Disparition de Sofiane Saïfi

L’ex-champion de France junior des -52 kg a été fauché par le destin, victime d’un accident de moto fatal, le 30 mars. Une tragédie alors que le Phocéen, mû par l’insouciance porteuse de la jeunesse, avait l’avenir devant lui.

Il faut le revoir, en vidéo, dire toute sa joie quasi juvénile devant la caméra de Boxing Mag. Nous somme en 2019 et Sofiane Saïfi vient de se parer de sa première couronne nationale, après avoir battu Ibrahim Boukedim en finale, alors qu’il n’est que junior 1. Ses propos sont à la fois ceux d’une vieux briscard et d’un gamin qui commence à faire tout doucettement son entrée dans la cour des futurs grands ou, du moins, de ceux qui aspirent à le devenir un jour. Sur son compte Twitter, on pouvait d’ailleurs lire la mention : « futur champion du monde ».

« Je suis très content, déclarait-il, un immense sourire aux lèvres, aux côtés de son entraîneur de père. Il y a beaucoup de sacrifices derrière cette ceinture. Elle représente beaucoup de choses. Je tiens à remercier tout le monde. Franchement, ce n’est que du bonheur. Je l’ai fait. Je suis très fier. Le travail ne s’arrête pas là. On va essayer de faire encore plus. On ne lâche rien. Ma défaite, l’année dernière, m’a fait prendre conscience de mes erreurs et de mes défauts. Je me suis remis au boulot. » Empli d’admiration pour son fiston, le paternel, les yeux scintillants, mesurait le chemin déjà accompli : « Il est courageux. Il n’a jamais enclenché la marche arrière depuis qu’il a débuté à l’âge de six ans. On avance… »

« Un garçon attachant, plein de vie et de dynamisme »

Bien sûr, tout ne fut pas linéaire. Le jeune homme ne fit jamais ami ami avec la balance et monta de catégorie plus qu’à son tour. Si la rigueur sur la bascule n’était pas son fort, il avait du talent, le talent diront même certains. Au point d’être passé pendant un an par le pôle France jeunes de Nancy. Entraîneur national, Stéphane Cottalorda se souvient « d’un garçon gentil, attachant et souriant. Il était plein de vie et de dynamisme. C’était un bon boxeur, rapide, explosif, technique et imprévisible. Il était assez mobile car doté d’un bon jeu de jambes. Il avait vraiment des qualités de base indéniables, en particulier la vitesse et un bon coup d’œil. Il avait parfois du mal à les canaliser pour les exploiter pleinement. »

Sa gestion du poids, pas toujours d’une extrême rigueur, l’a sans doute empêché de performer sur la scène internationale, lui qui avait été convoqué à plusieurs reprises en équipe de France pour participer à des tournois à l’étranger. Sofiane Saïfi n’en était pas moins promis à un futur radieux, lui qui aspirait à passer professionnel. « Je pense qu’il était plus fait pour la boxe pro en s’entraînant en vue d’un combat précis avec une pesée la veille, suggère Stéphane Cottalorda. Il en avait aussi le style, à base d’esquives, de contre-attaques etc. C’est pourquoi le rythme pro lui aurait peut-être davantage convenu au regard de sa boxe, lui qui aimait bien faire le show. »

C’est avec une grande tristesse que la Fédération et son Président adressent leurs plus sincères condoléances à la famille et aux proches de Sofiane.