Lors de son Assemblée générale, le 28 mai, le Comité national olympique et sportif et français (CNOSF) a publié son « Projet pour le sport français à l’horizon 2024 et au-delà ». Avec une ambition, « passer d’une nation sportive à une nation de sportifs », et une clef, « se servir du moteur Paris 2024 ». Pour faire du sport « un élément central d’un projet de société », le CNOSF a identifié des axes dont la mise en œuvre profitera aussi au noble art
Favoriser l’accès aux activités physiques et sportives de tous et à tous les âges de la vie
Le CNOSF aspire, très classiquement, à voir augmenter le nombre de pratiquants, des plus petits aux plus âgés, et ce, dans le cadre d’une structure associative fédérée à l’heure où les pratiques libres ou au sein d’entités privées et commerciales ont le vent en poupe. Ce qui implique de :
- concevoir et de réaliser des équipements sportifs adaptés aux différentes formes de pratiques physiques et sportives et pour tous les publics ;
- ouvrir les équipements sportifs scolaires au bénéfice des clubs et des pratiquants ;
- faire de la pratique sportive, de ses bienfaits sur la santé et le bien-être des populations, à tous les âges de la vie, une priorité de santé publique ;
- reconnaissance l’utilité sociale des associations sportives et de l’engagement bénévole mais aussi affirmer la volonté de faciliter le fonctionnement des clubs par l’allègement des procédures tout en leur proposant un accompagnement efficace.
Autant de priorités qui sont celles de la FFBoxe, laquelle a déployé le dispositif Prescri’boxe, en matière de sport santé, et dont les clubs aspirent, pour beaucoup, à disposer de capacités d’accueil plus importantes, qu’il s’agisse de la superficie de leur salle ou de la quantité de créneaux horaires qui leur sont dévolus.
Quant au mouvement sportif, il s’engage à :
- donner plus de visibilité à tous les sports et à développer une offre de contenus numériques sportifs gratuite et inédite dans le cadre de sa nouvelle chaîne de télévision Sport en France.
- Promouvoir la pratique en club et à placer ce dernier au cœur du dispositif du nouveau modèle sportif français en lançant, chaque année, lors de la rentrée scolaire, une campagne nationale qui mette en avant les clubs.
- Renforcer l’information et l’accès à la pratique sportive en club, en particulier pour attirer des non pratiquants. Et ce, en créant une application « Mon club près de chez moi », laquelle recensera les clubs et leurs offres et permettra une géolocalisation pour les rendre plus visibles à l’intention des particuliers mais aussi des entreprises et des institutions.
- Créer un Observatoire des pratiques innovantes qui référence les bonnes pratiques des clubs et des fédérations en vue d’un partage d’expériences afin que les uns et les autres s’approprient les plus pertinentes.
- Promouvoir la pratique du sport à tous les âges de la vie en organisant, tous les deux ans, une nouvelle compétition nationale multisports dédiée aux plus de 35 ans : les Jeux nationaux des Masters

Miser sur le sport pour la jeunesse
A l’heure où seulement un jeune sur trois pratique une activité physique et sportive dans un club, il convient de :
- valoriser la performance sportive et sa détection durant les parcours scolaire et universitaire.
- Élargir la culture sportive des jeunes et favoriser la diversité des pratiques en instituant des passerelles entre le système éducatif et le mouvement associatif sportif.
- Utiliser le sport et l’olympisme comme outils pédagogiques pour le plaisir d’apprendre.
- Utiliser le sport pour aider les publics en difficulté éducative (à l’image de ce que font déjà de nombreux clubs de boxe).
Pour ce faire, le CNOSF entend s’appuyer sur le service civique, notamment dans le cadre de Paris 2024, en développant les missions auprès du mouvement sportif national et territorial.
En outre, le mouvement sportif va :
- créer des Jeux des Jeunes pour leur donner le goût du sport et les amener vers les clubs. Il s’agira d’un évènement sportif ludique et conçu sur la base d’épreuves simples à mettre en place. Il sera destiné aux élèves de cinquième et de quatrième et coorganisé tous les deux ans par le mouvement sportif. Le tout avec l’implication des fédérations scolaires et de l’Éducation nationale.
