Ca continue pour Hugo Grau et Wassila Lkhadiri

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Les premiers huitièmes de finales de l’Euro senior, qui se tient à Sofia, ont débouché sur un bilan mitigé côté tricolore.

Hugo Grau avait fort à faire face à l'Irlandais Dean Clancy qui a participé aux JO de Paris et était donc un gros client. « Hugo a réalisé une véritable master class en tirant tout le parti de son allonge pour boxer à distance, se félicite l’entraîneur national, Kamel Hasni. Pour cela, il a donné son bras avant puis contré avec son bras arrière. Il s’est également montré très disponible sur les appuis pour effectuer des pas de retrait lors des phases défensives, si bien que le Britannique jamais pu boxer à sa distance. Par ailleurs, en terme de timing, il avait toujours un temps d’avance sur Dean Clancy qui, lui, était donc systématiquement en retard. » Un schéma tactique qui a permis au Vendéen de remporter aisément les deux premiers rounds et de pouvoir géré dans le troisième.

Plus largement, il a assurément franchi un palier : « Il est davantage à l’écoute et parvient à canaliser sa boxe, confirme l’entraîneur national. Il est beaucoup moins foufou. Il est en train de trouver son style tout en ayant réussi à faire sauter certains verrous sur le plan mental. Il est en effet plus calme et a davantage confiance en lui. »

Soheb Bouafia (-90 kg), lui, a subi la loi du Géorgien Georgi Kushitashvili mais a offert une belle et louable résistance. « Il s’est incliné avec ses armes et n’a rien lâché. Il a tenté jusqu’au bout, insiste Kamel Hasni. Il n’a rien à se reprocher. Il est simplement tombé sur meilleur que lui même s’il a réussi à faire compter le Géorgien au deuxième round après l’avoir touché au foie. Le but était de bloquer le bras arrière de Georgi Kushitashvili pour, ensuite, remiser. Toutefois, après la perte du premier round, nous avons demandé à Soheb de faire la différence à mi-distance, ce qui lui a permis de s’adjuger la deuxième reprise. En revanche, dans la dernière, c’est le Géorgien qui a été le plus précis et donc le plus impactant d’autant que Soheb a été trop perméable défensivement. »

Chez les féminines, Wassila Lkhadiri (-54 kg) a montré de belles choses devant la fausse garde irlandaise Jennifer Lehane. Ce qui est d’autant plus méritoire qu’elle a su évoluer dans un autre style que celui qui est habituellement le sien. « Wassila a fait une très bonne rentrée dans la compétition d’autant que nous avions quelque peu changé de stratégie, détaille Kamel Hasni. En effet, elle a habitude de privilégier la mi-distance et les approches. Or, nous savions que l’Irlandaise nous attendait dans ce registre et pensait que Wassila allait lui rentrer dedans. C’est pourquoi nous avons décidé de faire boxer Wassila beaucoup plus sur les jambes sans aller chercher la Britannique, laquelle a été désarçonnée et n’a pas vraiment su de quoi faire. Pour Wassila, c’est une nouvelle corde à son arc. Elle continue de progresser et d’étoffer son bagage technico-tactique. »

Éliminée par Serbe Milena Matovic, Maëlys Richol (-70 kg) a été victime d’un verdict, disons-le, totalement incompréhensible. « Le but était qu’elle reste à distance dans la mesure où elle possède une allonge supérieure à la Serbe. Or, dans le deuxième reprise, Maëlys a fait cavalier seul, notamment en délivrant des bras arrières à profusion, explique l’entraîneur national. Son adversaire aurait même pu se faire compter tant elle a encaissé des touches nettes sans jamais pouvoir avancer franchement. Ce qui n’a pas empêché Maëlys de perdre le round après avoir déjà cédé le premier alors que les débats étaient extrêmement serrés. Par-delà la défaite, elle a fait un bon combat. » Ce que les juges n’ont, à l’évidence, pas vu.

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