Enfin débarrassé des problèmes physiques, le boxeur de Saint-Maur a décroché une victoire encourageante face à Augustin Malécot samedi au gymnase Ampère, à Vendôme (Loir-et-Cher).

Sylvain Luce a largement dominé Augustin Malécot samedi. Photo, Nicolas Derré
Le combat n'a sûrement pas été aussi intense que ses derniers affrontements au gymnase Ampère. Mais samedi, face au représentant du BC Victoria Augustin Malécot, Sylvain Luce a conquis un deuxième succès en terres vendômoises. Une victoire, à l'unanimité des trois juges (60-53, 59-54, 59-54) au terme des six rounds, moins précieuse et moins clinquante que celle du 15 novembre 2014 face à Ludovic David qui lui avait permis de remporter le tournoi de France, mais celle-ci a au moins eu le mérite de prouver qu'El Loco semble être sur le chemin du retour après de longs mois compliqués dûs à sa fracture à la main.
"Sylvain est maintenant libéré"
« La première question que je lui ai posée après le combat c'est s'il avait mal à la main, expliquait Sébastien Piteau. Il m'a répondu que non. C'est très positif après plusieurs combats où il souffrait, où il ne pouvait pas appuyer les coups et après lesquels il ne pouvait plus bouger sa main. Une forme d'appréhension s'était également installée avec ces douleurs. Mais c'est derrière nous. Sylvain est maintenant libéré. Il peut donner davantage de percussion. Cela s'est vu ce soir (samedi). C'est une belle victoire ». La neuvième de sa carrière, la troisième avec le club de Saint-Maur. S'il reste bien sûr encore beaucoup de travail au boxeur de 35 ans, les progrès sont là. « Je suis satisfait de ce que j'ai vu, confirmait son entraîneur Sébastien Piteau. Notamment au niveau de l'intensité. Il y a eu très peu de temps morts durant ce combat. Il a mis en application plusieurs éléments travaillés à l'entraînement. Sylvain a su désaxer et bouger autour de son adversaire. C'est bien même si tout n'a pas été parfait. Il y a d'autres choses qu'il aurait pu faire de manière moins intermittente comme effectuer un pas de retrait pour ensuite être percutant avec son bras arrière. Mais on va retenir le positif. La dynamique est bonne ». A confirmer le 5 mars prochain lors du gala de son club.
La désillusion de Galerne
Au même programme, le Vendômois a été battu par Aghilas Braik après jet de l’éponge de son entraîneur à la 3e reprise. Beaucoup trop tôt à son goût.

Rodrigue Galerne a été touché à la 3e reprise par Aghilas Braik. Photos, Nicolas Derré
Sa colère fut à la hauteur de sa déception et de sa tristesse. Quand son entraîneur, Mustafa Dundar jeta l'éponge au milieu du 3e round, Rodrigue Galerne rugit. Envahi de frustration, de rage, contre son entraîneur. « Je ne suis pas d'accord », répéta-t-il de nombreuses fois. Pourtant dans le coin, Mustafa Dundar avait déjà décidé. Peut-être un peu tôt mais l'entraîneur de l'US Vendôme a avant tout pensé à la santé de son protégé.
"Pour la fierté, ce n'est pas évident "
Touché et compté quelques instants auparavant après un terrible crochet du droit de son adversaire Aghilas Braik, le boxeur vendômois semblait en effet sonné sur le ring du gymnase Ampère de Vendôme. « Il était K.-O. debout, assurait son entraîneur. Il continuait à prendre des coups. Je ne voulais pas prendre de risque, je voulais éviter la blessure. Je suis un éducateur. Rodrigue est un jeune boxeur, il a encore de belles choses à faire et à montrer. Mais à chaud, je comprends qu'il m'en veuille ». Un peu moins d'une heure plus tard, la désillusion flottait encore dans le vestiaire du Vendômois. Et la fureur avait laissé place à l'amertume. « Je suis déçu, avançait Rodrigue Galerne. Je pense que l'éponge a été jetée trop tôt. Je me sentais encore capable de tenir. J'étais sonné mais il restait dix secondes avant la fin de la reprise. Et j'aurais pu récupérer durant la minute de repos. J'ai parlé avec les juges après le combat. Ils m'avaient donné les deux premiers rounds, j'ai logiquement perdu le troisième mais je pouvais revenir lors du dernier. Tout allait se jouer là ». Cette idée, le boxeur vendômois, qui affiche désormais une victoire pour une défaite au gymnase Ampère, va la garder encore quelques jours en tête. Marqué par cet échec devant les siens. « Sur le coup, ce n'était pas une colère légitime, jurait-il. Mais perdre comme ça, ici à Vendôme, c'est dur. Pour la fierté, ce n'est pas évident ». Mais le public, son public, ne l'a jamais lâché durant son combat. Comme il ne l'a pas fait après…
Par François Bellot
Source : La Nouvelle République

