Le Français (17 v, 2d) n’a pas tergiversé pour battre, par arrêt de l’arbitre (2e), le Transalpin Dragan Lepei (20 v, 2 n, 5 d), chez lui, à Fréjus, le 31 mars. Une victoire avec la manière qui fait de lui le nouveau champion de l’Union européenne des super-moyens.
Son nom de scène est Marvelous. Bien sûr, on pense à celui qui s’était affublé de la même appellation, l’illustre et implacable roi des poids moyens, l’Américain Marvelous Marvin Hagler. L’humilité autant que la lucidité n’incitent par le Varois à se comparer à son illustre aîné, conscient qu’il n’est pas encore au niveau mondial, que pour cela « il lui manque encore l’expérience des grands combats » ainsi que beaucoup de séances de sparring contre des durs à cuire venus des quatre coins de la Planète et au style à chaque fois différent.
Il n’empêche, le protégé de Yannick Paget a de sacrés atouts dans sa besace pugilistique et pas uniquement un punch dévastateur. Techniquement, il est loin d’être frustre et plutôt complet, au point de maîtriser l’essentiel des fondamentaux technico-tactiques de la discipline. La chose friserait la banalité si l’on ne prenait pas soin de rappeler que le garçon a entamé son périple dans le carré magique il y a dix ans à… vingt piges. Quand on l’interroge, il répond avec une sincérité non feinte teintée d’un éclat de rire dont il a le secret que jamais il n’eût pensé en arriver là un jour. On le croit volontiers.
Pourtant, à décortiquer sa prestation contre Dragan Lepei, vainqueur de Mathieu Bauderlique, cueilli par surprise, un après-midi de juin 2017, à Pont-Sainte-Maxence, on subodore que l’Azuréen ira plus loin encore. « Avec Yannick nous avions vu que Dragan Lepei avait déjà perdu un match avant la limite dans les premiers rounds, raconte le Tricolore. On savait qu’il ne les prenait pas à froid. C’est pourquoi, dès la première reprise, même si elle a consisté à s’observer, je me suis efforcé de m’imposer en gardant les mains bien hautes. J’ai d’emblée voulu montrer que c’était moi le patron mais sans me précipiter. Suite un blocage-remise, je l’ai envoyé au tapis sur un crochet gauche à la tempe. J’ai alors essayé d’abréger les débats sans me jeter et en restant vigilant. Je l’ai à nouveau acculé dans les cordes sur à une accélération. Je l’ai touché et l’Italien a vacillé avant d’être sauvé par le gong. Dans la deuxième, je l’ai calmement pilonné (sic) avec mon direct du bras avant puis j’ai enchaîné après l’avoir coincé dans un coin du ring. Au moment où j’allais passer ma droite, l’arbitre s’est interposé… » C’est parfois si simple le noble art…
Le Sudiste, qui « s’est senti super bien », a de quoi être et « fier » de sa performance et heureux d’avoir « retrouvé toutes ses sensations après un an d’inactivité ». A présent, il aimerait défendre sa couronne, histoire d’emmagasiner un peu plus de vécu à l’échelon continental, puis s’attaquer au titre EBU détenu par son grand pote Kevin Lele Sadjo. Un duel est-il possible entre ces deux-là qui s’apprécient pour de bon et pas pour la galerie ? Gustave Tamba, qui n’a toujours pas de promoteur et est ouvert à une éventuelle collaboration qui en vaudrait le coup avec l’un d’eux, ne dit pas non. Si toutes les conditions en matière de préparation et pécuniaires sont réunies. Il sait qu’un tel duel ferait le bonheur de la boxe hexagonale et de ses suiveurs experts ou pas.
Le 26 mars, chez lui, à Bourgoin-Jallieu, le Réunionnais (6 v) a réussi l’exploit de conserver son titre national des plumes en battant aux points, sur décision partagée (97-94, 98-92, 94-96) le vaillant Tony Kim Batreau (3 v, 2 n, 1 d). Un exploit au regard de la grave blessure qu’il a subie peu avant la mi-combat.
