La récente officialisation de la liste des athlètes qui défendront les couleurs de la Patrie lors du prochain Tournoi de qualification olympique (TQO) de Londres, qui se déroulera du 13 au 23 mars, est le fruit d’une réflexion concertée et collégiale du comité de sélection. Ce dernier a rendu sa décision 12 février, sur la base de critères objectifs, partagés en amont avec les athlètes.
Pour donner à chacun sa chance mais aussi pour ne pas se priver de pugilistes à potentiel susceptibles de se révéler dans les derniers mois précédant l’échéance, le staff avait fait le choix de constituer, dans un premier temps, un collectif élargi. Autre vertu de la chose, favoriser une saine émulation entre les uns et les autres et ainsi tirer l’équipe vers le haut. Au fil des semaines, les choses se sont affinées. Dans certaines catégories, un leader a rapidement émergé tandis que dans d’autres, deux athlètes demeuraient en concurrence. Ainsi, à deux mois du premier TQO de Londres, treize boxeurs étaient en lice pour huit places. Pour les départager mais aussi pour confirmer ou infirmer les options de l’encadrement, un chemin de sélection final a été mis en place destiné à placer les boxeurs, pour la plupart toujours en formation, faut-il le rappeler, dans des conditions de préparation optimales. L’idée étant de retenir le plus performant du moment et donc celui capable de décrocher le quota olympique le jour J.
Permettre à chaque athlète de donner le meilleur de lui-même
Dans cette optique, de janvier à mars, plusieurs actions ont été programmées avec l’ambition de permettre à chaque athlète de donner le meilleur de lui-même tant en situation d’entraînement que, bien sûr, de compétition. Et ce, dans le cadre de divers stages et tournois face à des adversaires faisant souvent partie de l’élite mondiale. Un moyen, pour les Tricolores, de se jauger et de s’étalonner aux yeux du staff mais également de s’aguerrir. Sachant qu’au sein du groupe France et sans faire fi de la difficulté et de l’incertitude inhérentes à un TQO, lequel n’est jamais une formalité, certains sont d’ores et déjà des candidats au podium aux Jeux de Tokyo. Leurs coéquipiers, eux, visent, dans un premier temps, une qualification. Une fois celle-ci acquise, leur préparation sera alors plus particulièrement axée sur l’obtention d’une médaille olympique.
A cet égard, un groupe cible a été exempté des Championnats de France amateurs (CFA) afin de profiter de cette période pour se confronter à des configurations de haut niveau. Par ailleurs, après avoir désigné un titulaire et son remplaçant dans chaque catégorie, le choix a été laissé au second de s’aligner aux CFA ou de continuer à se focaliser sur la préparation olympique.
Des paramètres identifiés et arrêtés par l’ensemble de l’encadrement
Reste que le processus de sélection finale s’appuie sur des paramètres identifiés, arrêtés par l’ensemble de l’encadrement et communiqués au préalable aux athlètes. En l’occurrence :
- la rigueur et le sérieux, qu’il s’agisse de la gestion du poids, du comportement, du respect des consignes et des autres ou encore, de la quantité de travail fournie.
- La participation aux stages et aux compétitions successifs programmés par l’encadrement depuis la fin de l’olympiade précédente plus particulièrement au cours des cinq derniers mois.
- La qualité du travail effectué depuis ces trois dernières années et le comportement sur et hors du ring.
- La progression observée par les entraîneurs nationaux à tous les niveaux : physique (tests), mental, technique et tactique.
- La faculté d’adaptation à des situations variées et à des adversaires présentant des profils différents.
- La capacité à résoudre au mieux les problématiques spécifiques de la haute performance, en particulier l’analyse pertinente du combat, la propension à s’autoévaluer et à se remettre en cause ou encore, la gestion de la compétition (avant, pendant et après).
Filles et garçons logés à la même enseigne
Bien évidemment, lorsqu’il s’est agi de choisir les heureuses élues appelées à en découdre au TQO de Londres, la neutralité et l’impartialité ont tout autant été de mise chez les féminines logées à la même enseigne que leurs compères masculins. Là encore, les candidates devaient avoir satisfait à des obligations préalables semblables (participation aux stages et aux compétitions de l’équipe de France au cours de l’olympiade 2016-2020, être disposée et en capacité de répondre intégralement aux exigences individuelles de préparation dans le cadre des actions fixées par la DTN, avoir participé, au cours de sa carrière, à au moins une compétition de référence internationale de boxe anglaise - Mondiaux, championnats d’Europe, JO, JOJ etc.). Le classement individuel dans chaque catégorie étant effectué sur la base des :
- performances et des résultats obtenus lors des compétitions internationales (en tenant compte de la valeur de l’épreuve mais également de celle des adversaires rencontrées) ;
- performances nationales, les Championnat de France 2019 et/ou 2020 permettant de confirmer ou pas la hiérarchie dans les catégories ciblées ;
- évaluations faites au cours des stages nationaux et internationaux par les entraîneurs nationaux.
Les cartes seront rebattues après le TQO de Londres
Aussi bien pour les garçons que pour les filles, les cartes seront rebattues après le TQO de Londres. En clair, dans les catégories où les Tricolores ne seront pas parvenus à décrocher un billet pour Tokyo, la concurrence sera rétablie en vue du TQO mondial de Villebon-sur-Yvette, lequel se tiendra du 13 au 20 mai. La sélection sera faite en intégrant divers éléments. En particulier, l’implication et le comportement de celles et ceux qui étaient en lice au TQO de Londres ainsi que les enseignements que tireront les staffs des stages et des compétitions échelonnés de fin mars à début mai.

