Toujours souriant, Karim Achour avait rendez-vous avec le Courrier picard, mardi à Compiègne, pour fêter son septième titre consécutif de champion de France.
Boxe : interview de Karim Achour, champion de... par courrier-picard
C’était vendredi dernier à Louvroil (Nord). Karim Achour remettait en jeu pour la sixième fois consécutive sa ceinture de champion de France des poids moyens. Et comme d’habitude, il s’en est sorti à son avantage. Mais cette fois, le couperet est passé tout près. Son adversaire, Moez Fhima, l’a contraint au match nul. Insuffisant pour arracher le titre à Achour. Suffisant pour pousser le champion picard à réfléchir à la suite. « C’était vraiment un traquenard. Alors que j’espérais un beau combat qui aurait fait se lever le public, ce fut un match dégueulasse comme quand une grosse équipe de Ligue 1 de football va jouer en Coupe de France sur un petit terrain de campagne. Plus ça va, plus je m’aperçois combien c’est risqué d’aller défendre à l’extérieur par dérogation à la demande de l’adversaire mon titre. J’ai vraiment envie de passer à autre chose ».
Cet « autre chose », c’est bien entendu l’Europe. Avec en vue le titre de l’Union européenne en jeu en fin d’année. En attendant l’EBU. « L’Union européenne, c’est comme l’Europa League en foot, l’EBU c’est la Ligue des champions. Mais pour atteindre l’EBU, je dois passer par l’Union européenne », précise Karim, dont les métaphores footballistiques traduisent sa passion pour le ballon rond, lui ce fan de l’OM et amoureux fou de Zidane, à la même origine algérienne kabyle que lui. La Kabylie, « c’est là où j’ai 70 % de ma famille et où j’aime aller me ressourcer au moins une fois par an », et le football, c’est ce sport si bien hiérarchisé, inversement à la boxe, au grand dam du fer de lance (avec un autre champion de France, Yvan Mendy) du BCO Pont-Sainte-Maxence. « Chez nous, les promoteurs font un peu la pluie et le beau temps. Le chemin pour arriver en haut n’est pas clairement établi ». D’où la patience qui lui incombe d’attendre une chance internationale mille fois méritée de prouver sa valeur. Car Achour n’en doute pas : « Matteo Signoni (ndlr : le champion de l’Union européenne en titre) est à ma portée. Tous les jours je le prends (sic) ! » Son enthousiasme est communicatif. Chaleureux, il a répondu à l’invitation du Courrier picard en venant avec une bouteille de Champagne pour fêter son énième titre. En posant la question : « Dois-je défendre encore mon titre contre le challenger officiel Jonathan Bertonnier avant de faire l’Europe, ou l’abandonner et me préparer uniquement à l’Europe ? Rien n’est décidé ». Sa passion le pousse à dire banco. Sa raison lui recommande d’y aller mollo. « Si je le fais, c’est pour avril-mai. Auquel cas, on se battrait pour que ça se déroule enfin à Pont ». Dans une salle acquise à la cause de ce sacré champion.
Par Philippe Grand
Source : Courrier Picard