Jusqu’à ce que le scénario bascule dans l’imprévisible et ne vire au cauchemar pour lui, le Berjallien avait un plan. « Le but était de contrer Tony Kim Batreau en allant le chercher et en le provoquant, raconte-t-il. Et ce, soit en déclenchant le premier pour qu’il en fasse de même, soit en le faisant attaquer pour remiser dans le même temps. Tout s’est bien passé au début… »
Puis vint la fin de la quatrième reprise quand, en voulant asséner un uppercut, l’Isérois d’adoption vit son coude gauche heurter violemment celui de son rival qui avait pris soin de monter les mains en guise de moyen de défense. Outre la violence du choc et de la décharge électrique ressentie, c’est la lésion qui importe : en l’occurrence, une rupture du tendon du long biceps, lequel a eu tôt fait de se recroqueviller. Pas besoin d’être grand clerc pour comprendre que dès lors, l’ancien membre de l’équipe de France amateur ne put plus se servir de son poing gauche, dans l’incapacité soudaine qu’il était ne serait-ce que de plier l’articulation.
Dès lors, le local, qui a puisé très loin pour ne pas abandonner, a continué à en découdre uniquement avec sa droite, en rentrant le côté gauche de son visage dans son épaule pour mieux le protéger. Le tout en multipliant les esquives rotatives, les blocages, les pas de retraits et les dégagements latéraux.
C’est là que les avis divergent et s’opposent. Lui considère en avoir assez fait pour ne pas se voir retirer sa ceinture : « Pour moi, j’ai gagné. Je me suis adjugé les quatre premiers rounds puis j’ai mis une autre stratégie en place à partir du septième tout en délivrant les touches les plus nettes. Certes, il y avait moins d’intensité dans ma boxe que dans celle de mon adversaire mais je prenais peu de coups, en tout cas moins que lui. J’ai géré. »

Tony Kim Batreau voit les choses autrement. « J’ai été attentiste pendant les deux premiers rounds pour observer et voir comment il fonctionnait, explique-t-il.. J’ai commencé à bien me réveiller au troisième. Et quand il s’est blessé, il n’a quasiment plus boxé, si ce n’est parfois en contre, avec son bras arrière. Il n’a fait que reculer et esquiver tandis que moi j’avançais, je donnais des jabs et des directs aussi bien au corps qu’à la face. Et ce jusqu’au dixième .On m’a déclaré perdant mais je pense vraiment l’avoir emporté car j’ai été le plus actif et le plus percutant. J’ai un style offensif et le but était de lui imposer un pressing constant. » A vingt et un ans, l’Azuréen, qui a eu le mérite de relever le défi alors que personne ne se bousculait au portillon pour défier le tenant, espère avoir une autre opportunité nationale.
De son côté, le champion de France a fait le choix de passer sur le billard, le 7 avril, « pour retrouver toute ma puissance et ma mobilité. Je ne veux pas prendre de risque pour l’avenir », justifie-t-il. Avec l’ambition de revenir aux affaires d’ici trois bons mois et, si tout se passe bien, de passer ensuite à l’échelon européen. On le lui souhaite.
Le Fréjusien (16 v, 1d) a l’occasion de donner une toute autre envergure à sa carrière s’il s’empare, ce vendredi, chez lui, de la ceinture vacante de l’Union européenne des super-moyens aux dépens de l’Italien Dragan Lepei (20 v, 2 n, 4 d). La tâche sera ardue mais n’aura rien d’impossible.
