Si Billal Bennama et Makan Traoré se sont qualifiés pour les quarts de finale de l’Euro seniors, qui se tient à Sofia, Romane Moulai et Davina Michel n’ont pas connu ce bonheur.
« Billal Bennama a réalisé une excellente prestation »
Encore une fois, Billal Bennama (-55 kg) a fait étalage de tout son talent en dominant le Serbe d’origine russe, Artur Alikovic Nagapetjan. « Franchement, il a été très bon et a réalisé une excellente prestation en empêchant le Serbe de lui rentrer dedans et d’imposer son rythme. Ce dernier n’a jamais trouvé la solution », analyse l’entraîneur national, Kamel Hasni. Pour cela, le Haut-Garonnais « a boxé de loin, en contrôlant à la fois ses déplacements et le tempo des débats. Le but était d’initier un travail de feintes avec son jab afin de faire déclencher le Serbe et d’enchaîner derrière avec son bras arrière, soit en direct, soit en uppercut, pour le stopper dans sa marche avant et l’empêcher de remiser en étant bien campé sur ses appuis. Billal a également boxé sur deux coups en désaxant immédiatement afin qu’Artur Alikovic Nagapetjan ne puisse pas le cadrer. Enfin, défensivement, il a été plus vigilant en évitant d’encaisser des coups bêtes. » Bref, du grand art comme d’habitude.
Makan Traoré (-70 kg) a été tranchant
Devant le Grec Zacharias Mylonas, qui misait quasi exclusivement sur son bras arrière, Makan Traoré (-70 kg) a été tout aussi tranchant que son compère blagnacais. Pour cela, le Charentais a donné à satiété son bras avant afin de créer de l’incertitude en variant les cibles, tant au corps qu’à la face. Il a également beaucoup boxé en contre. « Tout au long de la confrontation, c’est lui qui a été le plus précis et le plus impactant grâce à sa vitesse d’exécution supérieure », assure l’entraîneur national. Dans ces conditions, le troisième opus a été une formalité et le Français a pu se permettre de privilégier la mobilité et de moins s’engager tout en restant vigilant.
« Romane Moulai a fait bonne figure »
Du côté de ces dames, la journée a été plus compliquée. Romane Moulai (-51 kg) a, ainsi, cédé devant la Turque Hatice Akbas, une rivale expérimentée, très grande et donc longiligne, qui en décousait beaucoup en contre. Pour autant, la Marseillaise n’a pas démérité, loin s’en faut. Son objectif était de bien placer son pied avant vers l’extérieur pour, ensuite, pouvoir donner son bras arrière avec une pleine puissance. Le tout sans omettre d’initier des doubles actions entrecoupées d’un blocage. « C’est ce que Romane a fait, notamment au deuxième round. En revanche, elle a un peu manqué de continuité dans ses initiatives et n’a pas suffisamment emballé le combat », regrette Kamel Hasni.
Qui demeure positif : « Ce n’est pas une déception, d’abord au regard du pedigree de l’adversaire qui a été vice-championne olympique aux JO de Paris, rappelle-t-il. Nous savions donc que c’est une cliente. Ensuite, parce que lorsque l’on regarde la physionomie du combat, Romane a fait bonne figure. D’ailleurs, selon moi, elle aurait dû remporter le deuxième round qui a été, inexplicablement, donné à la Turque alors que celle-ci a souvent été acculée dans les cordes. Or, le fait de l’avoir perdu 5-0, comme le premier, a inévitablement mis un coup au moral de Romane et orienté la suite du match. Dès lors, la messe était dite et il était devenu très compliqué de retourner la situation. »
« Davina Michel revient de loin »
Quant à Davina Michel (-75 kg), elle s’est, elle aussi, inclinée avec les honneurs face à la Polonaise Agata Kaczmarksa, ancienne championne du monde des -80 kg. « Elle n’est pas parvenue à arrêter la Polonaise, plus petite qu’elle et qui n’a eu de cesse d’avancer, admet Kamel Hasni. Elle était très rarement dans le bon timing et n’a pas réussi à maintenir son adversaire à distance en boxant de loin. Ceci étant, nous savions que Davina est encore en phase de reprise suite à une longue et grave blessure au genou. Elle revient de loin. C’est pourquoi il faut qu’elle continue à bien bosser pour retrouver le rythme et ses repères. » Ce qui ne devrait plus tarder.

