Jérôme Thomas entre aux Gloires du Sport Français

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Le Saint-Quentinois a été élu aux Gloires du sport Français par les membres du jury de la FISF (Fédération des Internationaux du Sport Français). Il sera intronisé le neuf décembre prochain à la Maison du Sport Français aux côtés de Paoline Ekambi, Marc Alexandre, Laurent Tillie, Philippe Sella et Stephan Caron, autres lauréats de la promotion 2026.

Jérôme Thomas sera le neuvième* boxeur à rejoindre le Hall Of Fame du sport Français mais le premier issu de l’ère moderne. Rien ne prédestinait Jérôme Thomas à une carrière de boxeur, né avec le « syndrome de Poland », une maladie qui se caractérise par l’absence de muscle pectoral sur le cœur. Par ailleurs, plusieurs opérations furent nécessaires pour réparer ses doigts collés. Venu à la boxe à l’âge de douze ans en étant inspiré par son frère Cyril, le jeune Jérôme n’a cessé de progresser, il fut vice-champion du monde junior des mi-mouches en 1997. Champion de France Elite, il remporta le titre en mi-mouche en 1998 et 1999 avant de régner sur la catégorie des poids mouche de 2000 à 2004 puis en 2006 et 2007, soit neuf titres nationaux, record à battre ! Jérôme Thomas fut double médaillé mondial, il devint le premier Français à remporter le titre suprême en 2001 et il s’octroya une médaille de bronze lors de l’édition 2003. Triple participant aux jeux olympiques (2000, 2004, 2008), là encore il un fut un pionnier en décrochant une médaille de bronze puis une médaille d’argent. Ajoutons à ce fabuleux palmarès deux médailles de bronze aux championnats d’Europe (2002 et 2006) et des succès dans des tournois du monde entier pour cet unique champion, devenu une légende de la boxe amateur. « Ciccio » a conquis le titre des poids coqs dans les rangs professionnels. En 2024, il avait reçu la médaille d'or de la jeunesse, des sports et de l'engagement assiociatif. Véritable écorché vif et hyper sensible, il a connu quelques déboires mais là encore, le champion qui sommeille en lui a su combattre ses démons et il est aujourd’hui en pleine reconstruction pour tenter de rendre sa vie d’homme à l’image de celle qu’il a vécue sur les rings, exceptionnelle !  

Je pense que tout a un sens par rapport à ma vie, j’ai vaincu plein de choses. J’ai battu l’alcoolisme depuis trente deux mois, je suis en train de régler les problèmes avec moi-même et je retrouve une certaine paix intérieure. En fait cette récompense honorifique récompense les victoires de tous les combats que je mène depuis mon enfance, sur et en dehors des rings. C’est une consécration, sans prétention, je pense que je vais encore faire de belles choses et qui sais-je, un jour, obtenir une autre prestigieuse médaille ?

Effectivement, je m’aperçois que j’ai réussi à faire de grandes choses, j’en suis récompensé, c’est une reconnaissance des choses accomplies. Quand je suis allé parfois dans des tournois internationaux après ma carrière, j’étais heureux que des entraineurs ou boxeurs étrangers me reconnaissent et m’interpellent : « Ciccio, Ciccio » ! J’aurais aimé devenir entraineur, M. Nato a tenté de me faire obtenir un diplôme que je n’ai pas terminé car j’étais malade et pas dans les bonnes dispositions, il m’a laissé ma chance. Je suis maintenant passé à autre chose. Je tiens à remercier Angélique, Mme Amélie Oudéa-Castéra, ex ministre des sports et M. Benoît Eycken, président de l’association : « le sport a du cœur ». Si tout cela a été possible, c’est grâce à ces personnes et également à ma famille qui m’ont aidé à relever la tête.

Je n’ai gardé que mes deux médailles olympiques comme souvenir de ma carrière de boxe, j’ai donné tout le reste. On m’a souvent demandé pourquoi j’avais tout donné, c’est juste car je veux continuer d’exister pour les gens, pour celles et ceux qui ont aimé mon parcours sportif et qui me suivent toujours. Je suis fier de ma carrière, je n’ai aucun regret, je compte bien réussir maintenant ma vie d’homme et devenir quelqu’un d’inspirant.   

*Georges Carpentier, Marcel Cerdan, Eugène Criqui, Alphone Halimi, Roger Michelot, Victor Young Perez, Emile Pladner, Marcel Thil.

 

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