L’AG de la Fédération française de boxe, qui s’est tenue à Tomblaine, en banlieue de Nancy, le 11 juin dernier, a confirmé l’élan actuel de la discipline en France et les perspectives d’avenir prometteuses qui s’offrent à elle.
Des finances saines

Le Président André Martin est un homme de chiffres et nul doute que ceux déclinés devant les représentants des comités régionaux résument à eux seuls la relance et le renouveau de la boxe dans l’Hexagone. Si l’argent demeure le nerf de la guerre, alors la FFB est prête à aller au combat puisqu’après avoir été ramené à l’équilibre les années précédentes, son budget est désormais excédentaire. Signes de cette gestion rigoureuse, en 2015, les produits ont augmenté de 12,5 % par rapport à 2014 tandis que les charges ont diminué de 6,7 %. Il n’empêche, a averti le Président de la FFB, ces réserves n’ont évidemment pas vocation à être dilapidées mais, au contraire, à être consolidées afin d’asseoir davantage la solidité financière de l’institution.
La barre des 50 000 licenciés franchie
Deuxième objectif du mandat d’André Martin, également rempli, augmenter les troupes, autrement dit, franchir la barre des 50 000 licenciés. C’est donc chose faite puisque leur nombre atteint aujourd’hui 51 804 (avec un taux de féminisation de 25 %) alors qu’il était de 42 645 en 2012. Une hausse des effectifs homogène sur l’ensemble du territoire puisqu’elle concerne la totalité des comités régionaux. Elle est en outre le fruit du projet fédéral qui, dans la droite ligne des directives ministérielles, vise à toucher des publics divers, en particulier ceux qui éprouvent des difficultés à accéder à une pratique sportive organisée sous l’égide d’une fédération (quartiers de la politique de la Ville, zones rurales, handi-boxe, milieu carcéral…). Plus largement, il s’agit de s’appuyer sur la boxe comme un outil de citoyenneté (DEFIS boxe, collectif Esprit boxe initié par des athlètes l’équipe de France, Boxing Tour…) ; un outil de réinsertion sociale en lien avec l’administration pénitentiaire et la Direction de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) ; un outil d’éducation dans le cadre de la Fédération française du sport universitaire (FFSU) et de l’Union nationale du sport scolaire (UNSS) ; enfin, un outil thérapeutique dans les centres médico-sociaux ou les structures médicalisées. Avec, à la clef, une professionnalisation croissante des éducateurs diplômés et une perception du noble art qui ne cesse de se bonifier au sein du grand public.
Des chantiers multiples
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En interne, la Fédération a toujours été en ordre de bataille. Alors que son Directeur administratif et financier, Jacques Bontemps, a fait valoir ses droits à la retraite, l’heure est « à la réorganisation et à la mutualisation des tâches », a expliqué son Secrétaire général, Bernard Benabdallah. Quant aux locaux de FFB, ils vont subir un toilettage afin de pouvoir accueillir les partenaires institutionnels et privés dans des conditions dignes de ce nom. Pour le reste, les chantiers menés à bien ou en cours sont multiples, qu’il s’agisse de l’harmonisation des codes sportifs de la Boxe éducative assaut (BEA) et de la boxe amateur, de la rédaction d’un protocole sur les commotions cérébrales, d’une prochaine enquête sur les pathologies chroniques des boxeurs, du conventionnement des comités régionaux, de la mise en place de cursus de formation qui sont l’objet d’un nombre accru de candidatures ou encore, de la refonte du manuel des officiels. Sans compter, bien sûr, la réforme du système électoral au regard du redécoupage de la Métropole en treize grandes régions administratives.
« Réussite collective » et « travail collaboratif »
Une mobilisation générale qui s’est brillamment prolongée sur les rings, ce dont s’est félicité le DTN Kévinn Rabaud. « Une réussite collective », fruit d’un « travail collaboratif » car « jamais l’association avec les clubs et leurs entraîneurs n’aura été aussi étroite », a-t-il rappelé. Une union sacrée qui a donc porté ses fruits, qu’il s’agisse du haut niveau avec trois médaillés aux premiers Jeux européens, un champion du monde APB, deux champions du monde amateurs seniors et déjà huit athlètes qualifiés pour les JO de Rio mais également de la masse avec, en 2015, 950 engagés, dont 180 féminines, dans les diverses compétitions nationales de boxe amateur mais aussi, en 2016, une première édition du tournoi national minimes 2 et cadets 1 qui a été un succès de même que le Ladies Boxing Tour dont la formule sera améliorée afin de mettre l’accent sur les jeunes.
La Ligue officiellement née

Enfin, cette assemblée générale a été l’occasion de voter à une très large majorité les statuts de la Ligue de boxe professionnelle ainsi que la convention qui la liera à la FFB. En effet, la Ligue, qui sera active dans le courant du premier trimestre 2017, sera une association de type loi de 1901. Dotée d’une personnalité juridique, elle ne sera pas un électron libre mais bel et bien sous la tutelle de la Fédération comme le prévoit l’organisation du sport en France. Toujours est-il que ce scrutin qui a officiellement validé sa naissance a réjoui le secrétaire d’État aux Sports, Thierry Braillard, lequel avait tenu à faire le déplacement en Lorraine : « Il était important que la boxe professionnelle retrouve toutes ses lettres de noblesse. Le moment est venu de la structurer encore mieux d’autant que les vents médiatiques soufflent à nouveau un peu dans les voiles. La création de cette ligue garantira à ceux qui le souhaitent de pouvoir s’engager dans un projet sportif et un cadre de haut niveau en toute transparence ».

« Je ne cèderai pas à ceux qui veulent troubler le jeu et casser cette dynamique. On veut que ça fonctionne », a conclu André Martin avant de se dire convaincu que les pugilistes tricolores feront partie du contingent des médaillés olympiques aux Jeux de Rio. Dans l’assistance, nombreux étaient ceux qui partageaient son optimisme.
Par Alexandre Terrini

