David Papot toujours ambitieux

L’ancien membre de l’équipe de France amateur (24 v, 1 d) s’est rappelé au bon souvenir des amoureux du noble art en battant aux points, à l’unanimité des juges, Francis Tchoffo (19 v, 1 n 17 d), le 21 août, au cirque Zavatta, à Guérande. Il attend désormais d’avoir des échéances à la hauteur de ses objectifs.

Devant un adversaire plus petit, valeureux et pas du genre à renoncer, qui n’a eu de cesse de casser la distance pour combler son déficit d’allonge, David Papot a d’emblée imposé son emprise sur le duel, envoyant son rival au tapis dès la première minute sur un cross du bras arrière au menton avant de prendre l’ascendant grâce à ses qualités premières que sont son aisance technique et sa fluidité gestuelle. « Sur le papier, ce n’était pas un combat facile, explique-t-il. J’ai quand même pris un petit risque en l’acceptant. Au final, cela a été un très beau match avec de super sensations. J’ai bien géré les huit rounds en boxant à distance tout en veillant à occuper le centre du ring et en m’efforçant de ne pas prendre de coups bêtes. Et quand Francis avançait, je tournais mais sans reculer. J’ai travaillé sur coup d’œil. »

A la clef, un succès probant alors que l’on a le sentiment que l’ex-champion de France professionnel des super-welters avait quelque peu disparu des radars depuis qu’il a signé, en 2019, avec le promoteur américain Jo De Guardia. « L’opportunité était belle aussi bien sportivement que financièrement », justifie-t-il. Reste que le sort s’est acharné puisque depuis, il ne s’est produit qu’une seule fois outre-Atlantique. Lors de sa première sortie prévue au Pays de l’Oncle Sam, son contradicteur du soir a fait un malaise cardiaque peu de temps avant de monter dans le carré magique. Puis, une autre chance s’était présentée en septembre 2019 mais l’intéressé l’a déclinée car il ne se sentait pas prêt. Il faut dire qu’il venait de changer de club. Il a en effet quitté, pour cause de désaccord, le Boxing Nazairien et a intégré les rangs du BC Baulois. Là, il a retrouvé l’entraîneur de ses débuts, Stéphane Thébaud, épaulé par Fabrice Ihopu. Une mutation aux allures de renaissance : « Cela m’a donné de nouveaux objectifs. Je pense que j’ai changé de dimension. »

« Je suis ouvert à toute proposition »

Laquelle va, pour le moment, être circonscrite à l’Hexagone : « C’est compliqué d’aller aux États-Unis en raison de l’épidémie de coronavirus. On m’avait fait part de la possibilité d’y disputer deux combats dans la foulée, le 17 avril et le 8 mai, mais avec le confinement, je n’ai pas pu y aller. Pour l’instant, on a une piste pour organiser, en Loire-Atlantique, un championnat du monde WBA Gold des moyens car le titre est vacant. On va voir comment cela va évoluer en France sur le plan sanitaire et quelle seront les possibilités de monter une réunion. »

L’occasion faisant le larron, David Papot se dit prêt à en découdre autant dans sa catégorie d’origine, les super-welters, qu’à l’étage supérieur où il figure dans le top 10 en WBA et en WBO. « Je me sens aussi bien dans les deux dans la mesure où même je suis rapide de bras, je travaille énormément la puissance avec mes coachs », assure-t-il. De quoi songer à défier le vainqueur du prochain championnat d’Europe des moyens qui doit opposer, à la rentrée, le tenant, l’Italien Matteo Signani, au Normand Maxime Beaussire. Comme il s’agit d’une défense par dérogation, le pugiliste de Loire-Atlantique sait qu’il devra patienter et que le challenger officiel passera ensuite avant lui. « Mon but est de boxer contre de véritables boxeurs et non pas face à des faire-valoir, conclut-il. Je suis ouvert à toute proposition. Idem en ce qui concerne un championnat de l’Union européenne. Si l’on m’appelle, j’y vais. »