L’Ardennais (14 v, 1 n, 5 d) n’a pas déjoué les pronostics et s’est logiquement incliné aux points, à l’unanimité des juges (120-108, 120-108, 120-110), samedi 12 mars, à Levallois, face au champion d’Europe des mi-lourds, le Russe Igor Mikhalkin (18 v, 1 d). Il a néanmoins fait preuve de vaillance et d’abnégation pour sa première à ce niveau.

Bien sûr, il y a le verdict sans appel des juges. Mais derrière ce score à l’unisson, il y a aussi des signes encourageants. Car si Patrick Bois n’a pas été en mesure de faire douter le tenant du titre ni donné l’impression de pouvoir inverser le cours d’un duel qui lui échappé au fil des rounds, il n’a aucunement démérité. Il s’est évertué à avancer et à accélérer les trop rares fois où il a pu sans jamais renoncer. Mais, en face, Igor Mikhalkin a évolué dans le registre qu’on lui connaît : celui d’un maître-tacticien qui semble parfois un peu apathique mais qui, en réalité, s’avère un boxeur extrêmement lucide, doté d’une grande intelligence dans la manière de conduire un combat. Fort d’un coup d’œil imparable, il délivre certes peu de coups mais ceux-ci trouvent le plus souvent leur cible, que ce soit en contre ou lors d’offensives savamment préparées.

Surtout, sans esbroufe, il est en perpétuel mouvement, prenant ses distances quand il le faut, ce qui le rend très difficile à cadrer et, a fortiori, à toucher. La preuve : le coin de Patrick Bois n’a eu de cesse de lui demander de bien positionner sa jambe avant pour mieux atteindre son rival. En vain. Le challenger s’y est pourtant constamment employé et a défendu sa chance du mieux qu’il a pu. Il convient de lui en rendre grâce même si ses initiatives n’ont été que trop sporadiquement couronnées de succès. A sa décharge, le fait d’être monté sur le ring aux environs d’une heure du matin dans un Palais des Sports Marcel Cerdan aux tribunes passablement dégarnies ne l’a pas aidé. Mais le Russe en a décousu dans les mêmes conditions…
Des raisons tangibles d’espérer
Toujours est-il qu’à vingt-cinq ans, le Français a des raisons tangibles d’espérer. Désormais entraîné à Villeurbanne par Fayçal Omrani, celui-là même qui a façonné Michel Soro et Hakim Zoulikha, il a entamé sa mue pugilistique et cela s’est vu entre les douze cordes levalloisiennes. Moins fougueux, construisant davantage ses attaques et s’exposant nettement moins qu’auparavant même s’il reste un solide encaisseur, il a rendu une copie riche d’enseignements pour l’avenir. A présent établi en Rhône-Alpes, il a par ailleurs troqué le dur métier de maçon qui l’épuisait avec celui, moins éprouvant, de préparateur de commandes au sein d’une entreprise de produits vétérinaires. Et puis, cerise sur le gâteau, il s’est engagé pour deux ans avec Malamine Koné qui est donc son promoteur. De quoi avoir l’assurance de se voir proposer d’autres opportunités dans un futur proche même si Patrick Bois n’est pas hostile à l’idée de reconquérir la ceinture de champion de France qu’il a déjà détenues à deux reprises.
Par Alexandre Terrini

