Champion de France. Après sa démonstration au Zénith de Caen, le Normand Maxime Beaussire évoque son nouveau statut et son envie folle d'avancer. Il pourrait défendre son titre dans un mois. Entretien.

Maxime « le Conquérant » Beaussire est le roi de France des welters et des super-welters. Crédit photo : JC Hélaine
"Votre sacre a beaucoup fait parler sur les réseaux sociaux. Avez-vous le sentiment d'avoir changé de dimension ?
- J'ai reçu près de 400 messages depuis vendredi. J'ai pris soin de répondre à tout le monde. Il y a eu un tel engouement autour de ce combat, une ambiance dingue au Zénith... Dans le monde de la boxe, peu d'observateurs me voyaient gagner. Seul mon entourage proche n'avait pas de doute.
- Dès le 1er round, vous vous retrouvez à terre pourtant...
- Avec du recul, c'est là que je me rends compte que Salem (Hamraoui, son entraîneur) est très fort. On avait longuement parlé de la stratégie à mener et on avait anticipé la possibilité que je me retrouve le cul par terre. On avait préparé la gestion de ce moment difficile. C'est grâce à cela que je n'ai pas paniqué et que j'ai pu enclencher la machine. C'est à ce moment-là que le Beaussire qui aurait toujours dû exister s'est réveillé.
- Depuis vos débuts, vous avez pris l'habitude de toujours dire ce que vous alliez faire et de faire ce que vous aviez dit...
- Je n'ai pas l'habitude de parler dans le vide. Au début, certains prenaient ça pour de l'arrogance mais je sais où je veux aller et je m'en donne les moyens. Avec mon staff, on ne laisse rien au hasard. C'est plaisant de créer l'événement et d'atteindre ses objectifs. Mais peut-être qu'un jour je vais me planter...

- Vous êtes double champion de France à 24 ans...
- C'est très rare. Je ne regarde pas en arrière. Je sais que ce que j'ai réalisé est beau mais je suis encore loin du but. Un titre mondial ? Il est trop tôt pour l'évoquer. Être un grand d'Europe, comme le dit Gérard (Teysseron, son promoteur), c'est la prochaine étape.
- Franck Haroche Horta vous a conseillé de viser une ceinture européenne à court terme. C'est votre objectif ?
- Le champion d'Europe en titre, Cédric Vitu, est Français et a déjà deux combats de programmés. Je respecte ce que Franck m'a dit, mais je ne veux pas brûler les étapes. J'ai envie de défendre ma ceinture, on est d'ailleurs en négociation pour un combat le 5 décembre.
- Contre Dieudonné Belinga, votre challenger ?
- Oui, mais je ne me déplacerai pas pour des cacahuètes. Avec la performance que je viens de réaliser, j'estime que je mérite une vraie bourse, en rapport avec mon niveau et ma notoriété. On a donné 12 000 € à Franck Haroche Horta, c'est le minimum que je réclame.

- N'est-ce pas risqué de retourner sur le ring un mois après votre précédent combat ?
- Je peux me le permettre parce que je n'ai fait que 5 rounds. Je suis frais, je suis jeune et je me sens capable d'encaisser une nouvelle préparation. Je ne veux pas trop m'avancer mais au regard de mon état physique et de ma technique, je ne vois pas trop qui va m'arrêter en France".
Propos recueillis par Clément Hébert
Source : Ouest France

