Nom : Frenois. Prénom : Guillaume. Particularités : boxeur par passion. Entre Guillaume « Guigui » Frenois et la boxe, cela reste souvent une histoire de garçons. D'abord pour avoir découvert sa discipline en compagnie de ses frères, et maintenant pour assurer une belle image de père envers ses deux fistons, âgés respectivement d'un et quatre ans.

Guillaume « Guigui » Frenois était à Tours, samedi, pour les Princes du ring. Photo, Ludovic Dupraz
Né voici 32 ans dans l'un des fiefs réputés du noble art, Saint-Quentin, le jeune Picard découvre la boxe éducative dans sa sixième année. « Mon père, judoka de formation, nous obligeait à pratiquer une discipline sportive, et comme la salle de boxe était toute proche, j'y ai suivi mes demi-frères ». Le début d'une grande aventure pour ces garçons enfilant les gants pour une gloire annoncée. Car aujourd'hui, le quatuor - Cyril et Jérôme (Thomas), Guillaume et Philippe (Frenois) - réuni en une seule famille peut être fier d'avoir représenté haut les couleurs de la boxe française. Après avoir dominé le milieu amateur pendant quelques années (champion de France cadets puis juniors, avec 75 victoires pour 90 combats), le jeune super-plume entre à l'Insep dès l'âge de 14 ans. « Cela m'a permis d'être mieux encadré, tout en suivant des études qui me seraient utiles pour plus tard ». De fait, il est aujourd'hui professeur d'éducation physique et sportive dans un collège.

Guillaume franchit la porte des professionnels à 21 ans juste après ce qui représentera l'un de ses grands regrets de sa carrière : « J'ai raté les Jeux Olympiques d'Athènes en 2004 à cause d'une blessure à l'épaule ». Rageant pour celui qui dominait largement sa catégorie de poids. Depuis ce temps, le Picard a vu évoluer sa discipline, échappant aux pièges multiples, parsemés sur les sentiers de la gloire. « C'est un milieu compliqué, heureusement j'ai toujours été conseillé par un entourage très sain. Vivre de la boxe est une utopie pour la majorité d'entre nous. Par contre, je ne cache pas avoir bénéficié de quelques cachets intéressants qui m'ont aidé à financer ma maison. Je continue la boxe par passion et c'est en partie grâce à mon métier de prof de sports que je peux poursuivre sereinement ». Après avoir ajouté une victoire à son palmarès, samedi à Tours, lors de la soirée des Princes du ring, le champion s'en retournera sur ses terres picardes pour retrouver le cocon familial et participer à une partie de chasse ou de pêche, autres passions partagées avec les garçons de la famille. Guillaume est aujourd'hui premier challenger pour un championnat d'Europe : « Je pourrais rencontrer un Espagnol si les instances du noble art le décident » précise-t-il. No stress, et advienne que pourra pour ce styliste élégant, heureux d'avoir défendu au mieux les valeurs de son sport. Un grand champion qui ne manqua pas de remercier au passage les organisateurs de la soirée tourangelle… La classe !
Par Patrice Lesage
Source : La Nouvelle République

