Le 13 mai, devant son public d’Uzès, la Française (9 v) s’est employée pour battre sans discussion, aux points (97-91, 100-88, 98-90), la Marocaine Mahjouba Oubtil (7 v, 2 n, 7 d) et s’emparer du titre IBA vacant des welters.
La Gardoise démarrait les hostilités en étant clairement dans une phase d’observation avec la volonté de jauger la visiteuse. Les mains basses, très mobile sur les jambes, esquivant principalement avec le buste, elle prenait la mesure de la Marocaine qui boxait par à-coups sans chercher à enchaîner. Pour autant, l’Azuréenne peinait à régler la mire. Elle avait tendance à déclencher de trop loin en cherchant le coup dur.
De son côté, la visiteuse ne se laissait nullement impressionner et répliquait, au point de, parfois, acculer la Tricolore dans les cordes. Malheureusement, les échanges étaient émaillés de beaucoup d’accrochages. C’est pourquoi le coin de l’ancienne membre de l’équipe de France lui demandait de bloquer et de remiser en enchaînant. Ce qu’elle se mit à faire. A partir du troisième round, elle enclenchait la marche avant mais se laissait engluer par sa rivale qui recherchait les corps à corps avec l’intention évidente de pourrir les débats, la tête en avant. Bref, la tâche n’était pas simple pour Émilie Sonvico qui avait, cependant, la lucidité de reprendre ses distances pour mieux faire parler sa puissance. Résultat : dans la quatrième reprise, une droite en contre envoyait sa contradictrice sur les genoux, laquelle était comptée.
Un bras arrière dévastateur et le spectacle était au rendez-vous
Elle repartait néanmoins au combat, cherchant à casser la boxe de la locale par un pressing désordonné et brouillon. Cela énervait passablement cette dernière qui, à force d’être bridée, avait, par moment, tendance à confondre vitesse et précipitation. Solide encaisseuse, Mahjouba Oubtil, autrefois quart de finaliste aux JO de Londres, poursuivait son travail de sape décousu et tissait sa toile, certes de façon guère académique. Néanmoins, Émilie Sonvico arrivait à s’en dépêtrer en donnant son bras arrière dévastateur.
Dans les trois derniers opus, les deux boxeuses jouaient leur va-tout et se lançaient dans un à toi, à moi qui avait le mérite de l’intensité à défaut de celui de l’académisme pugilistique. Dans la neuvième, la Nord-Africaine oubliait de monter les mains. Elle se faisait crucifier sur un énième crochet droit à la pointe du menton et allait au tapis. Vaillante, elle se relevait et accélérait au cours des deux ultimes minutes. Émilie Sonvico acceptait alors gaillardement le bras de fer. Le spectacle était au rendez-vous. Toujours est-il que cette fin échevelée ne remettait nullement en cause le succès mérité de l’Azuréenne, laquelle avait nettement été la plus efficace et la plus impactante devant une opposante qui avait fait bien mieux que de la résistance.