« J’aborde forcément ce combat avec beaucoup de sérieux. C’est le plus important de ma carrière », lâche l’Azuréen qui sait qu’il jouera gros, lui qui n’est plus remonté sur un ring depuis sa revanche victorieuse, en championnat de France, face à Steven Crambert, le 3 mars 2021, à Saint-Ouen. Il devait initialement briguer le sceptre de l’Union européenne, en décembre, contre son pote Kevin Lele Sadjo, lors d’une réunion organisée par Sébastien Acariès et dont la tête d’affiche était Arsen Goulamirian, lequel était censé défendre sa couronne WBA des lourds-légers. Le gala ayant été annulé, tout est tombé à l’eau. Un mal pour un bien. Gustave Tamba et le nouveau champion d’Europe de la catégorie sont en effet amis pour de vrai et à entendre le Sudiste, l’affronter n’est, sur le strict plan humain, pas une priorité : « Nous nous sommes dit que si ça devait se faire, ce serait vraiment pour un titre important. Cela ne nous empêcherait pas d’avoir énormément de respect l’un pour l’autre. »
Afin de briller de l’autre côté des Alpes, le Français a choisi de rester dans le Var pour y effectuer sa préparation. Lui qui œuvre dans les travaux publics a pris un mois de congé sans solde, histoire de mettre tous les atouts de son côté. Résultat : les feux sont au vert : « J’ai mis un peu de temps à retrouver mes repères mais là, ça va. Je suis à 100 % de mes moyens pour ne pas dire à 200 % (sourire). » Sur les bords de la Méditerranée, l’élève de Yannick Paget a mis les gants notamment avec Clément Lubrano. « C’est à la maison que je me sens le mieux, justifie-il. On a surtout mis l’accent sur l’aspect tactique. Il faudra que je veille à bien lever les mains et à faire attention au cross du bras arrière de Dragan Lepei qu’il a tendance à donner par-dessus. J’ai donc beaucoup bossé l’aspect défensif, la garde et l’appréciation de la distance. Le but sera d’imposer ma boxe et de mettre du rythme. De toute façon, je ne suis pas du genre à attendre et à temporiser. Je ne pense ni à l’enjeu ni à la défaite. »

Un discours qui ne fleure en rien la prétention. Simplement, Marvelous Gus estime avoir mûri : « J’aborde les choses avec plus de sérénité et de calme. J’ai gagné en maturité. Une fois que j’ai le cardio et les automatismes, le reste est une question d’intelligence du ring. Et là, je pense m’être amélioré. Je suis plus à l’écoute et moins fougueux. » Et, si l’on comprend bien, en creux, plus efficace.
Le 26 mars, à Villemandeur, le Loirétain (6 v, 1 d) est devenu champion de France professionnel des coqs en imposant sa puissance pour battre, aux points, à l’unanimité des juges (96-94, 96-94), le valeureux Abdessamad Ferdaoui (3 v, 1 n, 1 d).
Loïc Tajan est du genre à faire simple quand on peut faire… simple. Lorsque l’on lui demande comment il a forgé son succès, la réponse fuse comme ses poings : « Il y avait de l’adversité, tout ce que j’aime. L’adversaire avait ses chances tout comme j’avais les miennes. Quelle a été la donne du combat ? Je ne réfléchis pas à tout ça. Je boxe pour boxer. Il n’y a rien qui est calculé. J’y vais avec mes armes et c’est tout. Je ne me prends pas la tête. Le combat est fini. Je suis passé à autre chose. La boxe reste un loisir. Je prends ce qu’il y a à prendre. Je suis un opportuniste. »
Entraîneur du vainqueur, Jean-Michel Vincent se montre un tantinet plus loquace : « La stratégie consistait à attaquer sans arrêt. C’est pourquoi Loïc a fait le pressing comme s’il était challenger. A mon avis, il a le niveau pour disputer un championnat de l’Union européenne. En 2019, il a tenu la dragée haute à Élie Konki qui, ensuite, a remporté cette ceinture. Loïc a donc sa place. Si nous avons une opportunité, nous la saisirons, d’autant que nous avons peu d’adversaires en France. »
Abdessamad Ferdaoui a une vision nettement plus nuancée de la confrontation : « Cela a été un super combat, intense de bout en bout. Loïc a un punch incroyable. Il frappe bien plus fort que d’autres qui évoluent dans des catégories supérieures. Malheureusement, j’ai eu des soucis aux coudes. A chaque fois que je prenais des coups, j’avais des décharges électriques. Cela m’a très fortement handicapé. Parfois, il fallait que j’attende que la douleur s’estompe pour remiser alors que le but était précisément de répliquer juste derrière ses attaques et d’essayer de le cueillir. Je lui suis rentré dedans. Si bien que j’ai aussi avancé et je l’ai parfois fait reculer. Je l’ai collé car je n’arrivais pas à tendre les bras parce que cela me faisait extrêmement mal. Il m’a manqué le punch. C’était serré et je respecte la décision. Je ne crie pas au scandale tout comme je ne l’aurais pas fait si cela avait été moi qui avais été déclaré gagnant. Ce championnat de France m’a permis d’acquérir de l’expérience. J’ai prouvé que j’avais les capacités d’en disputer un. »
La formation cutmen nationaux (FCN) fera escale à Bazeilles à la Maison départementale des sports les 14 et 15 mai prochains.
Tout au long d'un week end qui s'annonce studieux, la paire de techniciens constituée de Franck Romeo et Laurent Boucher, distillera ses cours concernant le soin nécessaire à apporter aux combattants de tous les sports de combat. Rappelons qu'un diplôme sera remis aux stagiaires à l'issue de cette formation.
