Le 10 mai, la Blagnacaise (-48 kg) a dominé, aux points (3-2), la Chinoise de Taipei Zi-Han Cai, en seizième de finale des championnats du monde, à Istanbul. La suite s’annonce corsée.

La Française a fait la différence au cours des deux premiers rounds en travaillant à distance et en s’efforçant de prendre l’initiative même si le staff eut aimé la voir encore plus entreprenante. Elle est néanmoins parvenue à occuper le centre du ring et à être la première en action en veillant à déclencher de loin. Dans le troisième opus, la Tricolore était censée changer de stratégie et procéder en contre-attaques tout en bloquant avec son bras avant pour, ensuite, donner son bras arrière. Au lieu de cela, sans doute mue par l’envie de (trop) bien faire, elle a continué à avancer au risque de s’exposer. Résultat : les juges ont accordé l’ultime reprise à l’Asiatique.

« Savoir gagner même quand on n’est pas au top en terme de sensations »

 « C’était un premier match, ce qui n’est jamais évident lors d’un Mondial où seule la victoire est intéressante, analyse l’entraîneur national Stéphane Cottalorda. Il est toujours bien de savoir gagner même quand on n’est pas au top en terme de sensations. A cet égard, Rim a assuré l’essentiel même si elle sait faire beaucoup mieux et possède un gros bagage technique que l’on n’a pas suffisamment vu. En outre, elle a forcément un peu de pression, ne serait-ce que dans la mesure où elle porte un nom. Sachant que c’est son premier grand championnat international en seniors. »

Au tour suivant, elle défiera la Turque Ayse Cagirir, laquelle a un style agressif et ne devrait pas se faire prier pour malmener l’Occitane en marchant sans cesse sur elle. « Rim devra se montrer plus disponible, plus mobile et plus explosive afin de tirer tout le parti de ses qualités, en particulier, son sens du déplacement et son coup d’œil, avertit Stéphane Cottalorda. Il faudra qu’elle retrouve un peu de fraîcheur physique et élève son niveau pugilistique mais une victoire est dans ses cordes. »

Le 9 mai, à Istanbul, la Francilienne (-57 kg) a été éliminée d’entrée, en trente-deuxième de finale des Mondiaux, par la Chinoise de Taipei, Yu-Ting Lin, vainqueur aux points (4-1). Elle n’a pas pour autant démérité.

La Tricolore avait commencé les hostilités de la meilleure des manières en s’adjugeant le premier round. Pour cela, « Sthélyne était bien mobile et instillait de la continuité dans sa boxe, précise l’entraîneur national, Stéphane Cottalorda. La tactique consistait à être la première en action pour, ensuite, défendre sur la contre-attaque adverse et conclure, dans un second temps, en débordant sa rivale. »

Hélas, à l’entame de la deuxième reprise, la Val-d’Oisienne a connu une baisse de régime sur le plan physique. « Elle n’a alors plus été en capacité de reproduire le même schéma, si bien qu’elle a un peu plus subi et reculé », admet Stéphane Cottalorda. De quoi ragaillardir l’Asiatique qui a alors repris l’initiative en étant plus précise afin de toucher Sthélyne Grosy en fin d’enchaînement et ainsi faire la différence de peu dans les deux derniers opus.

« Sthélyne a fait jeu égal, ce qui est un motif de satisfaction »

La quête fatale d’un second souffle n’est pas à mettre à l’actif d’une crispation énergivore mais d’une blessure au dos qui a contraint le staff à moduler les séances d’entraînement de la Tricolore et à se concentrer quasi exclusivement sur le spécifique boxe. Et ce, même si le fait de disputer un premier championnat du monde en étant sorti, il y a peu, des rangs juniors, a fortiori devant une opposante de ce calibre, qualifiée pour les derniers Jeux olympiques et déjà médaillée de bronze planétaire, a forcément été générateur d’un peu de stress.

