de la myopie, destinée à réduire sensiblement cette dernière, elle était, jusque-là, une contre-indication absolue à la pratique du noble art. Pourquoi ? Parce que lors de cette intervention chirurgicale, on agit non pas sur la rétine mais sur la cornée, à l'avant de l'œil, que l’on aplatit. Si bien qu’au lieu d’avoir une seule fragilité, celle de la rétine, on en a deux avec celle supplémentaire de la cornée.
Mais, là encore, la donne a changé car les techniques ont évolué. Cette opération est maintenant effectuée au moyen d’un laser nettement moins invasif selon la méthode dite PKR (photokératectomie réfractive). Désormais, tous ceux qui ont eu recours à ce procédé,et uniquement à celui-ci, pour corriger leur myopie (à condition que celle-ci n’ait pas été initialement supérieure à 4,5 dioptries) peuvent souscrire une licence de boxe amateur car leur cornée n’est plus altérée comme auparavant.
Pourquoi des modifications ?
-> Il faut savoir que les accidents les plus fréquents et les plus graves qui surviennent sur un ring concernent les yeux, ce que beaucoup ignorent ou oublient. L’œil est, en effet, un organe particulièrement fragile et exposé entre seize cordes. A noter que si une myopie élevée est incompatible avec la pratique de la boxe, ce n’est non pas parce qu’elle altère la qualité de la vision mais bien parce qu’elle a comme corollaire une fragilité de la rétine.
-> A l’aune de ce constat et dans le souci d’améliorer les choses, la Commission médicale de la FF Boxe a sollicité, il y a un peu plus d’un an, l’avis de spécialistes de la Fondation Rothschild qui fait office de référence pour ce qui est des traumatismes oculaires.
Dans un premier temps, les médecins de la Fondation Rothschild ont trouvé que le seuil maximal de myopie de 3,5 était un peu sévère et qu’il était possible de mettre les gants en amateurs en étant atteint d’un degré de myopie pouvant s’élever jusqu’à 4,5. La Commission en a pris acte et est allée en ce sens. Son extrême prudence s’explique par le fait que de manière générale, la myopie affaiblit la rétine. Avec, à la clef, un risque accru de glaucome, de décollement de rétine etc. en somme, d'accident grave.
-> D’une part, un boxeur est susceptible de reçoit beaucoup de coups sur l'œil durant une saison. Dans ces conditions, il était impératif, au nom du principe de précaution, d’effectuer un contrôle ophtalmologique tous les douze mois et non tous les vingt-quatre. Deux ans constituent une période trop longue durant laquelle l’œil peut être altéré de différentes manières (début de décollement ou de déchirement de la rétine, lésions de la cornée ou du cristallin…). Il importe donc de pouvoir le détecter avant qu’il ne soit trop tard.
-> En outre, la FF Boxe a souhaité s’aligner sur les autres fédérations de sport de combat qui toutes ont instauré, depuis très longtemps, un examen ophtalmologique annuel et non pas bisannuel.
-> Enfin, la responsabilité de la FF Boxe aurait pu être mise en cause pour perte de chance par un licencié victime d’une blessure à l’œil qui se serait dangereusement aggravée parce qu’elle n’aurait pas été décelée à temps, faute d’avoir été contraint réglementairement de consulter un ophtalmologue de manière plus régulière.
La Fédération n’est pas la seule décisionnaire
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la Fédération n'est pas maîtresse de ses règlements médicaux. En effet, ceux-ci sont systématiquement validés par le ministère chargé des Sports qui a toute la latitude pour les amender. La FF Boxe n’agit donc pas discrétionnairement ni arbitrairement. Sur ce sujet comme sur les autres, les évolutions approuvées par le Comité directeur fédéral ont donc été préalablement soumises au ministère qui les a entérinées après concertation avec la Commission médicale de la Fédération.
Il convient, au demeurant, de préciser que ce cette dernière est neutre et impartiale. Elle n’est sujette à aucun conflit d'intérêts. Les décisions qu’elle rend et propositions qu’elle formule ne le sont pas au doigt mouillé. Elles sont basées uniquement sur des données scientifiques communément admises.

