Djelkhir : "Je veux être le meilleur à Rio"

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Après avoir mis un terme à sa carrière pendant deux ans, Khedafi Djelkhir a réussi l’exploit de revenir au meilleur niveau mondial amateur, de retourner aux Jeux en 2016, après avoir aussi goûté à l’univers des professionnels. Avec ce singulier itinéraire, il est entré dans l’histoire de la boxe, découvrant de nouveaux horizons encore inexplorés.

Levallois-Perret. C’est le genre d’histoire, on serait presque tenté de parler de rédemption, comme le sport sait en réserver. En 2012, Khedafi Djelkhir, choisit, à 29 ans, d’arrêter la boxe pour se consacrer à son emploi d’éducateur sportif dans la capitale comtoise… L’homme a du caractère et une forte personnalité. Personne n’imagine un possible come-back un jour. « C’est John Dovi (N.D.L.R. : entraîneur de l’équipe de France amateurs) qui m’a incité à revenir. Après mon arrêt, on a beaucoup discuté. C’est lui qui m’a parlé de l’APB, à un moment où j’étais déconnecté. Pouvoir participer aux JO était une belle opportunité. Que ce soit Athènes ou Pékin, c’est là-bas que j’ai pris le plus de plaisir ».

À Levallois quand un journaliste parle d’une « histoire de fou », la réponse de Djelkhir fuse : « Ce n’est pas une histoire de fou. Sauf quand on ne me connaît pas ». Il ne regrette rien et ne s’en cache pas : « J’ai eu une carrière en dent de scie mais cela m’a permis de devenir l’homme que je suis aujourd’hui. L’expérience de mon passage chez les professionnels m’a servi. J’ai appris de mes choix ». Un itinéraire singulier, à la mesure d’un boxeur complexe, tout à la fois discipliné dans sa carrière de sportif de haut niveau et profondément rebelle à la moindre injustice, intelligent et sensible, fidèle à la boxe amateur et attiré un temps par l’univers d’une boxe professionnelle qu’il a connue à la dérive. Peut-être les choses auraient-elles tourné autrement s’il était né plus tôt, et qu’il avait connu une boxe professionnelle alors généreusement financée par les chaînes de télé ?

« J’ai toujours faim de victoires »

Aujourd’hui, le boxeur du Besançon Ring Athlétique a trouvé un juste équilibre. Il est père de famille. Il réside à Paris et s’entraîne à l’INSEP avec l’équipe de France amateur depuis un an. Il bénéficie des conseils de l’irremplaçable John Dovi. Bref, Khedafi Djelkhir est apaisé, déclarant avant la finale : « J’ai mûri. Je sais me mettre dans une bulle. Je m’attache d’abord à profiter de ces moments ». Finalement, la perspective de prendre part à sa troisième olympiade à Rio en 2016 arrive à point nommé. De quoi le booster une nouvelle et dernière (?) fois : « J’ai toujours faim de victoires ! Je veux être le meilleur à Rio. Dans une telle compétition, on ne peut pas se contenter de… participer ». Même le fait de revenir sur trois rounds aux JO au lieu de six puis huit rounds ne le perturbe pas : « On n’y est pas encore. Chaque chose en son temps. Je vais déjà défendre mon titre APB deux fois par an comme l’indique le règlement ». John Dovi ajoute : « il va falloir travailler pour qu’il retrouve le rythme des combats courts ». Plus rien ne fait peur à Khedafi Djelkhir qui a cette conclusion : « J’ai traversé un long tunnel pour retrouver aujourd’hui un peu de lumière. Je ne crains plus grand-chose ». Une certitude.

Par : Frédéric Vial

Source : L'Est Républicain

 

 

 

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