Toujours est-il que par-delà la déception née du résultat, « face à une boxeuse aussi expérimentée, Sthélyne a fait jeu égal avec elle et l’a même parfois dominée, ce qui est un motif de satisfaction pour une jeune fille qui sort tout juste des rangs juniors et qui a pâti d’une préparation quelque peu tronquée », conclut Stéphane Cottalorda.

Retrouvez ci dessous, les résultats des boxeurs professionnels français qui se sont produits sur les rings de l’hexagone lors de ce premier week-end de mai. Un week-end marqué par les succès féminins de Cassandra Crevecœur en championnat d'Europe et de Ségolène Lefebvre en championnat du monde .

A Calais

En super welter, Ali Yammouni (14 v, 9 d a battu aux points (59-55) Raphael Boquet (3 v, 41 d, 1 n).

Raphaël Boquet a décoché ses larges crochets à la godille, le calaisien a du s'employer pour parvenir à contenir la fougue de son adversaire et mettre en place sa boxe en ligne. Raphaël Boquet a écopé d'un avertissement au 3eme round pour coups répétés derrière la tête. Le combat fut engagé avec des coups distribués de part et d'autre mais sans trop de précision.

En lourd-légers, David Radeff (12 v, 16 d, 2 n) a battu Anthony Carpin (5 v, 8 d, 2 n) par arrêt de l’arbitre au 4eme round.

David Radeff a dominé de la tête et des épaules ce combat. Ses frappes en bas et ses enchainements à la face ont rapidement mis son rival dans le rouge. Anthony Carpin a mis un genou au sol après un crochet droit, David Radeff a continué sa pression et au 4eme round, Anthony Carpin à bout de souffle remettait un genou au sol. Voyant qu'Anthony Carpin n'en voulait plus, Mr Smail Oubaali stoppait l'affrontement.

A Pezenas

En super-légers, Jaouad Belmehdi (15 v, 3 n) a battu l’italien Luca Maccaroni (17 v, 9 d, 4 n) par arrêt de l’arbitre au 6eme et dernier round. 

En super-légers, le jeune Enzo Blanc (8 v) a battu avant la limite (TKO5) Laurent Itcia (1 v, 5 d).

A Agneaux

En poids super-moyens, Keanu Klose (5 v, 1 d, 1 n) s’est imposé aux points (58-54, 58-54, 58-54) face à Attemane Zanoune (1 v, 2 d, 1 n).

En poids moyens, Thomas Lacroix a effectué un retour victorieux après trois ans passés loin des rings. Il a infligé une première défaite (TKO4) à Christophe Mbori Endanga (2 v, 1 d).

A Cran Gevrier

L’expérimenté Fouad El Massoudi (18 v, 18 d, 1 n) a battu aux points (58-56) Lakhdar Ouzar (6 v, 3 d) dans la catégorie des super-welters.

Le poids légers Henri Manga (4 v) a effectué une nouvelle sortie victorieuse en dominant aux points (58-54) le géorgien Tornike Surmava (1 v, 1 d, 1 n).

A Douai

En poids moyens, Hocine Moulahi (4 v, 10 d, 1 n)  a causé la surprise en étant déclaré vainqueur aux points (58-56) de Mehdi Mouhib (20 v, 3 d).

Mehdi Mouhib revenait d'une blessure à l'épaule qui lui avait valu de laisser sa ceinture de l'union européenne des poids welters. Pour cette reprise, il était confronté en poids moyens à Hocine Moulahi, un boxeur bien meilleur que ce que son palmarès laisse supposer. Hocine Moulahi est une véritable sangsue, toujours sur l'homme à distribuer des coups sous tous les angles. Mehdi Mouhib, lesté de quelques kgs, était moins remuant et rapide qu'en poids welters, malgré tout, ses coups bien appuyés au corps et ses crochets à la face étaient nets. En face, Hocine Moulahi débitait énormément de frappes mais avec peu d'impact. Mehdi Mouhib pensait avoir mérité la décision, bien que déçu, il félicitait sportivement son valeureux adversaire.

photo Michel Beuville

En poids légers, Messaoud Oubaali (5 v) a battu aux points (60-54)  Steven Rodriguez (1 v, 3 d).

