Le Franco-Camerounais (37 v, 4 d) n’a rien pu faire face à l’allonge et à la puissance du champion du monde WBA des super-moyens, le longiligne Anglais Callum Smith (26 v), lequel l’a emporté par arrêt de l’arbitre (3e), le 1er juin, au Madison Square Garden de New-York.
Il s’était mis sur trente-et-un pour la conférence de presse d’avant-match. Dans un superbe costume foncé à fins carreaux, Hassan N’Dam N’Jikam était à l’unisson du grand moment qui l’attendait. Son succès aux dépens du Britannique Martin Murray, le 22 décembre, à Manchester, ceinture WBC silver des moyens en jeu, l’avait en effet replacé sur le devant de la scène et lui avait ouvert de nouvelles portes. Longtemps, il a été question qu’il défie Gennady Golovkin, lors du combat de rentrée de ce dernier, prévu le 8 juin. Mais, comme bien souvent, les tractations ont trop traîné… Au point d’inciter le clan N’Dam à accepter la proposition de Callum Smith d’en découdre pour le titre WBA des super-moyens.
Une catégorie dans laquelle le natif de Douala n’en avait, jusque-là, jamais décousu. Qu’importe tant c’est un homme de défi. Hélas pour lui, il n’a jamais été mesure de relever celui imposé par l’Anglais. Il avait pourtant assuré avoir mis en place une stratégie. Sans doute consistait-elle à boxer tout le temps sur les jambes, à ne jamais rester en face ni à la distance du tenant, à désaxer immédiatement après avoir touché et à se montrer suffisamment offensif sans pour autant partir à l’abordage inconsidérément.

Trois voyages au tapis en trois reprises
Soit. Mais le scénario a été tout autre sur le ring new-yorkais. Plus que l’écart de poids et de taille entre les deux hommes, ce sont les bras tentaculaires du champion qui ont posé un insurmontable problème au challenger, lequel, de surcroît, a fait preuve d’une certaine perméabilité défensive quand bien même lui fallait-il, certes, prendre des risques en attaquant, histoire de déjouer des pronostics qui lui étaient défavorables. Résultat : trois voyages au tapis en trois reprises, les deux premiers après avoir encaissé une gauche en contre (ah cette satanée main droite un peu basse…), le dernier sur une droite foudroyante au menton qui incitait l’arbitre à sagement mettre un terme au duel alors qu’à chaque fois, Hassan N’Dam N’Jikam avait trouvé d’insoupçonnables ressources pour se relever.
Alexandre Terrini
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