Vers un maintien des JO de Tokyo

Dans les colonnes du quotidien L’Équipe, le Président du Comité international olympique (CIO), Thomas Bach, s’est montré plutôt rassurant quant à la tenue des Jeux Olympiques au Japon l’an prochain.

A l’heure où aucun traitement ni vaccin n’ont été trouvés pour éradiquer le Covid-19 et où la pandémie sévit toujours à travers la planète, laissant planer la menace d’une deuxième vague de confinement, des craintes subsistent sur le déroulement des événements sportifs de grande ampleur. Les Jeux olympiques, déjà reportés d’un an, figurent au premier rang de ces préoccupations.

A l’aune de ce constat, les propos de Thomas Bach, dans L’Équipe, le 10 juillet, incitent néanmoins à l’optimisme. « On est confiants pour l’année prochaine car nos partenaires japonais travaillent à la japonaise, de façon très efficace et avec application, a assuré le Président du CIO. Le défi est qu’il faut préparer des scénarios différents, plusieurs alternatives. Il faut aussi voir ce que la crise implique pour les voyages des athlètes. Est-ce qu’il y aura encore la quarantaine, la distanciation ? Toutes ces questions doivent être prises en considération. C’est une tâche titanesque. »

« Nous sommes là pour organiser les Jeux et pas pour les annuler »

Thomas Bach

Les épreuves se dérouleront-elles devant du public ? Pour l’instant, aucune tendance se dégage : « C’est trop tôt pour le dire. C’est clairement ce que nous ne voulons pas car l’esprit olympique s’étend au village olympique mais aussi dans les stades. On a quelques certitudes sur la crise économique qui ne sera pas finie l’année prochaine. Mais comment se développera la crise sanitaire ? On ne le sait pas. Nous travaillons avec l’OMS (Organisation mondiale de la santé). Nous bénéficions de leurs conseils et la task force conjointe que nous avons mise en place se réunit régulièrement. »

Et Thomas Bach de marteler dans le grand quotidien sportif : « Nous sommes là pour organiser les Jeux. C’est pour cela que nous avons pris cette décision d’un report des Jeux et non pas leur annulation. Annuler les Jeux pour cause de force majeure aurait été plus facile pour le CIO et on aurait eu les recettes de l’assurance. Mais nous sommes là pour organiser les Jeux et pas pour annuler les Jeux, pour aider les athlètes et leur donner l’opportunité de participer aux Jeux. »

«  un débat que le CIO est prêt à entendre sur le nombre d’athlètes qu’il envoie aux Jeux  »

Quant aux Jeux de Paris en 2024, il est fortement question, au regard de la conjoncture sanitaire et économique actuelle, de réduire la voilure. D’ailleurs, Thomas Bach a été reçu, le 8 juillet, par le Président de la République, Emmanuel Macron, en présence du Président du Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 (Cojo), Tony Estanguet. Les acteurs de Paris 2024 ont décidé de passer en revue, avant la fin de l’année, les surcoûts potentiels que ne devrait pas manquer de provoquer l’épidémie de coronavirus.

Ils n’ont pas manqué d’aborder les sujets qui fâchent. « Il peut y avoir un débat que le CIO est prêt à entendre sur le nombre d’athlètes qu’il envoie aux Jeux et sur la manière selon laquelle un certain nombre de disciplines sont organisées », a expliqué une source élyséenne, sachant que « le nombre de qualifiés dans une discipline » a évidemment des conséquences sur les dépenses et la taille du village olympique. En clair, il est prévu que les uns et les autres « regardent comment collectivement on peut réduire à maxima tout risque de surcoût, en gardant toujours en tête cette préoccupation de l’héritage environnemental et urbain ». Pour l’instant, il n’est pas envisagé de modifier la cartographie des différents sites qui accueilleront les épreuves mais un chiffre circule déjà aux allures d’objectif clairement énoncé : réaliser des économies à hauteur de 10 % du budget du Cojo, soit 300 à 400 millions d’euros. Voire davantage si la conjoncture se dégrade.