Le dernier des boxeurs de la fratrie Oubaali s'améliore à chaque sortie, il a montré de belles choses devant un boxeur à qui il rendait une demi tête. Steven Rodriguez s'est montré offensif, contraignant Messaoud Oubaali à boxer en reculant. Clairvoyant et élégant, le douaisien a bien utilisé son bras avant et sa droite. Il s'impose largement aux points mais Steven Rodriguez est loin d'avoir démérité. " Une fois que ma boxe s'est mise en place, j'ai été en gestion et en maitrise du combat, indique Messaoud Oubaali. J'ai pris du plaisir et le public en a eu aussi, je suis content. Mon prochain combat devrait se disputer en huit rounds, mon objectif est d'avoir ma chance pour le titre national".

photo Michel Beuville

En super-coqs, Franck Mombey (4 v) s’est imposé largement aux points devant le géorgien Khvicha Gigolashvili (18 v, 52 d).

A Doulens

En poids super-welters, Kamel Guercif (3 v, 1 d, 1 n) a battu aux points Jonathan Bouillot (2 v, 3 d).

En poids super-welters, John Lafont (3 v, 3 d, 1 n) s’est imposé face à Gary Mouhet (6 d).

En super-moyens, Nabil Bouazni (3 v) a battu avant la limite (TKO4) Bilal Kara (3 d).

A Guenas

Le poids welter, Malik Arbi (3 v) a ajouté une nouvelle victoire avant la limite (TKO2) à son palmarès en battant le géorgien Rati Migriauli (5 v, 18 d, 3 n).

Comme il y a une semaine, les Tricolores l’ont emporté largement (5-2) aux dépens des Espagnols, le 7 mai, à Compiègne. Une prestation collective aboutie.

En -51 kg, Ibrahim Boukedim qui, cette fois, en décousait dans sa catégorie, a dominé Martin Molina Salvador, lequel a, dans l’espoir de compenser sa plus petite taille, imposé un pressing constant mais, dans l’ensemble, stérile. En effet, le Nordiste, très à l’écoute, a boxé sur les jambes et en contre-attaques. Seul bémol, des moyens de défense quelque peu négligés avec une propension à ne pas relever les mains assez vite dans la zone de contact, en sortie d’échange.

Billal Bennama (-54 kg) a tout autant été à son avantage devant l’attentiste Gabriel Escobar Mascunano. Si l’Occitan a été contraint de se livrer et a encaissé des contres par la faute d’une garde insuffisamment hermétique, c’est lui qui a inscrit les touches les plus nettes et conclu la majorité des actions.

Au terme d’un match serré, Selim Bouaïta (-57 kg) a, quant à lui, fait la différence au détriment d’Antonio Barrul Fernandez en délivrant davantage de coups, lesquels ont plus atteint leur cible que ceux de son rival. Une performance appréciable après cinq mois passés loin des rings à soigner diverses blessures.

La palme à Lounès Hamraoui

La confrontation la plus haletante de la soirée a été à mettre à l’actif de Lounès Hamraoui (-63,5 kg) qui a pris l’ascendant face à Adrian Thiam Creus, lequel a même été compté. « Lounès m’a fait plaisir, sourit l’entraîneur national, Malik Bouziane. Il a été sans cesse offensif, rapide de bras et dans le bon timing. A aucun moment, il n’a été inexistant ni n’a reculé. Sa prestation a été extrêmement aboutie. C’était le Lounès que l’on aime voir sur un ring. »

Devant le même adversaire que le week-end-précédent, en l’occurrence, le puissant Youba Sissokho Ndiaye, Enzo Marguerite (-71 kg) a de nouveau été dominé mais en faisant bonne figure, d’autant qu’il n’évoluait pas dans sa catégorie. Toutefois, l’impact des coups était supérieur du côté ibérique, le Normand ayant éprouvé des difficultés à cadrer le visiteur dans la deuxième reprise.

