Mort de Tahar Ben Hassen

Cette grande figure de la boxe tunisienne (26 v, 3 n, 8 d) s’est éteinte en ce début du mois d’octobre. Il avait régalé le public français sous les couleurs du Red Star audonien.

Né le 14 juillet 1941, à Tunis, Tahar Ben Hassen a débuté à l’Alliance sportive, club mythique avec, à sa tête, un entraîneur qui l’était tout autant, l’illustre Joe Guez, celui-là même qui fit éclore Victor Young Perez, Rezgui Guizani ou encore, Simon Bellaïche. Tahar Ben Hassen en fut le digne héritier en se forgeant un palmarès des plus respectables. Il fut en effet sacré champion national amateur, deux fois en coqs (1960 et 1961) avant de réaliser le doublé en plumes (en 1962 et 1965). Sans compter un titre de champion du monde militaire en 1961 et deux médailles d’argent, l’une aux championnats d’Afrique 1962, l’autre aux Jeux africains de 1965. A cela, il convient d’ajouter deux participations aux Jeux olympiques, à ceux de Rome, en 1960, puis à ceux de Tokyo, en 1964.

Tahar Ben Hassen aux côtés de Bechir Boundka, Karim Chebbi, Azdine Ben Yacoub et du speaker Baraket, entre autres. 

Des états de services qui justifièrent son passage dans les rangs professionnels en 1966, en France, au Red Star de Saint-Ouen, sous la houlette de José Jover et de Gaétan Micallef. Ayant conservé la nationalité tunisienne et n’ayant donc pas demandé sa naturalisation, il ne pouvait pas disputer le titre national ni continental. Dur frappeur, il fit sensation, le 21 mai 1971, en dominant avant la limite le Cubain établi à Madrid, Jose Legra, alors champion d’Europe des plumes. Un succès qui le propulsa en hauts des classements au point de figurer en quatrième position au ranking de la WBC et d’aller disputer une demi-finale mondiale, le 21 novembre 1971, au Mexique, contre Clemente Sanchez. Il s’inclina avant la limite. Ce qui ne l’empêcha pas de réaliser un nouveau coup d’éclat, le 3 juin 1973, outre-Rhin, en arrachant le nul devant le champion d’Europe des super-plumes, l’Allemand Lothar Abend.

Taoufik Belbouli et Kamel Bou Ali bénéficièrent de ses conseils

Sa carrière s’acheva, devant son public de Tunis, le 2 février 1974, sur un échec par KO infligé par le Ghanéen David Kotey, à l’occasion d’un championnat d’Afrique des plumes. Ce jour-là, le héros de tout un peuple était souffrant et dans l’impossibilité de défendre pleinement ses chances.

Une fois les gants raccrochés, il fit bénéficier la nouvelle génération de son expérience en tant qu’entraîneur de l’équipe nationale. Taoufik Belbouli, futur champion du monde WBA des lourds-légers, ainsi que Kamel Bou Ali qui, lui, fut, plus tard, détenteur de la ceinture WBO des super-plumes, bénéficièrent de ses précieux conseils.