Avec son titre de champion de France, le Niortais Davy Armand ne s’interdit plus rien, même pas une revanche sur Achour sur un plan européen cette fois.

Armand Davy n'a jamais été aussi bon que lorsqu'il a maintenu Francis Togba-Tchoffo à distance respectable. Ce fut la clef de son succès, applaudi par deux milliers de spectateurs. Crédit photo, Éric Pollet
Pas une seconde il n'a craint de faire ceinture. La ceinture, celle de champion de France des poids moyens, c'est lui qui la porte désormais après avoir vaincu samedi soir dans un Acclameur de feu le Pessacais Francis Togba-Tchoffo. Au terme d'un combat âpre et souvent trop au corps à corps, ce qui pouvait donner l'impression que les protagonistes de ce titre ouvert, car laissé libre par Karim Achour, étaient placés durant longtemps sur un pied d'égalité. « En fait, révélait ensuite le maître à boxer Mayar Monshipour, quand Togba-Tchoffo prenait l'initiative, il frappait mal, ses coups n'arrivaient pas d'une façon assez franche pour être vraiment lisibles. Jamais il n'a pu rattraper son retard sur Armand, toujours en tête au pointage ».
"Pas le combat exemplaire mais j'ai bien travaillé"
Davy a jubilé au dernier coup de cloche, il savait bien que le titre était pour son coin. Patrick, son père, l'a comme d'habitude porté en triomphe sur ses épaules et lui a donné le rituel baiser sur le front. Le coin rouge était écarlate de plaisir, du même ton que le sang des arcades du nouveau champion : « Aux côtés de Daniel Yameogo, notre soigneur Daniel Leroy a fait des miracles. Il fallait absolument qu'il tienne jusqu'à la quatrième reprise côté blessure, parce qu'après le règlement s'assouplit. Il y a eu de nombreux chocs de tête dans ce combat où Davy partait avec un pronostic favorable, mais il fallait toujours se méfier des frappes lourdes de Togba-Tchoffo. Avec cette victoire, il s'ouvre une belle porte sur l'avenir ». Pour avoir les explications du principal intéressé du bruyant clan Armand, au soutien indéfectible, il fallait slalomer entre les accolades et les embrassades, d'une très sympathique cohue. « C'est un réel aboutissement rendu possible grâce à votre soutien », remerciait Davy au micro. Une fois descendu du ring, il appuyait : « Ce n'est pas le combat exemplaire dont j'avais rêvé, mais j'ai tout de même bien travaillé… Je ne voulais rien lâcher, j'étais déterminé. Il fallait le boxer de loin, ça a été mon obsession ». Pas facile pourtant d'éviter l'affrontement rapproché… « Mon camp sentait, savait que j'étais en tête, et m'a incité à ne plus prendre trop de risques au fur et à mesure que le combat avançait ». On lui apprend qu'Achour a gagné. Davy ne serait pas contre, bien au contraire, une revanche sur le match de l'an passé. Cette fois avec label européen. Et il y aura aussi ce si précieux titre à défendre, certainement contre Howard Cospolite. Mais d'abord savourer avant de retourner au combat.
Par Christian Bonnin
Source : La Nouvelle République

