Le pari risqué du clan Armand

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Le Niortais Davy Armand a fait preuve de noblesse en acceptant de changer d’adversaire quatre jours avant le championnat, mais le pari est risqué.
 
 
Le 31 octobre, à l'Acclameur, Davy Armand avait atteint son rêve en battant Togba-Tchoffo, porté par les encouragements de son public. Photo NR, Éric Pollet
 
La boxe réserve souvent de drôles d'entourloupes, mais celle-ci est de taille. Mercredi, par un mail laconique adressé à la FFB, le challenger de Davy Armand pour le titre de champion de France des moyens, le Parisien Howard Cospolite, a déclaré forfait. Sans prévenir formellement le clan Armand, ni l'organisateur saintais, considérés comme quantités négligeables. « Je n'ai jamais été confronté à un tel cas de figure, commente Jean-Pierre Becquelin, responsable du groupe detravail de la boxe professionnelle à la fédération. A la lumière de nos règlements, Cospolite ne risque qu'une amende de 400 €. Il faudra qu'on se penche sur le problème à l'avenir pour que ça ne se renouvelle pas ».
 
Laurent Ferra challenger in extremis
 
Le forfait découle des enchères pour le titre de l'UE, ouvertes lundi à l'EBU et remportées par Malamine Koné, créateur de la marque de vêtements Airness et puissant promoteur francilien. Cospolite est cochallenger pour le titre européen et Koné veut le mettre à l'affiche d'une grosse réunion fixée au 6 mai prochain. Avec un délai légal de dix jours entre deux combats (porté à 28 jours en cas de blessure), Cospolite pouvait matériellement disputer le championnat de France. Mais il prenait le risque, en cas de défaite, d'être remplacé comme challenger européen par son vainqueur, Davy Armand. Lui-même et/ou son entourage (voire le promoteur ?) ont jugé que le jeu n'en valait pas la chandelle. « Nous n'avions pas mis de clause financière pénalisante en cas de désistement tardif sans motif dans le contrat signé par Cospolite », regrette Patrick Armand. « C'est dégu… pour Davy et pour les organisateurs de Saintes », déplore Gérard Teysseron, le promoteur d'Europrom, démuni en la circonstance.
 
 
Devant cette impasse, Davy Armand pouvait choisir de ne pas boxer samedi, et de remettre son titre en jeu dans les six mois. Il a choisi de monter malgré tout sur le ring saintais, contre le Toulousain Laurent Ferra qui a saisi sa chance au pied levé. « Nous, les Armand, on est des gens honnêtes et je ne pouvais pas laisser tomber le club de Saintes qui a fait beaucoup d'efforts pour monter cette réunion. C'est mon devoir de défendre mon titre », affirme Davy Armand. « Je sais que je prends un risque, car Ferra est un gaucher dangereux et j'avais pris trois semaines de vancances pour me préparer à affronter Cospolite, un droitier. Il ne faudrait pas que je sorte machinalement en combat contre Ferra ce que j'ai travaillé pour boxer Cospolite ». Les deux boxeurs se sont déjà rencontrés deux fois. Il y a cinq ans, Ferra (19 victoires, 4 nuls, 24 défaites) s'était imposé aux points en demi-finale du Tournoi de France. Armand (20 victoires, 2 nuls, 4 défaites) avait pris sa revanche en six reprises aux points en janvier 2015. Et ceux qui étaient présents à Niort en octobre se souviennent de la victoire de Ferra contre Bertonnier par K.-O. technique à la première reprise. « C'est un frappeur qui peut être dangereux. On sait qu'on prend des risques et qu'on n'aura pas au bout le statut de cochallenger européen qu'on pouvait espérer face à Cospolite », conclut Davy Armand, bien décidé à surmonter ces viscicissitudes pour être encore plus fort à l'avenir.
 
Samedi, en fin de soirée, gymnase du Grand Coudret à Saintes.

Par Philippe Jounier

Source : La Nouvelle République

 

 

 

 

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