Après avoir été au départ un peu trop dans la gestion et s’être fait remonter les bretelles par son coin, Moussa Diakho (-75 kg) a été déclaré perdant contre Miguel Cuadrado Entrena. Le duel a néanmoins été très équilibré. Simplement, le Tricolore a manqué d’expérience et de continuité dans ses initiatives, quitte à être parfois un peu passif au lieu d’enchaîner. Dommage car ses frappes étaient efficaces mais trop isolées.

Enfin, fidèle à lui-même, Cheikhmar Koné (-80 kg) a tout donné pour venir à bout de Gazimagomed Schamilovich Jalidov Gafurova. Dans ce à toi-à moi, il a fait compter son contradicteur dans le deuxième round après avoir cédé le premier. Le champion de France a décroché la timbale parce qu’il a été le plus prolifique quand bien même s’est-il beaucoup exposé.

« Tout le monde a marqué des points dans la mesure où tous les boxeurs ont mouillé le maillot et fait ce qu’ils ont pu, conclut Malik Bouziane. Cette rencontre a été une très bonne préparation pour les prochaines échéances, sachant que certains disputeront les championnats d’Europe et d’autres les Jeux méditerranéens. »

Le Club Olympique Multisports d’Argenteuil est fier de vous annoncer le retour de son  traditionnel tournoi international de boxe amateur « LES CEINTURES® », qui aura lieu les 12, 13 et 14 mai 2022.

L'évènement a été lancé par une réception mercredi soir à la mairie d'Argenteuil en présence du maire d'Argenteuil et de Dominique Nato président de la FF Boxe ainsi que diverses personnalités.

© Anouk GRAUX

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Les officiels

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Les préparatifs de la compétition en photos

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La compétition en photos

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Le jour des Finales en photos

Les lauréat(es)
Les bénévoles
Les finalistes
Aziza Oubaita, la marraine de cette édition 2022
Les frères Grau, Hugo et Enzo, vainqueurs
Tony Salvatore le maitre d'œuvre des ceintures
Stéphane Ferrara venu remettre un trophée
Nacer Zorgani boxeur non voyant

Rappel des catégories concernées :
Seniors hommes (plus de 20 combats) pour les 57 -60 -64 -67 -71 -75 -80 -86 et (plus de 15 combats) pour les 91 et +91 kg.
Senior Femmes de plus de 15 combats pour les 48 -52 -54 -57 -60 -63 -66 -70 et 75 kg.

Bande annonce " Les Ceintures 2022"

Vous trouverez tous les renseignements utiles sur le site :

www.lesceintures.fr , ou encore en nous suivant sur notre page : https://www.facebook.com/Lesceintures

Les Championnats du monde de boxe féminine IBA 2022 ont été déclaré ouverts aujourd'hui à Istanbul par le président de l'IBA, Umar Kremlev. Cette cérémonie marque le début de deux semaines de compétition. Un nombre record de 310 athlètes sont inscrits, représentant 73 fédérations nationales, qui boxeront dans 12 catégories de poids.

Estelle Mossely, en tant qu'ambassadrice de la compétition, était présente et a pris la parole lors de cette cérémonie d'ouverture tout comme Sarah Ourahmoune. La vice-présidente de la FF Boxe et championne du monde 2008 ne pouvait pas être à Istanbul mais a pu s'adresser au public et aux boxeurs présents grâce à l'écran géant installé sur la scène pour l'occasion.

Les Bleues en quête de l’or mondial en Turquie

Ce samedi 7 mai à Douai dans une salle Gayant bondée, Ségolène Lefebvre (16 v) a conservé son titre mondial WBO des poids super-coqs en battant aux points 97-93, 97-93, 97-93) l’espagnole Melania Sorroche (18 v, 3 d, 2 n).

Ségolène Lefebvre a confirmé son statut de championne du monde en maitrisant techniquement une challenger dotée d’un gros physique qui n’était pas venue faire de la figuration sur le ring nordiste. L’espagnole s’est montrée offensive dès le début du combat, un style qui n’est pas pour déplaire à Ségolène Lefebvre qui  affectionne ce genre d’adversaire qui veut lui rentrer dedans.

