Les Françaises à la fête en Pologne

Deux médailles d’or et deux d’argent : le bilan des Bleues à l’issue du tournoi de Gliwice, qui s’est déroulé du 5 au 12 septembre, est de bon augure.

« Le but était de préparer les championnats du monde qui auront lieu en fin d’année en travaillant avec le groupe qui est concerné par cette échéance », explique l’entraîneur national Stéphane Cottalorda. Pour autant, il ne s’agissait pas, à proprement parler, d’une reprise dans la mesure où la troupe avait déjà effectué, en août, un stage consacré aux séances physiques et un autre davantage dédié aux mises de gants. La compétition polonaise était donc une occasion, pour chacune, de se jauger et d’identifier les points d’amélioration. Et ce, même si le nombre de participantes en seniors était assez réduit avec, comme conséquence, une niveau général modérément relevé.

Dans ce contexte, les Tricolores ont fait mieux que tirer leur épingle du jeu. Rim Bennama (-50 kg), montée pour l’occasion en -50 kilos, s’est ainsi hissée sur la plus haute marche du podium. « Elle a fait deux bons matchs dans la lignée de ce qu’elle propose en compétition ces derniers temps. Même si là, l’adversité n’était pas de haute volée, elle a su répondre présent, se réjouit Stéphane Cottalorda. C’est très satisfaisant. Rim a des qualités techniques intéressantes, notamment un bras arrière explosif. On ne sait pas encore dans quelle catégorie elle s’alignera aux Mondiaux sachant que dans l’optique des JO de Paris, l’idée est plutôt d’y participer en -51 kg, ce qui impliquera d’effectuer un travail sur le plan musculaire, en particulier au niveau des appuis. » Et ce, sous la houlette du nouveau préparateur physique affecté au collectif féminin, Mathias Ricard.

Autre lauréate, Amina Zidani (-60 kg) qui poursuit son double projet alliant boxe olympique et boxe professionnelle. « Elle s’est positionnée afin d’être potentiellement sélectionnable pour les prochains JO. Dans cette optique, Amina a participé aux rassemblements estivaux. Là, elle a retrouvé ses sensations, ce qui est, bien sûr, positif », note l’entraîneur national.

Davina Michel « sur la bonne voie »

L’équipe de France peut également s’enorgueillir de deux finalistes. Romane Moulais (-52 kg) a en effet échoué lors de l’ultime combat contre la Polonaise Wiktoria Rogalinska. « C’est un petite déception car elle s’est inclinée face une fille à sa portée qu’elle avait d’ailleurs dominée en quart de finale des derniers championnats d’Europe espoirs, regrette Stéphane Cottalorda. Il faut dire que Romane sortait d’une angine qui a sûrement contrarié la gestion de son poids. C’est un léger coup d’arrêt qui ne retire rien à ses qualités. A elle d’améliorer divers éléments qui n’ont pas été optimaux lors de ce tournoi comme le cadrage, les approches et la lucidité. C’est le genre match qu’elle doit être capable de gagner même quand elle est un peu moins bien. »

Davina Michel a également effectué une belle rentrée bien que battue en finale par la locale Martyna Jancelewicz. « Ella a digéré la déception de sa non-qualification pour les Jeux de Tokyo, analyse Stéphane Cottalorda. Là, nous avons choisi de la faire boxer dans la catégorie supérieure (-81 kg) à celle qui est habituellement la sienne. Nous retenons du positif de son parcours. Elle a fait montre d’envie et d’implication même s’il lui a manqué du cardio afin d’utiliser son allonge et de mieux se déplacer devant une adversaire un peu plus puissante qu’elle. Mais, techniquement, Davina a réalisé des choses intéressantes et a amélioré son langage corporel quand elle est fatiguée pour moins montrer aux juges qu’elle est en souffrance. Elle s’entraîne davantage pour être performante. Elle est sur la bonne voie. »

Enfin, Fatia Benmessahel (-63 kg) a cédé d’entrée devant la Croate Sara Cros. « Elle est tombée sur un gros morceau et un profil d’adversaire qui correspond à tout ce que Fatia n’aime pas, en l’occurrence une gauchère mobile, explique Stéphane Cottalorda. Le résultat brut est certes une défaite mais en ce qui concerne le rendu sur le ring, l’attitude et les progrès constatés, cela va plutôt dans le bon sens même si la route est longue. » Pour la Francilienne comme pour ses comparses.