Mourad Aliev n’a pas tremblé

Le super-lourd tricolore (+91 kg) a maîtrisé son sujet en finale du TQO. Il est venu à bout, aux points, du mastodonte british, Frazer Clarke. Le voilà idéalement lancé vers le Japon.

Le Français faisait le choix de laisser venir – quelque peu – l’Anglais pour le cueillir à mi-distance grâce à sa vitesse de bras. Le plan était pertinent car alors qu’il était dans les cordes, il effectuait un retrait de son immense buste et remisait dans la foulée, touchant le Britannique qui se mettait à reculer. Le Nordiste enchaînait et passait une combinaison direct du gauche au corps – crochet droit au menton qui était un modèle du genre. Le sujet de sa Grâcieuse Majesté était compté dès la première reprise !

Pour autant, il récupérait parfaitement et se révélait, de surcroît, plus entreprenant que jusque-là. Il faut dire que le local n’avait pas accéléré pour porter l’estocade fatale. Dès lors, les débats changeaient quelque peu de physionomie dans la mesure où le visiteur était actif. Il rentrait en permanence, visant alternativement le corps et la face. Néanmoins, les répliques du Tricolore ne se faisaient pas attendre. Elles avaient le mérite de la puissance. Il donnait sans cesse le sentiment, au demeurant pleinement fondé, de maîtriser les échanges et d’en découdre de la sorte non pas par contrainte mais par choix.

Ce qu’il confirmait à sa descente de ring : « C’était une finale, si bien que je n’ai pas voulu me précipiter. Je sais que j’aurais pu finir avant la limite mais j’ai préféré assurer le show et montrer que je suis capable d’effectuer trois rounds pleins. Je n’ai pas eu peur quand il attaquait parce que je suis un guerrier. C’était un plan de combat que j’ai appliqué et qui avait été décidé avec mes entraîneurs. »

« Si je ne croyais pas en moi, qui le fera ? »

« Mourad aurait pu faire encore mieux, notait, toutefois, John Dovi, le perfectionniste manager général des équipes de France seniors masculines. Il est dommage qu’il n’ait pas été suffisamment lucide pour conclure le travail car quand il est à distance, il a des coups puissants qui font mal. Là, on s’est dit qu’il aurait pu en faire plus et qu’il a un peu joué avec le feu en boxant parfais les mains basses. C’est pour cela que l’on est un peu frustré. »

Reste que l’essentiel est là. « Je suis très content d’avoir remporté ce TQO à domicile, savourait Mourad Aliev. J’ai gagné en maturité non pas physique mais intellectuelle. Je suis très satisfait d’avoir emmagasiné cela car ça signifie qu’à l’avenir, je serai en mesure d’effectuer de meilleurs combats, de me faire plaisir ainsi qu’à tous ceux qui me soutiennent. J’irai à Tokyo pour remporter l’or. Si je ne croyais pas en moi, qui le fera ? Quand je n’étais pas encore français, je savais qu’un jour, je serais en équipe de France, numéro un, que je me qualifierais pour Tokyo et que j’y gagnerais une médaille. Et je le ferai. »