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L'interview de Laurent Boucher et Franck Romeo

Au cours de ce premier week-end de printemps, plusieurs galas se sont déroulés en France avec de nombreux combats professionnels au programme.
Vendredi soir, Mohamed Mimoune (22 v, 5 d) s’est incliné aux points (95-92, 95-92, 94-93) face à l’américain César Francis au terme d’un combat en dix rounds dans la catégorie des welters.
Mohamed Mimoune, qui effectuait sa rentrée après deux ans sans compétition, a livré une remarquable prestation, sans être récompensé de ses efforts. Le toulousain avait pourtant mal entamé l'affrontement en étant compté à 10 secondes de la fin du premier round suite à un court uppercut au menton. Mohamed Mimoune a plié les jambes sans tomber mais son gant avait touché la bâche du tapis.
Le français ne s'est pas désuni et il a rendu la politesse à son adversaire en l'envoyant au tapis au 4eme round avec un enchainement direct du gauche puis crochet droit, il a tenté d’abréger en produisant une grosse accélération des deux mains et notamment avec son direct du bras arrière. L’américain étant proche de la rupture avant que le gong ne le libère de la furie du français. Mohamed Mimoune a de nouveau ébranlé César Francis à la reprise suivant après l’avoir piqué à la face avec son crochet gauche. L'ex champion d'Europe a souffert d’une blessure à la mâchoire, il termina le combat avec une énorme bosse sur le côté droit du visage.
Il y avait quatre combats en encadrement du championnat de l’union européenne des lourd-légers.
Le super-welter Adel Aghroub (4 v, 1 d), a enregistré son premier revers chez les pros en s’inclinant par décision partagée (55-59, 56-58, 59-55) devant le slovène Aljaz Venko (4 v, 1 d, 1 n). Adel Aghroub qui dépassait son adversaire d’une bonne tête, a su profiter de son allonge et de son bras avant pour se maintenir à distance pendant quelques rounds avant de subir la pression constante d’Aljaz Venko. Le Slovène a disputé les trois dernières reprises en imposant un rythme endiablé. Ses séries de cinq/six coups ont plusieurs fois éprouvé l’élève de Mehdi Laddouni qui n’a plus trouvé la solution pour se sortir de son pressing.
En poids légers, Mevy Boufoudi 8 v) s’est imposé aux points (59-55, 59-55, 59-55) devant Benjamin Malingue (6 v, 3 d, 1 n). Le visiteur a bien entamé son combat en touchant avec un crochet à la face. Malheureusement, un coc de têtes a occasionné une coupure au coin de l’œil gauche de Benjamin Malingue. Son coin n’est pas parvenu à soigner cette blessure qui a continué de saigner et gêner la visibilité du boxeur de Bressuire.
En poids légers, Mehdi Sellami (14 v, 2 d) est venu à bout de l’espagnol Bryan Alexis Carguacundo (3 v, 4 d, 2 n) qu’il a battu aux points (59-55, 59-55, 58-56).
En poids légers, l’ex championne de France amateur, Sofia Nabet 2 v) a disposé aux points (60-54, 60- 54, 60-54) de la serbe Marija Zivkovic (1 v, 8 d, 1 n).

En super-légers, Abibe Bennama (11 v, 2 d) a battu aux points (59-54, 60-53, 59-55) Gary Mouhet (0 v, 4 d).
Le poids welters, Batoura Guirassy (6 v, 7 d, 2 n) a largement battu aux points le serbe Milan Delic (12 v, 30 d). Le breton a envoyé son adversaire au tapis au 3eme round.
"Le combat s'est bien passé, indique Batoura Guirassy. J'avais face à moi un adversaire expérimenté, mais j'ai bien travaillé mon bras avant et ai été au dessus techniquement. J'ai corrigé certains défauts et travaillé plus en série même s'il y a encore du travail à ce niveau là. Dans l'ensemble, ce fut un bon combat, bien maîtrisé, qui m'a permis de m'améliorer sur certains points".
Le lourd-légers, Alexis Cloarec (2 v) s‘est incliné par décision majoritaire (36-40, 36-40, 38-38) face à Fabrice Lewis Menayame (2 v, 4 d, 1 n).
