Le champion en titre niortais Davy Armand a nettement dominé aux points un Laurent Ferra émoussé samedi soir à Saintes, au terme d’un combat engagé.

A l'issue du combat, Davy Armand a reçu les félicitations de Jean-Marc Mormeck pour la défense victorieuse de son titre. Photo, Michel Hartmann
Pour faire un beau combat il faut être deux. C'était le cas samedi, contrairement à ce qu'on avait craint en milieu de semaine, lorsque le Parisien Howard Cospolite a posé un inélégant lapin au clan Armand et aux organisateurs saintais. Les trois juges de cette première défense ont été unanimes pour accorder la victoire à Davy Armand (98/92, 98/92 et 97/93). Le Niortais a piqué son adversaire dès la première reprise, en passant une droite appuyée après un jab du gauche. Il n'a ensuite jamais été en réel danger. Mais Ferra a offert une belle résistance à Davy Armand tout au long des dix rounds, et maintenu un réel suspense par sa capacité à renverser la tendance sur un coup.
Ferra piqué dès la première reprise
« Quand j'ai vu que je l'avais touché à la première reprise et qu'il n'était pas tombé, je choisis de ne pas aller d'entrée à l'asphyxie. Car je savais qu'il était dangereux et qu'il ne fallait pas le laisser armer son gauche. J'ai donc continué à le travailler comme il fallait, en étant peut-être un peu trop près par moments », expliquait Davy, conscient que le changement d'adversaire à la dernière minute avait perturbé sa préparation. Le puncheur gaucher de Blagnac n'a jamais cessé d'avancer tête baissée, en cherchant systématiquement le corps à corps tandis que Davy avait intérêt à le tenir à distance, ne serait-ce que pour éviter les coups de tête (il a été coupé sans gravité à l'arcade gauche à la 5e reprise). Avec quelques "oublis" heureusement sans conséquence dans cette stratégie. Ferra s'est rebellé à mi-combat, conscient qu'il devait refaire son retard, et a jeté ses dernières forces dans la bataille dans la dernière reprise. Mais c'est Davy qui a fini plus fort, sous les encouragements de ses supporters qui n'ont pas regretté leur déplacement. « J'ai ressenti de la fatigue car ce championnat de France, que j'ai accepté au pied levé alors que j'étais parti en vacances en Espagne, était mon troisième combat en trois semaines. J'accepte la victoire de Davy Armand mais je pense que le score était plus serré que ce qui a été annoncé », commentait Laurent Ferra à sa descente du ring. Il restait au champion à recevoir l'hommage du "monument" Jean-Marc Mormeck. « Je félicite Davy Armand. Il a fait un beau combat, courageux. Il a eu un adversaire qui n'a rien lâché. Mais Davy était le plus fort. Il était bien préparé et a marqué le plus de points. Il a fait ce qu'il fallait et mérite de conserver son titre, il n'y a rien à dire. Mais pour faire un beau combat, il faut être deux et son adversaire a été à la hauteur », concluait l'homme qui a unifié les titres mondiaux des lourds légers WBA et WBC. Un commentaire flatteur, à conserver pour la postérité.
Par Philippe Jounier
Source : La Nouvelle République