Melania Sorroche avançait mais elle n’avait pas le temps de déclencher que « Majestic » la touchait avec une droite seule ou un crochet à la face. Le sens de l’anticipation de la française est l’un de ses meilleurs atouts, sa clairvoyance et sa vitesse d’exécution ont médusé l’espagnole. Le contraste était saisissant entre l’ex championne d’Europe, les pieds bien à plat, ramassée sur elle-même, à la recherche du coup décisif et la championne du monde aérienne qui distillait son bras avant avec précision.

Au 5eme round, Ségolène Lefebvre encaissait un gros crochet droit, le premier véritable coup puissant reçu à la face, elle ne bronchait pas, son uppercut droit jaillissait pour rééquilibrer ces trois minutes. A la 6eme reprise, Melania Sorroche maintenait son pressing, la française contrôlait et maitrisait ses charges, non sans encaisser quelques crochets. Lors du round suivant, la douaisienne restait devant sa rivale qui tentait de la frapper au corps, elle remisait avec une belle série des deux mains à la face.

Se sachant en avance au pointage, Ségolène Lefebvre reprenait sa boxe à distance, la française plaçait de rapides frappes puis partait, Melania Sorroche n’arrivait pas à la cadrer. L’espagnole jetait toutes ses forces dans l’ultime round, la française encaissait un large crochet droit puis répliquait avec une droite avant de tourner et laisser exploser sa joie au dernier coup de gong. Sans surprises, les trois juges l’ont déclarée vainqueur avec le même pointage.

Photo Michel Beuville

« Le combat s’est relativement bien passé pour moi, analyse Ségolène Lefebvre. Elle a constamment avance, mais j’ai mis les touches les plus nettes. Elle avait un gros physique mais j’étais bien préparée, j’ai reçu quelques coups durs mais ce n’était pas non plus insupportable. Dès le 1er round, j’ai compris qu’elle serait toujours sur moi, chaque adversaire est différente, je suis satisfaite,  je pense avoir bien résolu les problèmes qu’elle voulait me poser. Maintenant place au repos... »

Cassandra Crevecoeur (5 v) est devenue championne d’Europe des poids mi-mouches en battant aux points (96-94, 96-94, 96-94) la roumaine Gabriela Timar (6 v, 1 d) ce vendredi 6 mai à Calais.

La salle Edgar Quinet était comble pour soutenir l’enfant du pays qui n’a pas déçu son fidèle public en livrant une prestation intense et spectaculaire. Il s’est incontestablement passé quelque chose hier soir à Calais, le public, quelque peu orphelin de la famille Jacob,  s’est trouvé une nouvelle coqueluche avec Cassandra Crévecoeur.

Après le traditionnel round d’observation, la calaisienne est rapidement entrée dans le vif du sujet avec détermination en entamant un pressing de tous les instants. Une pression sur son adversaire qui ne n’estompera pas durant les dix reprises du combat.

Cassandra Crevecoeur a délivré une quantité incalculable de coups, Gabriella Timar, qui était invaincue avant ce déplacement a éprouvé les pires difficultés à s’organiser pendant la première partie du combat. La gauchère roumaine, excellente techniquement avec  son bras avant et ses  remises en courts uppercuts a tenté de se mettre à distance, là où elle était redoutable.  Dès la seconde reprise, Cassandra Crévecoeur avait été victime d’un choc de têtes involontaire, l’œuf de pigeon qui se s’était formé sur son front pouvait laisser craindre le pire. Sans s’affoler, le coin Jacob a admirablement bien géré cette blessure qui finalement ne s’est pas aggravée.

photo Michel Beuville

Passé la mi combat, Gabriella Timar a retrouvé un second souffle, la française a maintenu sa pression, en imprimant un rythme démentiel. Ses crochets des deux mains ont manqué de précision alors qu’à la moindre ouverture, Gabriella Timar trouvait sa cible avec des coups détachés.

