Omba Biongolo éliminé

Membre de la Team solide aux Jeux de Rio, le sociétaire du Boxing Lyon United a subi une cruelle déconvenue en s’inclinant avant la limite (KOT 1er) devant Kevin Kuadjovi. Retour sur les duels marquants de ces demi-finales des CFA seniors masculins et féminins qui se sont déroulées à Aulnay-sous-Bois, le 4 février.
Seule la pudeur lui a fait contenir ses larmes. Pourtant, c’était le monde qui s’effondrait à ses pieds comme lui-même s’était effondré trois fois au cours d’une première reprise que l’arbitre, à juste raison, ne lui a pas laissé terminer. Paul Omba Biongolo (-91 kg) avait en effet été envoyé au tapis par Kevin Kuadjovi (Asnières BC), fidèle à ses qualités de frappeur que rien n’effraie. Dès le premier coup de gong, le Francilien s’est rué sur le Lyonnais et l’a donc touché le premier. Le sort en était jeté d’autant que le Rhônalpin n’a pas eu la sagesse ou la lucidité de temporiser pour récupérer. Après trois ans d’interruption pour cause d’emploi sur une plate-forme pétrolière, Kevin Kuadjovi signe son grand retour, lui qui avait été sacré champion de France en 2012 et qui affirme avoir désormais « retrouvé ses sensations et le rythme de la compétition ». L’équipe de France ? Le sujet n’est, à ses yeux, pas encore d’actualité, l’immédiat étant la conquête de la ceinture.
Pour la troisième année consécutive, Lounes Hamraoui (Le Noble Art de Rouen) affrontait, quant à lui, en -60 kg, le Guadeloupéen Keshan Jacoby Koaly (BC de Petit Bourg). Le Normand a eu toute les peines du monde à prendre un mince avantage. Toujours aussi à l’aise gestuellement et doté d’une remarquable de vitesse de bras, il a eu le tort de ne travailler que sur un ou deux coups et de reculer à l’excès. De son côté, le protégé de Jacques Chinon a montré de belles dispositions et n’a eu de cesse d’avancer. « Le combat a été difficile et cette victoire est un soulagement, admet Lounes Hamraoui. Je n’étais pas au top de ma force, je me sentais un peu fatigué et lourd au niveau des jambes. Techniquement, je pense être supérieur à lui. J’aurais pu faire plus, notamment enchaîner davantage mais l’essentiel était de passer car mon but est de remporter la ceinture ».
En -81 kg, Mamadou Bakary Diabira (VGA Saint- Maur) l’a emporté dès la première reprise contre Alexandre Titov (Académie de Boxe de Tourcoing), arrêté par le médecin à cause d’une profonde coupure à l’œil gauche. Qualifié pour sa cinquième finale nationale, le Val-de-Marnais a décidé, pour l’instant, de continuer dans les rangs amateurs même s’il a intégré la franchise WSB des Fighting Roosters. Il ambitionne de disputer les prochains championnats d’Europe et du monde. Son camarade club, Kevin Lélé Sadjo, le retrouvera en finale comme il y a un an. Le Saint-Maurien, véritable rouleau compresseur aux trois poumons, a littéralement étouffé Leonardo Mosquea Jimenez Mosquea. Ses crochets des deux mains et ses uppercuts d’école ont eu raison du Guyanais, incapable de tenir le rythme. « C’était un combat de guerriers. Je l’ai sapé en frappant d’abord au corps avant de remonter au visage. Maintenant, je veux la ceinture. Je suis resté amateur pour l’avoir et prendre ma revanche face à Mamadou. L’année dernière, j’étais un peu sur la réserve mais, cette fois, je répondrai présent et je serai là ! », prévient Kevin Lélé Sadjo.
Autres confrontations, celles qui ont vu les victoires aux points de Julien Billard (BC de Saint-Quentin) face à Dylan Duquenet (BC Romorantin) en -52 kg, de Medi Boufoudi (Boxing Beats Aubervilliers) contre Julien Di Pasquale (Avignon BC) en -69 kg et enfin, d’Emery Pierre Kombo (BC Rueil) devant Donal Bordey (Boxing Beats Aubervilliers) en +91 kg.
Maily Nicar fait respecter la hiérarchie
Chez les féminines, Mona Mestien (BC Héninois) a dû s’employer pour venir à bout de Sabrina Flamand (B’O Boxing Achères) en -54 kg. Même si elle s’est fait toucher en contre, elle a tiré tout le parti de sa puissance supérieure et de sa plus grande précision dans la deuxième partie du combat. Avec, à la clef, un succès aux allures de promesse : « J’étais favorite. Cependant, elle m’a surprise car elle frappait dur. Je me suis efforcée d’être très technique. Je suis satisfaite de ma prestation parce que je pense avoir réalisé de belles choses. Je reviens bien car je me suis très bien préparée. Mon objectif est de devenir championne de France et, à terme, d’être titulaire de la catégorie en équipe de France ».
Coletivi Yetongnon (Stade Pessacais Union Club), elle, a pris sa revanche, en -57 kg, face à Stelly Ferge (Boxing Beats Aubervilliers) qui l’avait éliminée l’année dernière à ce stade de la compétition. Plus ordonnée dans sa boxe, la Girondine a davantage construit ses actions sans jamais relâcher son étreinte. De son côté, la Francilienne a confondu vitesse et précipitation au grand dam de son coin qui lui demandait de donner son bras avant et de respecter les consignes. Elle n’y est parvenue que trop rarement quand la Bordelaise conservait le minimum de rigueur qui lui permettait de détrôner la tenante. « Le combat a été assez brouillon, reconnaît Coletivi Yetongnon. J’ai joué sur mes atouts, en l’occurrence, ma vitesse, ma précision et mes déplacements. Le travail a payé. L’objectif est d’aller le plus loin possible est de prendre du plaisir. A présent, je vise le titre. Quant à l’équipe de France, on verra. Ce sont les sélectionneurs qui décident ».
En -69 kg, Maily Nicar n’a eu aucune peine à faire respecter la hiérarchie contre sa compère du Boxing Beats Aubervilliers, Laetitia Bakissy, comptée au quatrième round et dotée d’un bagage pugilistique encore trop restreint. Supérieure dans tous les domaines, elle n’a jamais été inquiétée et a su faire preuve de l’humilité suffisante pour ne pas tomber dans la facilité. « C’est le genre de combat où l’on sait qu’il y a une différence de niveau. C’est pour cela que je l’ai abordé comme si j’avais tout à gagner afin d’éviter les accès d’énergie qui m’auraient fait me perdre techniquement », analyse la vice-championne d’Europe des -75 kg qui a donc dû se soumettre à un sévère régime pour descendre de catégorie faute d’adversaire au niveau national en -75 kg. « C’est assez complexe dans la mesure où cela m’impose des contraintes. En outre, j’avais commencé à trouver mes marques en -75 kg », explique la Francilienne qui assure ne pas perdre d’énergie sur le ring en dépit des privations.
A noter, enfin, en -64 kg, la très probante prestation de Mariam Sidibe (Asnières BC) qui a exploité son allonge supérieure et s’est montrée plus active pour prendre l’ascendant devant Cindy Vastine (BC de Pont-Audemer), trop encline à accepter le mano a mano à distance au lieu de coller son adversaire.
Par Alexandre Terrini
Mise en ligne par Olivier Monserrat-Robert
Crédit images Jérôme Fouache