Ziani peut rêver plus grand

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Un dernier crochet du gauche, un adversaire qui met un genou à terre avant de jeter l'éponge, quelques larmes et un baiser envoyé à ses proches juché sur la deuxième corde, Samir Ziani a fait le show et conservé son titre de champion de France des super-plumes (59,853 kg).

Il était 0 h 22 exactement et le 8e round - sur les dix prévus en trois minutes - venait à peine de commencer lorsque le Villeneuvois a précipité la fin d'une soirée qui avait débuté quatre heures plus tôt, vendredi, en forçant le Rennais Sébastien Cornu à renoncer, étouffé par une avalanche de coups. Un an après avoir dépossédé le tenant du titre Yoann Portailler, à Blagnac, Samir Ziani a donc conservé sa ceinture - introuvable en fin de soirée ! - dans une salle de la Myre-Mory surchauffée et toute acquise à sa cause. Une victoire « à domicile », la 19e de sa carrière en 22 combats professionnels, dont quatre désormais acquises avant la limite, à laquelle un petit millier de spectateurs seulement a pu assister en direct. En effet, la soirée s'est déroulée à guichets fermés. Et les organisateurs ont même dû refuser beaucoup de monde. 20 heures, encore une soixantaine de personnes faisaient la queue sous un véritable déluge dans l'espoir de décrocher un précieux sésame. Ils sont repartis déçus. D'autant plus que l'écran géant un temps envisagé pour retransmettre le combat en direct sur le parking du complexe sportif a finalement été annulé à cause d'un énorme orage bien anticipé.

Les petits frères aussi

Après une « trop longue attente » de trois heures et demie dans un vestiaire transformé en sauna, partagé avec trois autres boxeurs du Blagnac Boxing Club - où est licencié Samir Ziani - et ses deux jeunes frères, le Villeneuvois a survolé les débats sur le ring où sa vitesse et son physique ont fait la différence. « J'avais fait une bonne préparation et je me sens bien tout le combat. Il a encaissé, mais il a aussi été sonné deux fois avant de jeter l'éponge et je l'ai remarqué. Je boxe plus propre, je monte de niveau, la progression est là et je gagne en efficacité. » Son entraîneur, Mohamed Bennama, confirme : « Il a été bien moins brouillon que d'habitude et plus calme, malgré le stress de jouer un premier titre national chez lui. » Une soirée qui lui a aussi permis de placer sous les projecteurs ses deux jeunes frères. Après avoir renoncé au foot, Ilal (11 ans) a ainsi grimpé pour la première fois sur un ring en boxe éducative. Et Imed (17 ans) a confirmé qu'il était un réel espoir en boxe amateur. Ils ont ensuite rejoint leur sœur, leurs parents et la femme de Samir Ziani à une table pour suivre le combat tant attendu du grand frère.

Et bientôt l'Europe ?

Si Sébastien Cornu, que Samir Ziani avait déjà battu aux points lors d'un gala en mars 2014 à Brive, a disputé vendredi son dernier combat à 32 ans, la carrière du Villeneuvois, qui fêtera ses 25 ans le 19 juillet, pourrait bien s'accélérer dans les prochains mois. Ce nouveau sacre national conjugué au soutien financier depuis un an de Philippe Ginestet, le PDG fondateur de Gifi, devrait lui ouvrir très vite les portes d'un championnat d'Europe et pourquoi pas du monde ensuite. « Cela donne envie de l'accompagner et de continuer à gagner ensemble, prévient le grand patron du poids lourd de la distribution. Mon engagement est pour trois ans. Je lui permets de faire des choses et c'est à lui de réaliser le reste. » Comme décrocher une ceinture européenne qui lui permettrait de prendre une autre dimension. Il faudra alors pousser les murs de la Myre-Mory. Vendredi soir, Philippe Ginestet évoquait déjà la possibilité d'organiser un combat dans le parc du château Lalande, à Saint-Sylvestre-sur-Lot. Lui aussi rêve désormais plus grand.

Par Frédéric Cormary

Source : Sud-Ouest

 

 

 

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