Le poids mi-lourds Mohamed El Achi (18 v, 3 d, 3 n) a battu aux points (59-55) Nika Gvajava (12 v, 24 d, 3 n)
En poids welter, Imrane Bentchakal (5 v) a battu aux points (60-55) le géorgien Konstantine Jangavadze (5 v, 22 d, 2 n).
Les championnats de France Juniors hommes et filles et le Critérium national cadet(te)s 2022 se déroulent en deux phases. Hier samedi 26 mars, les huitièmes et quart de finales se sont déroulés à Talence. Tous les résultats ci-dessous.
Tout sur cette compétition ici
Le 26 mars, devant son public de Fontenay-sous-Bois, Jean-Jacques Olivier (13 v, 2 d) a battu en brèche les pronostics pour battre, par abandon à l’appel de la septième, Olivier Vautrain (18 v, 1 n, 4 d) et s’emparer de la ceinture de l’Union européenne vacante des lourds-légers.
Il avait promis d’être différent de ce que l’on connaissait de lui, ce puncheur implacable et chirurgical, destructeur patenté entre seize cordes. Effet d’annonce classique du genre qui ne serait guère suivi d’effets dans le carré magique, pensait-on. Première morale de l’histoire : on aurait tort de ne pas croire Jean-Jacques Olivier, alias Hercule pas forcément pour les intimes, quand il parle. Pas besoin, non plus, d’être agrégé de psychanalyse pour deviner que l’homme est du genre à dire ce qu’il fait et à faire ce qu’il dit. Sans forfanterie ni fioriture.
Dès le gong libérateur, il entamait les hostilités par un travail assidu du bras avant sous toutes les coutures et variantes. A ceci près que ses jabs et ses directs, parfois doublés voire triplés, étaient assénés pour faire mal et non pour tâter le terrain. On ne se refait pas non plus totalement. En témoignait l’arcade sourcilière droite du Nazairien ouverte dès le round initial. Pour être franc, on sentait bien que même jugulé, le naturel du local était prêt à revenir au grand galop à la moindre occasion : ses droites lourdes étaient là pour porter l’estocade fatale. Conscient de la chose, son coin s’efforçait toutefois de calmer ses ardeurs. « Il y a douze rounds ! Lève tes mains ! Bouge la tête ! Place bien ton pied à l’extérieur ! Construit ! », lui ordonnait, avec à-propos, son coach, Rachid Labdouni.
Dans ces conditions, Olivier Vautrain était forcément sur ses gardes. Il veillait à déclencher à distance, ce qu’au demeurant, son allonge supérieure l’autorisait à faire. Il avait pour lui sa faculté supérieure à combiner et une plus grande vitesse de bras. De fait, dès qu’il était un peu trop statique sur ses appuis et raide du buste, le Guadeloupéen se faisait toucher sur des enchaînements. Rachid Labdouni l’enjoignait d’ailleurs de rester mobile et de bouger la tête. Contraint d’avancer, son protégé le faisait un tantinet trop en ligne, parfois en chargeant au lieu de feinter pour créer davantage d’incertitude. Si bien que, parfois, il frappait dans le vide et éprouvait quelques difficultés à cadrer.
Mais à force de remettre l’ouvrage sur le métier, il réglait la mire et malmenait le foie du visiteur dans la quatrième, lequel était compté mais trouvait la force admirable de repartir. Très solide, il parvenait à retrouver un semblant de nouveau souffle. Ses combinaisons autant que ses bras arrière au corps donnaient à voir sa belle technique, vestige glorieux de son passage en équipe de France amateur. Cependant, sur ce terrain-là non plus, Jean-Jacques Olivier n’était pas en reste. Lui aussi avait de la réserve et de l’inspiration même si sa morphologie autant que le game plan le cantonnaient, autant que possible, à en découdre dans le petit périmètre, près de son rival, là où il lui était plus aisé d’avoir la main. Il n’était jamais brouillon et ne confondait pas vitesse et précipitation. Le visage tuméfié et baigné de sang de son contradicteur en attestait. A l’entame du septième round, ce dernier ne se relevait pas. On apprit plus tard, dans l’intimité du vestiaire, les raisons d’un abandon auquel on ne songeait pas : une côte cassée récemment à l’entraînement qui venait de nouveau de céder sous les poings du Fontenaysien et une contamination à la Covid-19 qui avait eu tôt fait de lui faire perdre une partie de son cardio jusque-là savamment entretenu. Rageant.

