Ancienne championne du monde de boxe anglaise, a intégré les services de la police municipale.

Attablée autour d’un steak tartare, on la retrouve, le midi, pendant sa pause. 12 h 30-14 h. Terminé le gong de la minute réglementaire de repos, s’accommode désormais des horaires de la fonction publique, depuis qu’elle a endossé le statut d’ASVP (agent de sécurité de la voie publique) en mars dernier à Nancy. Sa carrière professionnelle de boxeuse, avec des titres de championne du monde à la clé, a été conclue récemment dans son fief de Dombasle-sur-Meurthe par un jubilé face à Myriam Lamare, son historique rivale entre les cordes. Mais pas question de braver l’interdit : la mère de famille d’une ado de 14 ans, qu’elle élève seule dans sa petite maison de Varangéville acquise avec les gains de ses titres, se fait fort de respecter la consigne de sa hiérarchie. Pas de photo en uniforme réglementaire, « surtout avec la période des attentats », souffle la jeune femme de 38 ans, qui prend son travail à cœur, pour sillonner les rues de Nancy de 9 h 15 à 12 h 30 puis de 14 h à 18 h 33 et surveiller les tickets de parcmètre. Et, au besoin, appliquer les sanctions des contraventions : 17 € pour un horaire dépassé. Consciencieuse dans sa démarche professionnelle, rappelle que « pour que le commerce et la circulation vivent dans une ville, il faut éviter les voitures ventouses. Il y avait autrefois une tolérance de quelques minutes après la limite de stationnement du ticket, c’est moins le cas aujourd’hui ».
« Faire respecter la sanction avec le dialogue »
Passée des pêches sur le ring, où sa frappe a mis sur les fesses l’essentiel de ses adversaires, aux prunes administratives, la grande et blonde policière municipale prévoit de continuer à passer les concours pour progresser dans la hiérarchie. Elle est, parfois, confrontée à l’énervement de ses pairs, sanctionnés pour leur indiscipline dans le stationnement Pas de quoi impressionner cette ancienne guerrière des rings, qui rougit encore, toutefois, de modestie, lorsqu’on évoque ses états de service sans égal aux côtés de son entraîneur de toujours, René Cordier. « Ce qui compte c’est la façon de faire respecter la sanction sans négliger le dialogue » dit celle qu’il en faut davantage pour émouvoir que de gros yeux menaçants d’automobiliste courroucé. D’autant qu’à ses responsabilités élargies d’adjointe à la tête de neuf personnes, n’a pas tiré un trait sur sa carrière entre les cordes. La voilà qui vient de décider de s’engager en « pieds poings » une autre discipline pugilistique, avec la perspective d’un combat en mars à Vandœuvre. « C’était mon sport au départ, j’ai toujours su que j’y reviendrais ». En attendant de boucler les zones de surveillance, la sportive de haut niveau a découvert les longs efforts solitaires du pavé, qu’il faut arpenter, des heures durant. « Au début, j’étais totalement épuisée » sourit-elle. « J’avais des courbatures ».
Par Antoine Petry
© L'Est Républicain

