Et un aller-retour Tokyo pour Maïva Hamadouche !

La Française (-57 kg) a tout donné et donc le meilleur d’elle-même pour décrocher sa qualification aux Jeux de Tokyo. Pour cela, elle a dominé de la tête et des épaules la Hongroise Kata Pribojszki en match de barrage. Chapeau !

On n’en doutait pas mais elle a eu le bon goût de le confirmer d’entrée de jeu : la Francilienne a su se remobiliser après sa défaite surprise, l’avant-veille, contre l’Irlandaise Kellie Harrington. Elle déclenchait les hostilités pied au plancher, à ceci près que son pressing s’accompagnait d’une justesse technique suffisante pour inscrire les touches requises afin de creuser l’écart dès l’entame. Le cavalier seul avait commencé, tout en sobriété, sans le moindre relâchement.

La Magyare, elle, s’efforçait de ne pas se débiner mais était, à l’évidence, un ton en dessous, aussi bien en termes de rythme que de puissance et de débit de coups. Dans la deuxième reprise, elle se mettait, par la force des choses, à reculer franchement, ne parvenant plus à faire illusion. Face au rouleau compresseur tricolore, elle n’était plus en mesure de s’organiser ni de remiser en bon ordre. Systématiquement prise de vitesse et débordée, elle encaissait, en se protégeant du mieux qu’elle pouvait, les crochets incessants de la Tricolore qui sapait au corps et remontait au visage quand ce n’était pas l’inverse. Simple mais terriblement efficace. Toujours sérieuse, elle maintenait son emprise jusqu’au bout et faisait vivre un chemin de croix à sa contradictrice qui n’avait que sa résistance et son courage à opposer. Cette dernière était d’ailleurs comptée debout dans le troisième opus avant que l’ultime coup de gong ne sonne comme une délivrance pour… les deux protagonistes.

« Je suis venue au pied levé, en ayant confiance en mes qualités »

Maïva Hamadouche pouvait laisser éclater sa joie. Et de révéler qu’elle avait dû subir trois interventions chirurgicales au bras depuis le mois de mars, une blessure, à l’origine anodine, ayant dégénéré pour atteindre un degré de gravité très élevé couplé à une infection. Au point d’avoir failli déclarer forfait pour ce TQO… La faute à la pensionnaire de l’équipe de France qui avoua avoir précipité les choses en ne respectant pas le protocole de reprise. Toujours est-il que la Française a abordé cette compétition avec seulement deux semaines de mises de gants à son actif. Le dénouement n’en est que plus beau et admirable.

« Je suis venue un peu au pied levé, en ayant confiance en mes qualités, expliquait-elle, émue, ce qui est rare chez cette grande pudique. Je voulais prendre ce qu’il y avait à pendre et ne pas laisser ma chance. Tout pouvait certes se passer mais c’était soit ça, soit je ne venais pas. Ce combat n’a pas été le plus gros de ma carrière mais je l’ai fait. Je suis vraiment contente. La morale de l’histoire, c’est qu’il faut tout le temps s’entraîner et être constant dans le travail et dans ce que l’on entreprend. C’est ce qui m’a sauvée. Je vais me remettre en selle pour aller chercher une médaille à Tokyo. Les filles m’ont analysée et ont vu mes failles. Au début, j’avais pour moi l’effet de surprise en tant que boxeuse professionnelle. Maintenant, ce n’est plus le cas et elles m’attendent. »