Tenant de la ceinture EBU des super-coqs, Narymane Benloucif Berche (6 v, 2 d) défendra son bien, par dérogation, face à Sacha Morice (4 v, 1 d), ce samedi, à Auch. Une confrontation qui s’annonce palpitante.
À sa manière, Narymane Benloucif Berche est une executive woman. En effet, celle qui est éducatrice contractuelle à la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) et mère d’un enfant de trois ans est venue cette semaine, à Paris, passer l’oral du concours pour être titularisée dans la fonction publique. « Cela s’est très bien déroulé. Je suis contente car j’étais très stressée, encore plus que quand je boxe, rigole-t-elle. J’avais réussi les écrits en décembre. Je suis sur tous les fronts. Cela a été la semaine de tous les défis puisque toutes les échéances à enjeu sont tombées au même moment. Mais j’ai à cœur de montrer qu’avec de la volonté, on peut tout réussir. J’ai envie à la fois de promouvoir les valeurs de la République au sein de l’institution qui m’emploie mais aussi de porter haut les couleurs de mon pays sur le ring. »
La protégée de Mehdi Oumiha en aura une nouvelle fois l’occasion dans le Gers. « Je souhaitais disputer un championnat d’Europe devant mon public, dans ma région, et que les personnes qui me soutiennent puissent voir ce qu’est la boxe féminine au niveau européen, explique-t-elle. Cette première défense à la maison est aussi une occasion d’emmagasiner de l’expérience et, en cas de victoire, de m’ouvrir des portes pour viser encore plus haut. »
Montrer les progrès que j’ai accomplis sur le plan technico-tactique
Dans le carré magique, l’Occitane entend bien briller. « J’attends de moi de fournir une prestation de grande qualité et, ainsi, de montrer les progrès que j’ai accomplis sur le plan technico-tactique, sourit-elle. Pour cela, il faudra que je mette en pratique ce que j’ai appris à la salle, notamment déployer ma boxe de manière fluide et, ainsi, gagner en confiance.’ » Sachant que la Toulousaine connaît bien sa rivale avec laquelle elle s’entend bien. « Nous nous respectons beaucoup, insiste-t-elle. Ce n’est pas une puncheuse et elle a un style qui s’apparente davantage à celui de la boxe olympique. Je vais donc miser sur mes atouts, notamment ma capacité à mettre du rythme. Néanmoins, je n’ai pas de stratégie précise. J’ajusterai ma boxe au fil des rounds en fonction de ce que mon adversaire proposera. De toutes les façons, se cantonner à une seule stratégie peut s’avérer préjudiciable. Le but est qu’elle s’adapte à moi et non l’inverse. J’ai confiance en ce que je sais faire. »
Sacha Morice aussi. En effet, après avoir perdu sa ceinture nationale devant Melina Ainaoui, le 27 mars dernier, la challenger est repartie du bon pied. « Sacha est dans l’état d’espit d’une boxeuse à qui l’on propose de rebondir de manière vraiment intéressante, confirme son coach, Alban Georget. Elle a donc vite repris l’entraînement. C’est une contre-attaquante qui sait boxer en reculant. Il faut qu’elle continue de miser sur ses qualités mais en étant plus active et en ayant un débit de coups supérieur. On ne sait pas trop ce que Narymane va proposer. Nous avons donc bossé sur des schémas tactiques différents afin que Sacha puisse s’adapter le moment venu pendant le combat. Pour le reste, elle a évacué la déception consécutive à sa défaite en championnat de France. Elle est extrêmement motivée d’autant que c’est une compétitrice dans l’âme. Nous allons nous efforcer de faire mentir les pronostics. »


