FF Boxe et MMA, un mariage de raison

Comme sa proposition, faite le 21 janvier dernier le laissait augurer, la ministre des Sports, Roxana Maracineanu, a officialisé, le 7 février, la désignation de la Fédération française de boxe pour accompagner la structuration du MMA en vue d’une autonomie pleine et entière.

Ce processus était une nécessité pour éviter les dérives. « Si j’ai fait le choix de lancer une procédure de délégation du MMA, c’est pour sa reconnaissance ; c’est pour libérer, encadrer et développer sa pratique mais pas n’importe comment ni à n’importe quel prix. Rien ne passera au-dessus de l’intérêt des pratiquants, amateurs et professionnels. Rien ne passera au-dessus de leur intégrité physique et morale », a martelé la ministre.

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Une candidature qui répondait à un grand nombre de critères

Roxana Maracineanu a expliqué ce qui a motivé son choix et dans quelle mesure la candidature de la FF Boxe est apparue la plus pertinente. « Parce qu’elle répondait de la manière la plus robuste et structurée à un grand nombre de critères », a indiqué la ministre. En l’occurrence, une volonté affichée et affirmée d’associer tous les acteurs du MMA à son développement ; un lien fort déjà acquis entre développement du sport amateur et sport professionnel ; une longue culture du sport professionnel associée à une logique de solidarité financière du monde professionnel avec le monde amateur ; une assise financière fédérale solide ; la mise à disposition de moyens spécifiques dédiés et notamment d’un cadre technique spécialiste ; un souci affirmé pour la sécurité des combattants et une pratique ancienne pour la boxe ; ou encore, une dimension internationale et olympique.

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De son côté, la FF Boxe a présenté plus en détails ses intentions et rappelé que sa démarche n’est nullement opportuniste ni vitale pour elle. « Si la FFBoxe s’est portée candidate, c’est d’abord parce qu’elle s’estime en capacité de le faire et qu’elle possède les atouts pour cela », a indiqué son Directeur administratif, Jean-Baptiste Marsaud. « Nous ne sommes pas dépendants du MMA et nous n’en avons pas besoin, a renchérit Arnaud Romera, Président de la Ligue nationale de boxe professionnelle. Financièrement, structurellement techniquement, tout va bien pour la boxe. »

L’approbation unanime du Comité directeur de la FF Boxe

Hasard du calendrier, le jour même, le Comité directeur de la FF Boxe approuvait à l’unanimité la décision d’épauler le MMA. Lors de l’Assemblée générale de juin dernier, 72 % des délégués fédéraux avaient déjà entériné la modification statutaire nécessaire pour accueillir le MMA en tant que discipline associée.

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La FF Boxe entend faire fructifier les similitudes qui lient déjà les deux disciplines. « On parle le même langage, a insisté Arnaud Romera. Il y a des passerelles évidentes. C’est un projet gagnant gagnant. » Pour le mener à bien, la FF Boxe possède un certain nombre d’atouts qu’elle a rappelés. D’abord, une situation financière saine marquée par une hausse constante de son chiffre d’affaires et un modèle économique équilibré basé notamment sur la diversité des pratiques. Ensuite, l’existence, en son sein, d’une ligue professionnelle qui gère 600 athlètes, 400 galas et 2 000 combats par an. Sans compter le fait d’être une fédération olympique, ce qui n’est pas neutre, le MMA ayant l’ambition de pouvoir intégrer le giron olympique. Autre point fort, un secteur médical reconnu comme l’un des plus performants et exigeants du sport français, qu’il s’agisse de prévention, de contrôle et d’alerte. Enfin, des moyens logistiques et humains à la hauteur de l’enjeu. Le tout à l’heure où la boxe bénéficie d’une exposition télévisuelle sans précédent avec cinq chaînes qui la diffusent.

Une gouvernance partagée avec les acteurs du MMA

A cet égard, la FF Boxe a expliqué, dans ces grandes lignes, la méthode qu’elle entend adopter pour permettre au MMA de « voler de ses propres ailes » d’ici trois à quatre ans. Un processus qui se fera dans « une gouvernance partagée » avec les acteurs du MMA moyennant l’octroi d’un budget propre dévolu à la future commission fédérale dédiée à la discipline. Cet essor sera par ailleurs décliné sur le terrain avec la constitution, dans chaque région, d’un binôme associant le représentant de la Direction technique nationale de la FF Boxe et un référent MMA.

Une affiliation des premiers clubs de MMA pour septembre

Au niveau national, la FF Boxe a missionné un conseiller technique référent qui fait l’unanimité en la personne de Lionel Brezephin. Il sera le garant technique de la mise en place de l’ensemble du dispositif. « Il va falloir proposer un cadre pour que tous les pratiquants et les enseignants puissent intégrer un giron qui soit à la fois fédéral et structuré et qui permette d’encadrer en toute sécurité l’évolution de la pratique », a-t-il averti. Ce qui implique, entre autres, la création de deux niveaux (1er et 2e degré) de qualification des diplômes fédéraux, le premier destiné aux assistants et le second à ceux qui veulent ouvrir un club et assurer la préparation des licenciés à la compétition ; la réintroduction d’un système de grades pour faire évoluer les capacités de chacun ; un système de labellisation des clubs ; enfin, le classement des compétiteurs en trois classes (A, B et C), la dernière n’étant pas autorisée à utiliser les percussions.

La machine est donc lancée. De son côté, le ministère va composer une commission spécifique de suivi de la délégation à la FF Boxe. Elle sera composée d’un haut fonctionnaire, de membres de la Direction des sports et de l’Inspection générale et d’un athlète. L’objectif est que les premiers clubs de MMA puissent s’affilier en septembre prochain et que les pratiquants aient ainsi la possibilité de se licencier.