Une AG d’unité et de cohésion

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L’Assemblée générale de la Fédération s’est tenue le 20 juin, à Aix-les-Bains. L’occasion de se livrer au traditionnel bilan-perspective à mi-mandature. Et les feux sont au vert.

Ce rendez-vous annuel avait lieu dans une ville où le noble art a toute sa place depuis des lustres, comme l’a rappelé son Maire, Renaud Beretti. Invité à cette AG, Brahim Asloum en sait quelque chose, lui qui a disputé, sur les bords du lac, il y a plus de vingt-cinq ans, un match pays à pays contre la Bulgarie. Le seul pugiliste tricolore à avoir été sacré champion olympique et du monde professionnel a salué l’action fédérale. « Plein de choses se sont modernisées. On évolue. Le travail est en train d’être fait. Nous sommes sur de bons rails. La boxe le mérite », a-t-il assuré. Puis, s’adressant à l’assistance, il a redit combien l’implication constante des élus au sein des clubs a littéralement « sauvé, amélioré et embelli des vies ». Également convié et venu en voisin, le Président de la Fédération suisse de boxe, Amir Orfia, a exprimé le souhait de « renforcer les relations » avec la FF Boxe.

Laquelle se démultiplie à tous les niveaux, a détaillé son Président, Dominique Nato, dans son rapport moral. « L’année 2025 n’a pas été une année d’attente. Elle a été une année de consolidation, de structuration et de préparation, a-t-il insisté en préambule. Après un début de mandature particulièrement intense, nous avons poursuivi le travail engagé avec une ligne claire : tenir nos engagements, renforcer nos clubs, protéger nos pratiquants et préparer l’avenir. » A cet égard, Dominique Nato s’est félicité de « la qualité des relations entretenues avec les comités régionaux, les conventions d’objectifs traduisant une volonté claire : déployer la politique fédérale dans les territoires en tenant compte des réalités locales et en travaillant avec celles et ceux qui connaissent le mieux le terrain ».

Avec, bien sûr, en point de mire, une échéance incontournable : les prochains JO de Los Angeles qui commandent d’œuvrer au quotidien, sans relâche. En somme, c’est l’affaire de tous : « La réussite olympique se construit chaque jour, dans les salles, dans les clubs, dans les comités régionaux, auprès des jeunes, des éducateurs, des entraîneurs, des officiels, des arbitres, des bénévoles, des dirigeantes et des dirigeants. »

En coulisses, la Fédération a mis l’accent sur la formation avec, à la clef, la création de l’Institut national de formation boxe (INFB), désormais certifié Qualiopi. Il s’est agi de « doter notre discipline d’un outil solide, reconnu, capable d’accompagner la montée en compétence de toutes celles et ceux qui font vivre la boxe », a justifié Dominique Nato. Qui n’a pas manqué d’évoquer l’autre grand projet qui a vu le jour. En l’occurrence, la labellisation des clubs. Deux labels ont, en effet, été instaurés pour l’olympiade 2025-2028 : le label performance sociale et le label performance sportive. Et de préciser qu’ils ne sont en aucun cas « de simples distinctions » dans la mesure où « ils donnent de la visibilité au travail des clubs auprès des collectivités, des partenaires publics et privés et de l’ensemble des acteurs qui accompagnent le sport dans les territoires ». Un troisième label est, au demeurant, dans les cartons qui concerne « les clubs organisateurs de boxe professionnelle afin de reconnaître celles et ceux qui contribuent au rayonnement de notre discipline par l’organisation de manifestations de qualité ».

Qu’on se le dise, les clubs sont bel et bien au cœur de la politique fédérale. En atteste, aussi, l’instauration d’une aide financière destinée à ceux qui participent aux championnats nationaux amateurs ainsi que d’un prize money attribué aux entités dont les athlètes remportent un titre national. En toile de fond, une réalité intangible : le fait que « que derrière chaque performance individuelle, il y a un club, un entraîneur, des bénévoles, des dirigeants, des dirigeantes et toute une chaîne d’engagement », a pointé le Président la Fédération.

Pour qui la boxe professionnelle constitue une priorité. « Sous l’impulsion de la Ligue nationale de boxe professionnelle (LNBP), nous poursuivons un travail de structuration ambitieux », a, d’ailleurs, confirmé Dominique Nato. Un credo qui vaut pour la boxe olympique puisque que, comme il l’a précisé, « les collectifs masculins et féminins seniors bénéficient désormais d’un accompagnement individualisé, fondé sur le Projet de performance individuel (PPI). Cette évolution associe davantage les clubs et leurs entraîneurs expérimentés aux travaux de l’Équipe technique nationale (ETN). Elle permet de mieux mobiliser les compétences et de renforcer la cohérence de l’encadrement national. » Une nouvelle organisation dont la finalité est de « mutualiser les compétences, renforcer la transversalité et placer l’athlète au centre du dispositif ».

Pour autant, le Directeur technique national (DTN), Mehdi Nichane, a fort à faire. Outre « la réorganisation complète de l’architecture du haut niveau » précédemment évoquée et qui, dixit « permettra d’aborder les prochaines échéances dans les meilleures conditions », il a fallu gérer la diminution du nombre de cadres techniques. C’est pourquoi, il a été décidé « de ne pas rouvrir le pôle France jeunes de Nancy à la rentrée prochaine, faute de solution RH et de fonctionner sous forme de stages et de compétitions réguliers », a confirmé le DTN. Et si les résultats actuels incitent « plutôt à l’optimisme et à l’ambition, ils ne sont surtout pas synonymes de certitudes. Il faut maintenant continuer à entretenir cette dynamique. » Y compris au sein de la base des pratiquants en poursuivant le déploiement des Gants de couleur, sachant que 32,6 % d’entre eux sont, aujourd’hui, titulaires de l’un d’eux. Un dispositif qui a « prouvé sa vraie plus-value sur le terrain tout en contribuant à la qualité de notre offre sportive et éducative », s’est félicité Mehdi Nichane.

Quant au nombre de licenciés, actuellement de 58 156, il est en très légèrement baisse. Cela s’explique, comme l’a suggéré la Secrétaire générale, Marie-Lise Rovira, par le fait que le champ des bénéficiaires du dispositif du Pass’Sport a, cette saison, été restreint par le ministère tandis que l’effet JO Paris 2024 s’est forcément quelque peu dissipé. Marie-Lise Rovira a, également, souligné la stabilisation de l’enveloppe dévolue au Projet sportif fédéral (PSF), à hauteur, en 2026, de 799 000 euros dont 72 300 euros fléchés vers les territoires ultra-marins. Une manne qui a profité à 15 comité régionaux, 21 comités départementaux, 159 clubs de boxe et 25 de MMA. Tous avaient formalisé des demande de subventions pour mener à bien leurs projets de développement de la discipline.

Et puis cette AG a, comme les précédentes, été celle des bons comptes puisque ceux de la Fédération sont excédentaires et marqués par aucun endettement. « Ils sont solides et nous permettront de continuer à mener des actions dans les années à venir », a affirmé le Trésorier de la FF Boxe, Patrick Forrett. Ce qui est d’autant plus remarquable alors que la Fédération n’a pas augmenté le montant des licences depuis six ans et a, dans le même temps, supprimé certaines taxes qui avaient trait notamment à l’organisation de réunions. De quoi voir l’avenir sereinement, ce qui, par les temps qui courent, est loin d’être anodin.

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