La Française (11 v, 1 d) s’est inclinée, ce jeudi, à Enghien-les-Bains, devant la Turque Elif Nur Turhan (11 v), vainqueur par arrêt de l’arbitre (6e) alors que le titre WBA par intérim des super-plumes était en jeu. Elle n’a rien pu faire face au punch de sa rivale.
Le cadre feutré et raffiné du Casino d’Enghien-les-Bains seyait comme il convenait à la tête d’affiche de la soirée qui en était également l’organisatrice avec son association support, Premier Round. Fidèle à son habitude, Rima Ayadi soignait son entrée, toute de blanc vêtue, prenant le temps d’en savourer chaque précieux moment après des semaines à se démultiplier à la salle autant qu’en coulisses.
Il ne fallait que quelques secondes pour que la visiteuse, fidèle à ce que l’on savait d’elle, se mette à charger sans retenue en décochant des crochets larges des deux mains à pleine puissance. Certains surprenaient la Tricolore qui les encaissait au visage. La Turque n’hésitait pas non plus à la projeter au sol sur un semblant de prise de judo… Le ton était donné. Dès lors, la stratégie était claire : déclencher en ligne avec le bras avant, enchaîner si possible avec sa gauche et sortir immédiatement de la zone de contact pour ne pas s’exposer.
Plus facile à dire qu’à faire. Car même si elle était hautement prévisible et très monolithique dans ses options, Elif Nur Turhan prenait l’ascendant par son activité et son débit. Certes, sa boxe n’avait rien de léché ni même de très académique mais elle se montrait extrêmement impactante. Heureusement, son style assez frustre générait du déchet avec des frappes dans le vide et l’exposait aux contres de la fausse garde du Labo qui usait à bon escient de son bras arrière.
« Je ne sais pas trop ce qu’il s’est passé »
Mais bien trop sporadiquement pour véritablement inquiéter la Stambouliote, laquelle écopait néanmoins d’un avertissement dans la sixième reprise suite à une nouvelle irrégularité. Qu’importe, cela ne la réfrénait nullement dans son élan et son inexorable marche avant. Et, sur une droite circulaire assénée avec toute sa force, elle envoyait l’Yvelinoise au tapis. Admirable de courage, la protégée d’Abadila Hallab se relevait avec l’énergie du désespoir mais encore sonnée. Elif Nur Turhan se ruait alors sur elle et ne se privait pas de porter l’estocade fatale. Le glas de la désillusion sonnait la salle.

Héroïne déchue, Rima Ayadi faisait preuve d’une dignité et d’une pudeur remarquables dans ses mots : « C’est ma première défaite et je ne sais pas comment la gérer. Je n’ai pas l’habitude. Je ne m’étais pas préparée à ça. Je ne sais pas trop ce qu’il s’est passé. Il faut accepter que, parfois, ce n’est pas le bon jour et savoir revenir encore plus forte. J’espère que ce résultat ne changera pas le mouvement que j’essaye de créer autour de mon parcours. En tout cas, cela ne change rien au message que j’envoie ni à mon ambition de devenir championne du monde. J’ai cassé tous les codes même si j’aurais aimé que ce soit encore plus beau. Mais rien n’est terminé. » On le souhaite ardemment.