D’un côté, l’activité et un infernal débit de coups, parfois brouillon et de l’autre, une boxe posée, en ligne mais avec beaucoup moins de frappes déclenchées. L’affrontement s’est équilibré à l’avant dernier round, Cassandra Crévecoeur a un peu levé le pied, la championne roumaine a réussi un magnifique crochet droit à la mâchoire. L’ultime reprise ne changea rien à la donne et ce fut un tonnerre d’applaudissements et de cris de joie des nombreux spectateurs qui accueillirent le sacre de la nouvelle championne d’Europe.

Samedi soir à la salle Gayant de Douai, l’invaincue Ségolène Lefebvre (15 v) défendra son titre mondial des poids super-coqs face à l’espagnole Melania Sorroche (18 v, 2 d, 2 n), ex championne d’Europe de la catégorie inférieure.

Ce sera le 11eme combat disputé pour une ceinture en seize sorties de la douaisienne de bientôt 29 ans ! L’irrésistible Ségolène Lefebvre a franchi un nouveau palier lors de son dernier combat en surclassant la dangereuse mexicaine Paulette Valenzuela pour devenir championne du monde WBO et être ainsi la seule boxeuse française à détenir un titre mondial. Désormais la réputation de Ségolène Lefebvre a franchi les frontières et elle semble parée pour marcher sur les traces de Dina Thorslund et Amanda Serrano, ses deux prédécesseurs au palmarès, qui font partie aujourd’hui des meilleures boxeuses mondiales, toutes catégories de poids confondues. Malgré l’humilité qui la caractérise, Ségolène Lefebvre se déclare prête pour conserver sa ceinture samedi soir devant son nombreux et fidèle public.      

Comment vous sentez-vous ?

Je me sens en pleine forme, l’entrainement a baissé en intensité et cette semaine, on peaufine les détails. Maintenant place à la récupération, on refait de l’énergie pour samedi.

Depuis combien de temps préparez-vous ce championnat mondial ?

Cela fait trois mois, j’ai repris l’entrainement progressif, il faut réadapter son corps à l’effort. On a monté en intensité tout au long de cette préparation. Je ne partais pas de zéro car même en période de repos, je continue de m’entretenir avec des activités physiques pas trop fatigantes, tels que le footing ou le renforcement musculaire, cela me permet de maintenir un certain niveau de forme.

Que connaissez-vous de Melania Sorroche ?

Je sais qu’elle est championne d’Europe des poids coq et qu’elle un peu plus petite que moi et c’est tout. Je ne regarde jamais de vidéos de mes adversaires, ce sont Robert (Pantigny) et les autres coachs, mon frère aussi, qui font ce travail. Ils en parlent entre eux et ils mettent une stratégie en place en fonction de ce qu'ils auront pu observer.

Vous êtes très proche de votre frère, quel rôle tient-il ?

Barthélemy, c’est un couteau suisse, il est partout (rires). Il regarde les vidéos, il s’entraine avec moi, il me pousse, c’est un gros soutien pour moi.

La victoire et rien d'autre

Vous avez travaillé avec Delfine Persoon, la grande championne belge…

Oui et ce fut un réel plaisir. Déjà, Delfine est une fille géniale et on ne peut pas trouver mieux dans notre secteur géographique. C’est une fille très gentille, humaine et quelle boxeuse ! C’est véritablement le top du top à tous les niveaux, ces échanges m’ont beaucoup apporté. Elle est plus lourde que moi mais en même temps c’est réconfortant. Robert m’a dit : « si tu résistes à une championne des poids légers comme Delfine, tu es armée pour faire face à toutes les super-coqs du monde ».

Le fait d’être la seule française championne du monde vous donne-t-il une pression particulière ?

Quand on dit seule championne du monde français, je ne suis pas tout à fait d’accord. Estelle (Mossely) est championne IBO, j’ai été dans cette situation avec la WBF et c’était frustrant d’être un peu sous-évaluée, je n’oublie pas... Donc oui je suis la seule championne d’une fédération majeure et non cela ne me fait pas ressentir de la pression et tant mieux pour moi. Je n’ai pas besoin de cela pour être performante.

Comment envisagez-vous ce combat ?

