Le 4 juillet, devant son public de Créteil, le Français (30 v, 1d) a conservé sa ceinture des super-moyens en dominant, aux points (87-84, 88-83, 88-83), le Mexicain Adrian Juventino Duenas Cota (15 v, 1 d). Une performance de choix quand on sait qu’il a été durement touché aux côtes à la mi-match.

Dès le gong libérateur, le Sud-Américain donnait son bras avant avec l’illusion que cela suffirait à réfréner les ardeurs du Cristolien et à le maintenir à distance. Que nenni ! Non seulement ce dernier parvenait à s’approcher sans difficulté en effectuant des esquives rotatives du buste ou en descendant très bas sur les jambes pour éviter les cross du Latino mais une fois à mi-distance, ses crochets secs et précis des deux mains au visage faisaient endurer le pire à son rival. Lequel initiait un travail de sape au corps en martelant les flancs du Francilien. Il misait également sur son uppercut. A défaut, il accrochait pour trouver un peu de répit…
Le Val-de-Marais, visiblement très affuté, ne relâchait pas son pressing tout en veillant à conserver une garde hermétique. « Pas de bagarre ! Prends ton temps ! », lui demandait son coin. Pas vraiment le genre de la maison. Très vaillant, le visiteur ne refusait pas le mano a mano de près et acceptait gaillardement le bras de fer. Et même si, dans cette configuration, il encaissait les attaques les plus nettes et tranchantes, il arrivait que durant ces à toi, à moi, certaines de ses remises atteignent la face du Français.
Un épilogue qui aurait pu tourner à la catastrophe
Un scénario quelque peu surprenant au regard de sa très large domination initiale. D’ailleurs, à partir du cinquième round, ce dernier levait le pied. Même si c’était lui qui avançait et faisait le combat, sa vitesse de bras diminuait et ses enchaînements étaient subitement moins saillants. Ce qui laissait l’opportunité à son contradicteur de refaire surface et de répliquer de manière sporadique. On crut alors que l’extrême chaleur qui régnait dans le Palais des Sports Robert Oubron avait entamé le potentiel physique du local et l’avait incité à s’économiser. Erreur. On apprît plus tard que sur un coup d’Adrian Juventino Duenas Cota, une vieille blessure à une côté flottante, contractée il y a des années, s’était subitement réveillée et le faisait souffrir le martyr, y compris quand il lui fallait déclencher en engageant le bassin.
Toutefois, il ne fallait pas s’y tromper : même si les débats n’étaient plus à sens unique, c’était bien Kevin Lele Sadjo qui restait dominant, ne serait-ce parce que sa puissance supérieure l’aidait à marquer les touches décisives. Dans la dixième et ultime reprise, il se permettait de faire le choix d’en découdre sur les jambes, tout en feintes et en provocations. Un ultime feu d’artifice pour conclure une prestation aboutie malgré ce handicap. A y repenser, a posteriori, pareil épilogue était aussi mérité qu’heureux tant il aurait pu tourner à la catastrophe contre un frappeur de la trempe du Mexicain.