- Sensibiliser, via les fédérations scolaires, les jeunes de CM1, de CM2 et de sixième à l’intérêt de la pratique sportive pour faire du sport un élément de leur culture.
- Faciliter l’adhésion des jeunes au club sportif, lequel est tout à la fois un lieu de promotion de la citoyenneté mais également d’acquisition de repères et de valeurs. A cette fin, il est question de créer une Carte découverte passerelle temporaire entre les écoles et les clubs. Cette carte, dont la mise en œuvre s’appuiera sur le relai privilégié des fédérations scolaires, offrira la possibilité aux élèves de tester plusieurs disciplines sportives afin qu’ils puissent opter pour le sport de leur choix et adhérer au club qui leur convient.
Renforcer la capacité de performance du sport de haut niveau
Là, les enjeux ont déjà été identifiés. D’une part, octroyer à la cellule de Haute performance de l’Agence nationale du sport les capacités financières à la hauteur des enjeux de la préparation des Jeux de Paris 2024. Et ce, en vue d’accompagner les fédérations dans l’élaboration de leur plan de performance et de leur donner les moyens tant matériels qu’humains de le mettre en œuvre. D’autre part, il s’agit de faire en sorte que les sportifs de haut niveau bénéficient des conditions optimales (administratives, financières et matérielles) pour atteindre leur meilleur niveau sportif. Sans compter la nécessité d’organiser, y compris à travers le maillage territorial, la synergie des actions entre les différents acteurs du haut niveau. Un plan de bataille que partage la FFBoxe.
A noter que le CNOSF prévoit également d’instaurer une cellule de recensement et d’analyse sur le sujet en vue d’un partage d’expériences au bénéfice de tous.

Développer la professionnalisation
« Le mouvement sportif français repose avant tout sur le bénévolat. Pour autant, le développement des pratiques sportives est créateur d’emplois, ces derniers devant s’inscrire dans un contexte de diversification et d’innovation croissantes. Les formations et les qualifications doivent être pensées en tenant compte de ces évolutions et des besoins des métiers du sport de demain et des employeurs », résume le CNOSF. D’où la nécessité de « rechercher la meilleure adéquation possible entre formation, qualification et emploi dans l’intérêt des pratiquants, des animateurs et de ceux qui les accueillent, tant bénévoles que professionnels, au-delà de tout corporatisme ». Une équation que s’attache à résoudre la FFBoxe, laquelle ne cesse d’étoffer son offre de formations, par exemple avec la perspective de de proposer un cursus d’aide-éducateur.
De son côté le CNOSF prône de :
- recréer un observatoire des métiers du sport au niveau national, lequel analyserait les évolutions de la demande de pratique, des formations et des qualifications. Il s’appuierait, de surcroît, sur les diagnostics territoriaux portant sur l’emploi.
- Faire évoluer les dispositifs législatifs et règlementaires en lien avec la formation afin de valoriser l’expertise technique des fédérations dans les processus de qualification et de formation des certifications professionnelles concernées.
- Concevoir de nouveaux dispositifs de qualification qui soient davantage en lien avec les besoins des associations et qui permettant d’enseigner contre rémunération.
Le sport comme vecteur économique et sociétal
Le CNOSF entend faire reconnaître l’élargissement des missions d’intérêt général, voire de service public (social, aménagement du territoire…) du mouvement sportif. Autre priorité, valoriser l’engagement des bénévoles du mouvement sportif. Et de proposer plusieurs initiatives en ce sens :
- valoriser et récompenser, en organisant les Trophées annuels Sport et Société, les initiatives remarquables menées par les clubs fédérés et ayant un impact sociétal (en termes d’inclusion, d’insertion économique, de lutte contre les discriminations...). Ces récompenses seraient décernées par un jury indépendant sur la base de candidatures déposées par les clubs.
- Lancer un nouveau programme intitulé « Dirigeants de demain » pour favoriser l’accès aux responsabilités du plus grand nombre et diversifier les profils des dirigeants de club et de fédération. Ce programme s’articulerait notamment autour de dispositifs d’information et de formation. Il comprendrait la création et l’animation d’un réseau territorial de dirigeants tout en récompensant les parcours les plus méritants.
- Développer le sport en entreprise. Ce que, là encore, fait déjà la FFBoxe.
Alexandre Terrini