La victoire et rien d’autre ! Comme dit Robert mon entraineur, peu importe que ce soit beau ou pas beau, l’important reste de gagner. Alors bien sûr, si je peux briller en même temps, je vais le faire, on verra selon le déroulement du combat. Melania Sorroche a certainement mis en place une stratégie, je serais peut être amenée à changer la mienne et m’adapter avec ce qu’elle va proposer. En règle générale, j’arrive à m’organiser en fonction de mes adversaires mais il faut rester méfiante, elle est entrainée et c’est une championne elle aussi.

Avez-vous déjà songé à la suite après ce championnat ?

Oui et non, car depuis que ce championnat est signé, je me suis concentrée exclusivement sur cette date. Je n’aime pas me projeter, ce combat n’est pas encore gagné, on ne sait pas ce qui peut se passer. Bien sûr, je veux être victorieuse puis gagner encore d’autres titres, mais j’évite d’y penser pour rester fixée sur l’objectif de samedi.

Connaissez-vous les détentrices des autres fédérations mondiales ?

Oui bien sûr et elle me connaissent aussi, vous pouvez en être certain. On a même échangé quelques petits mots, en se disant qu’il fallait que l’on se boxe. Pour le moment, rien n’a été fait, ce sont les hommes en cravates qui font le travail, on sait bien qu’il faut beaucoup d’argent pour monter des unifications.

La Calaisienne (4 v), chaperonnée par Thierry Jacob, disputera son premier titre EBU, ce vendredi, à domicile. En l’occurrence celui des mi-mouches face à l’invaincue Roumaine Gabriela Timar (6v).

Tout va à la fois vite et… quelque peu lentement pour Cassandra Crevecoeur. La voilà qui briguera la ceinture continentale à l’occasion du cinquième combat de sa carrière professionnelle, laquelle a débuté en 2019. Le Covid-19 est passé par là et a donc, comme pour tant d’autres, inévitablement ralenti le rythme auquel l’intéressée aspirait à se produire entre seize cordes. Au cours de ces quatre années, elle a toutefois eu le temps de s’adjuger par deux fois la couronne nationale des mi-mouches. De quoi l’inciter à voir plus haut, estimant avoir fait le tour de la question à l’échelon hexagonal et convaincue d’avoir, désormais, le niveau requis pour viser le toit de l’Europe

Avertie depuis près de six mois qu’elle aurait une telle opportunité, dont elle a accepté l’augure avec gourmandise, elle n’a pas chômé à la salle. Qu’a-t-elle travaillé précisément ? Le physique et le cardio pour gérer à sa guise les dix rounds et ne pas avoir à pâtir d’un manque d’essence dans le moteur en fin de duel. Il s’est agi aussi de corriger certains défauts. Lesquels ? Motus et bouche cousue de la Tricolore sur le sujet, histoire de ne pas dévoiler avant l’heure ses batteries. On saura seulement que l’accent n’a pas été mis sur la puissance et la force qui ne sont, au demeurant, pas ses points forts.

Pas de plan de bataille préétabli

Reste que tout n’a pas été simple ces dernières semaines pour celle qui est éducatrice sportive au sein de l’association Matisse où elle s’adresse à divers public, des jeunes aux seniors. « J’ai effectué une grosse préparation sachant qu’il a fallu concilier vie professionnelle et sportive, raconte-t-elle. J’ai fait le choix d’occuper un poste à temps complet et je n’ai pas sollicité d’aménagements horaires dans la mesure où j’avais des missions à honorer dans le cadre de mon travail. Toutefois, j’aborde cette échéance de manière sereine. Je me sens bien et prête. »

Au fait, qu’elle sera le plan de bataille préétabli contre la visiteuse ? Aucun dans la mesure où la Française n’en sait fichtre rien car elle ne connaît pas grand-chose des caractéristiques de sa rivale. Qu’importe, elle s’adaptera dans le carré magique et cette nécessite n’a pas l’air de l’effrayer. Preuve supplémentaire qu’elle est sûre des atouts qui composent sa besace pugilistique et toute aussi sûre des conseils avisés que ne manquera pas de lui délivrer son coin au regard de la tournure des évènements.

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