Léveillé n'est pas un rêveur

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Logan Léveillé a débuté la boxe anglaise l’an passé. Sur le ring, le sociétaire du CP Blois apprend et se sert de cette discipline pour avancer dans la vie.
 
 
Il a vendu ces pages avant d'y voir son nom inscrit. Durant deux années, Logan Léveillé a fait du porte à porte pour La Nouvelle République. Élève de 2e année en BTS NRC (négociation et relation client) au lycée Dessaignes de Blois, le jeune homme de 21 ans a fait ses classes à la dure. Plus de refus que d'abonnements vendus. Plus de verrous qui se ferment que de bonjours bienveillants… « C'est dur mais c'est la meilleure école ». Comme peut l'être la boxe.
 
"En boxant tu te découvres"
 
Pratiquant de ju-jitsu brésilien, le Berruyer a découvert la boxe anglaise à son arrivée en Loir-et-Cher en septembre 2014. Et il a trouvé dans le noble art ce qu'il était venu chercher en passant la porte du Sauvageau pour rejoindre le CP Blois. « La boxe ce n'est pas que combattre, ce n'est pas que les poings, explique-t-il. C'est plus profond que ça. C'est une science. Analyser son adversaire, observer ses déplacements, avoir le coup d'œil… La boxe te structure. Quand tu prends un coup, tu as tout de suite envie de le rendre. Mais il faut savoir garder son self-control et réfléchir. En boxant, tu te découvres ». Et il s'y est révélé. Sept combats, sept victoires. Souvent face à des adversaires plus grands, plus lourds, comme samedi lors de la réunion à huis clos du CP Blois. Mais Logan Léveillé, 1,73 m, relève chaque défi qui lui est proposé. Sans reculer. « J'ai toujours peur avant un combat, confie-t-il. Mais c'est une bonne chose. Il faut apprendre à la maîtriser. C'est comme ça qu'on devient un homme ». Son père parti tôt du foyer familial, il a sûrement grandi plus vite que les autres garçons de son âge. Et l'aîné a endossé un rôle tutélaire auprès des siens. « Tout ce que je veux, c'est être assez fort pour protéger ma famille, explique-t-il calmement. J'étais le grand à la maison, il a fallu trouver ma place. Comme dans la boxe. Il n'y a pas plus macho comme sport. C'est quand même deux mecs qui se foutent sur la gueule. Je suis un bagarreur, je ne peux pas le nier. Mais je le fais dans les règles de l'art, sur un ring. C'est là où on règle ses comptes. J'ai toujours une phrase en tête : " Qui veut la paix, prépare la guerre". Là où j'ai grandi, à Bourges, c'est comme cela que ça fonctionnait ». Il a donc adopté ce credo, cette philosophie. Mais Logan Léveillé n'a rien d'un bad boy. Souriant, posé, calme, le boxeur du CP Blois est réfléchi. Et surtout bien ancré dans la réalité et son lot de difficultés. C'est peut-être pour cela qu'il s'accroche à une chose plus que les autres : le respect. « Les valeurs sont très importantes. Ça se perd et c'est dommage. J'en retrouve dans la boxe. Il faut faire ses preuves. Il ne faut jamais rien lâcher. C'est comme cela qu'on devient quelqu'un ». Logan Léveillé ne rêve pas sa vie, il ne se fixe pas d'objectifs démesurés. Mais il avance. Sur le ring, comme dans son quotidien…
 
La phrase : "C'est un bosseur qui possède un beau potentiel"
 
Patrick Clément ne tarit pas d'éloges sur son jeune protégé qui a rejoint les rangs du CP Blois il y a un peu moins de deux ans. Le président blésois suit en effet attentivement la progression de Logan Léveillé qui affrontera le Sellois Le Cam, samedi 12 mars, lors des demi-finales du trophée René-Clément à Bourges avant, peut-être, de disputer la finale le 30 avril lors du gala du CPB. « C'est un bosseur qui possède un beau potentiel. Il possède des qualités intrinsèques intéressantes et surtout il ne rechigne pas à travailler. Il s'est très bien intégré au club. On découvre au fur et à mesure ses capacités ».
 
Par François Bellot
 
Source : La Nouvelle République

 

 

 

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