Lacasa remonte sur le ring

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Qui dit boxe anglaise à Cenon dit Manuel Lacasa. Ce soir, celui qui a créé la section boxe de l'USCRD remontera sur le ring. « On a voulu profiter du gala organisé par l'USCRD au gymnase de La Marègue pour rendre hommage à l'entraîneur historique du club », racontent le Béglais Guy Busquets et le Cenonnais Victor Ojeda Mari.
 

Manuel Lacasa et son biographe, Victor Ojeda (à droite). Crédit photo : H. S.

 
Le premier préside Le Gant et La Plume, jeune association « ouverte à tous dont l'un des buts est de parrainer les boxeurs désireux de publier des ouvrages », et le second illustre ce dernier objectif pour avoir écrit « Moi, Monsieur Manuel Lacasa, entraîneur de boxe ». L'auteur laissera le soin à celui qu'il considère « comme un père » de dédicacer son ouvrage. « J'ai commencé la boxe à 15 ans et j'avais ça dans le sang depuis tout petit, aujourd'hui j'ai 83 ans », résume (au téléphone) Manuel Lacasa, qui n'a pas un souvenir très précis de l'année où il a cessé de professer à Cenon. « C'est 1991, même s'il est revenu de temps à autre après son déménagement de Carbon-Blanc vers Gujan-Mestras », retient Victor Ojeda Mari. Ce dernier et Guy Busquets parlent de lui avec les mêmes mots, « il nous a appris à boxer et transmis les valeurs de la vie auxquelles nous sommes restées fidèles ». Les deux compères conservent ce souvenir de leur entraîneur à l'époque où il était le technicien des Girondins de Bordeaux. Cenon arrive juste après, en 1969. Il en fera pendant plusieurs années le club numéro Un en France.
 
Major des entraîneurs
 
Manuel Lacasa n'a pas de recette particulière, « A la salle, j'ai toujours été exigeant, ceux qui ne voulaient pas travailler, ils partaient ». En constituant la biographie de son ex-entraîneur, Victor Ojeda Mari lui trouve un bagage non négligeable puisqu'il sortit major de sa promotion d'entraîneur à l'INSEP de Vincennes. Connaissances, pédagogie, rigueur, exigence, « Monsieur Lacasa » ne tarde pas à obtenir le meilleur de ses élèves. « Je me souviens que la Fédération avait publié dans son magazine un reportage sur le club, raconte le patron. Le reporter était stupéfait des résultats parce qu'on avait en tout et pour tout d'installé, dans les dépendances du château Palmer, un ring, un sac de sable et deux miroirs ».
 
 
La méthode Lacasa fait des ravages sur les rings de France et de Navarre. Les distinctions pleuvent. L'USCRD est consacrée à deux reprises meilleur club de France. Son entraîneur l'est autant de fois. « Pour avoir une biographie plus vivante, j'ai fait avec la complicité Monsieur Lacasa, un gros travail de recherche parmi les boxeurs amateurs et professionnels qui ont travaillé avec lui », indique l'auteur. Il arrive au total de neuf champions de France parmi 50 noms. Le plus illustre est le défunt Rabah Khaloufi, sept titres, trois Olympiades, deux finales perdues en championnat de monde et d'Europe. Les deux hommes n'avaient pas besoin de beaucoup se parler, liés par leur histoire d'enfant de familles émigrées, Manuel, le Catalan, Rabah, l'Algérien. « Il accueillait tout le monde et son approche éducative a valu à plusieurs gamins de se faire une place dans la vie », témoigne Guy Busquets. L'ouvrage évoque des noms de champions cenonnais, les Gomez Acosta, Joseph Simoes, Alain Jumeau, Karim Rabbi, Germain Blaise. Et bien d'autres de ses élèves dont des anonymes qui viendront saluer ce soir « Monsieur Lacasa ».
 
Par Dominique Andrieux
 
Source : Sud Ouest

 

 

 

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