La ceinture autour de la taille, le héros de la soirée était au paroxysme de l’émotion. Il l’exprimait à sa manière, en égrenant au micro les noms de ceux qui lui avaient sauvé la mise quand il était au tréfonds, de ceux qui étaient partis trop tôt fauchés par une vie qui ne l’a lui-même pas épargné. Il y a près de deux ans, une balle pas vraiment perdue était venue lui effleurer le cœur et lui perforer le poumon avant de quitter les lieux par l’omoplate. « Je reviens de très très loin », avouait-il. D’où pas grand-monde ne serait revenu.
Hier soir au gymnase municipale de Villemandeur, Loïc Tajan (6 v, 1 d) est devenu champion de France des poids coq en battant aux points (96-94, 96-94, 98-92) Abdessamad Ferdaoui (3 v, 1 d,1 n). La troisième tentative de s'emparer de la ceinture aura été la bonne.
Au Cosec du champ fleuri à Bourgouin Jallieu, Jordan Rodriguez (6 v) a conservé son titre national des poids plumes en battant, par décision partagée (97-94, 98-92, 94-96) Tony Kim Batreau (3 v, 1 d, 2 n).
Plus d'infos à venir sur ces deux championnats de France.
Ce samedi 26 mars, au casino de Montréal, Christian MBilli (21 v) a conservé sa ceinture WBC Intercontinental Amériques en battant Nadjib Mohammedi (44 v, 9 d) par KO à la 5eme reprise
Pas de round d’observation dans ce combat, les deux hommes sont pressés d’en découdre, dès les 1eres secondes, le décor est planté avec un Christian MBilli bien posé sur ses appuis et déjà en recherche d’efficacité. Nadjib Mohammedi touche avec un uppercut, Christian MBilli réplique avec un crochet gauche.
La tension est intense sur le ring, le tenant du titre met la pression, le frisson passe sur chacune de ses frappes, le marseillais, fort de son incomparable expérience, ne se laisse pas impressionner. Cette seconde reprise est magnifique, les échanges succèdent aux échanges. Christian MBilli touche avec un crochet gauche, puis un droit et encore un crochet gauche, Nadjib Mohammedi encaisse sans broncher.
L’une des inconnues de ce championnat résidait dans la capacité de Nadjib Mohammedi, 37 ans, à suivre la cadence imposée par son rival. Après six minutes de combat, la question ne se pose plus, les deux boxeurs ne se sont pas ménagés et le challenger évolue comme aux plus belles heures de sa grande carrière.
L’intensité monte ‘encore d’un cran au 3eme round, Christian MBilli peine à cadrer son adversaire, Nadjib Mohammedi débite un nombre incalculable de coups, pas puissants mais suffisamment nombreux pour empêcher « Solide » de le cadrer. Le provençal donne de courts directs des deux mains, il se permet même de doubler son bras arrière. Cette tactique perturbe l’élève de Marc Ramsay, il réussit toutefois à placer un puissant crochet gauche.
Remonté par son coin lors de la minute de repos, Christian MBilli durcit à la 4eme reprise, le rythme est élevé et malgré le nombre de coups échangés de part et d’autre, le combat est clair. L’engagement physique est à son maximum, il semble difficile d’imaginer le combat aller à son terme. Avec son style unique, Nadjib Mohammedi trouve des ouvertures, avec de courts uppercuts, à ce moment précis, le duel est équilibré.

Christian MBilli accentue encore sa pression au 5eme round, il déclenche plusieurs fois son crochet gauche. Nadjib Mohammedi accuse le coup, ses coups deviennent moins tranchants même s’il en distribue toujours autant, il envoie un crochet en bas mais Christian MBilli décoche au même moment un terrible crochet gauche à la mâchoire. Nadjib Mohammedi est foudroyé par cette énorme frappe, il tombe de tout son long sur le dos, irrémédiablement KO.
« J’ai été un peu surpris, a indiqué Christian MBilli au micro de Punching Grace, je le touchais bien et il revenait toujours avec des petits coups, il ne m’a pas fait mal mais son style m’a empêché de mettre en place ma boxe et je n’ai pas suffisamment écouté mon coin. Je voulais gagner nettement, techniquement et en puissance. Je suis content du résultat mais pas totalement satisfait par mon combat. On va continuer à travailler dur. Ce n’est que le début, on va aller chercher la ceinture de champion du monde. »