Bauderlique en démonstration

Samedi soir le complexe sportif François Mitterrand à Hénin-Beaumont, fut le théâtre d’une belle soirée boxe, avec pas moins de six joutes amateurs et six combats professionnels. Les aficionados ont pu apprécier la qualité du spectacle offert. Quant à Mathieu Bauderlique, Laëtitia Chevalier et Oshin Derieuw, ils ont fait sensation.
Chevalier par K.-O.
Pas de round d’observation entre les deux belligérantes. Laëtitia Chevalier (2 victoires, dont 1 avant la limite) alterne parfaitement en bas et en haut. Ses coups puissants finissent par user sa rivale qui fait preuve de beaucoup de courage. Après seulement une minute, Sandra Zekic (2 succès, dont 1 par K.-O., 8 revers) met un genou à terre. Elle repart au combat en grimaçant. La Française continue son travail de sape. Dans le second opus, la Serbe met à nouveau un genou à terre sur un nouveau direct au foie. L’arbitre justement met un terme au calvaire de la boxeuse de l’Est dans la troisième reprise après avoir essuyé une nouvelle rafale de coups. Laëtitia Chevalier revient sur sa prestation : « je voulais absolument gagner. J’ai vu qu’elle était fragile en bas et j’ai continué à frapper en bas. Je suis satisfaite du résultat et de ma prestation ».
Gressiez aux points
Les deux hommes en ce début de combat se jaugent par des petits de coups de patte. À l’approche des trois premières minutes, le duel monte en intensité. Les deux boxeurs commencent à appuyer leurs coups. Hamed Agbour (5 succès, dont 2 avant la limite, 1 défaite, 1 nul), fin remiseur, attend que le Nordiste frappe le premier pour le punir avec sa gauche. Le jeune Gressiez (2 victoires), assez téméraire, tente sur des enchaînements gauches-droits de déstabiliser son adversaire. Il y parvient parfois mais ses tentatives ne sont pas assez appuyées. Le duel est équilibré. Les deux assaillants se rendent coup pour coup. Un peu plus précis, Gressiez inflige la première défaite à Agbour. Il revient sur son combat : « ce soir, j’avais un peu de mal. Les jambes n’y étaient pas et les bras étaient assez lourds. Physiquement, j’ai peiné. J’ai du mal à m’entraîner avec le travail ».
Derieuw en puissance
Combat à sens unique, Oshin Derieuw (1 succès par K.-O.), pour sa première prestation chez les rémunérées, maîtrise parfaitement son sujet. Ses gauches et droites en piston et ses crochets puissants font souvent vaciller la tête d’Alliana Neubaure. Après quelques secondes dans le second opus, sur une nouvelle droite au menton, la Lithuanienne est K.-O. debout. Oshin Derieuw revient sur son combat : « au début, j’étais un peu stressée. J’avais un peu de mal à lâcher mes coups. Au début du second round, j’étais plus relâchée, plus détendue. Je suis contente de mon premier combat ».
Douadi en maîtrise

Pas de round d’observation, tellement les deux boxeurs sont vite rentrés dans le vif du sujet. L’épreuve de force a commencé. Les coups claquent. Dans ce second opus Douadi (7 succès, dont 2 par K.-O.) est plus actif. Quant à Kévin Haudiquet (6 victoires dont 4 par K.-O., 8 revers), il se montre dangereux avec ses coups larges qui heureusement pour le local n’arrivent pas souvent à destination. Dans la troisième reprise, Douadi se désaxe bien, travaille bien en bas avec souvent des remontées à la face qui n’arrivent pas toujours. Haudiquet est dominé par la vitesse d’exécution de son assaillant et par ses changements de rythme. Le Berckois a bien essayé en toute fin de combat de mettre K.-O. son adversaire, mais s’était sans compter sur l’expérience de Laïd Douadi qui a parfaitement maîtrisé. L’Héninois s’impose logiquement aux points. Douadi précisera à la fin de son combat : « j’ai bien travaillé notamment avec mon bras avant. Je me sentais bien ».
Azaouagh en fin technicien
Durant les quatre premiers rounds, les deux boxeurs se font face. C’était à toi à moi. Cette tactique arrange surtout Milan Savic (3 succès, 16 revers, 2 nuls) qui, limité techniquement, n’a d’autres armes à opposer. C’est à partir de la cinquième reprise que le Français décide de changer la physionomie du combat. Il travaille à mi-distance avec son bras avant, se désaxe bien, lance des enchaînements gauches-droits en bas et en haut précis. Le Serbe est dépassé par la vitesse d’exécution du Nordiste. Hassan Azaouagh (19 succès dont 7 par K.-O., 11 revers) s’impose logiquement aux points.
Bauderlique en démonstration

Mathieu Bauderlique (10 succès dont 5 par K.-O.) n’a pas fait traîner les débats. Le champion APB des poids mi-lourds a fait parler sa puissance et sa précision. Kiril PSonko (15 succès dont 10 par K.-O., 38 défaites, 2 nuls) a ressemblé à un sac dès les premières secondes. Très vite en mouvement, sur un enchaînement puissant en bas et en haut, le lithuanien goûte une première fois au tapis. A peine relevé, il prend une terrible rafale qui le propulse une nouvelle fois parterre. Il repart au combat tel un gladiateur valeureux. Le français ne le laisse pas reprendre totalement ses esprits et le puni par un terrible crochet au foie. L’arbitre décide de mettre un terme au calvaire du boxeur de l’Est dépassé par la foudre locale.
Résultats  des amateurs : Olivier Deroeux (Hénin-Beaumont) bat Corentin Baudin (Saint-Quentin) aux points ; Jason Vico (Hénin-Beaumont) bat John Lafont (Saint-Quentin) aux points ; Adam Kazavatov (Hénin-Beaumont) bat Rémy May (Louvroil) aux points ; Soel Bourgeois (Hénin Beaumont) bat Loïc Fosset (St Quentin) aux points ; Maestiaen Mona (Hénin Beaumont) bat aux pts Hippi Houda (Mureaux) aux points ; match nul entre Alexandre Titov (Tourcoing) et Gaetan Ntambwe (Liévin).
Par Stéphane Lefeuvre
Photos : Jérôme Fouache
Le tout arrangé par O. M.-R.