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Yvan Mendy, le trou d’air

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Le Français (47 v, 1 n, 6 d) s’est quelque peu laissé endormir par l’Ukrainien Denys Berinchink (17 v), le 3 décembre, à Londres. Résultat : la perte de sa ceinture EBU des légers, aux points, à l’unanimité des juges (117-112, 116-112, 116-112).

L’Ukrainien, arrivé sur le ring en tenue militaire intégrale pour rappeler qu’il est monté au front pour bouter hors de son pays l’envahisseur russe, démarrait le mieux les hostilités en en décousant essentiellement en ligne, déclenchant à distance pour conclure de près. Son style n’avait rien de flamboyant techniquement. Ses variations de garde successives ne changeaient rien à l’affaire. Son bras avant pour débroussailler, son bras arrière pour porter l’estocade puis, une fois arrivé à bon port en se collant au Français, des crochets courts dans tous les sens, tantôt aux flancs, tantôt à la face, voire des uppercuts.

Le problème n’était pas tant le manque de brio du challenger mais le déficit d’activité du tenant. Certes, ce dernier n’est pas réputé pour entamer des duels pied au plancher. Sans compter un certain manque de cadrage tant ses frappes trouvaient parfois le vide ou que partiellement leur cible lorsque que son rival pourrissait les débats par des accrochages. Certes, le Picard, avec sa garde hermétique, ne subissait pas mais à force de bloquer l’essentiel du temps, il donnait la fâcheuse impression que son contradicteur était le plus entreprenant. D’autant que les remises du Tricolore étaient, hélas, trop parcimonieuses.

Le Lion ne parvenait pas à passer la surmultipliée

La confrontation n’atteignait pas des cimes. La faute en revenait majoritairement au pugiliste de l’Est dont les initiatives étaient hachées et trop souvent émaillées d’irrégularités, qu’il s’agisse d’appuyer sur la tête du champion, de le pousser dans les cordes, de lui coincer le bras ou de charger avec le crâne en guise de bélier. A son actif, toutefois, une mobilité appréciable qui gênait considérablement l’élève de Giovanni Boggia. En dépit de quelques fulgurances synonymes de touches nettes, comme ses cross plongeants précédés de retraits de buste d’école, le Maxipontain se montrait trop parcimonieux dans ses élans. Outre une propension à reculer, il ne dominait pas réellement, négligeait le travail au corps et laissait son opposant conclure les échanges.

A entendre les conseils de son coin au fil des minutes - « Ne sois pas gourmand ; boxe avec relâchement et beaucoup d’attention ; fais pression tranquillement ; reste sur lui sans te fatiguer » - , il semblait que la tactique prévue consistait à finir en boulet de canon l’ultime tiers de ce mano a mano étriqué. Hélas pour lui, le Lion ne parvenait pas à passer la surmultipliée ni à imprimer du rythme. Si bien qu’il ne réussissait pas à capturer et à achever sa proie qui, sûre de son avance, se mettait évidemment à boxer encore davantage sur les jambes et fuyait à mesure que le gong fatidique approchait. Les juges en prenaient acte au grand dam du champion déchu.

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