Samedi soir à Oberhausen en Allemagne, le jeune Français (19 v, 1 d) qui remettait en jeu sa ceinture WBC Silver des poids super-welters, a subi sa première défaite dans les rangs professionnels. Il a été défait aux points (115-113, 115-113, 116-112) par l'Albanais Ermal Hadribeaj (23 v, 1 n).

Ce combat constituait également une finale de classement, le vainqueur devant être retenu pour rencontrer l’Américain Sebastian Fundora, champion du monde WBC ou son compatriote Vergil Ortiz, champion intérim. C’est dans une salle clairsemée mais pouvant accueillir un millier de spectateurs que les deux protagonistes ont fait leur entrée.
Le gaucher Albanais était le premier à entrer en action, rien de transcendant mais quelques touches du bras gauche pour prendre la température. Concentré, Bakary Samake se contentait d’observer et prendre des informations sur un adversaire relativement peu connu. Le Français tardait à entrer dans le combat, il ne se livrait pas, ou trop peu, attendant que Ermal Hadribeaj attaque pour le contrer. Les trois premiers rounds étaient en faveur de l’Albanais, son activité supérieure et ses quelques frappes du gauche lui permettaient de prendre l’avantage au pointage. Il faisait le combat sans pour autant dominer les débats. Bakary Samake décochait une belle droite à la fin du quatrième round mais il n’était pas encore à la bonne distance. Au pointage intermédiaire, l’Albanais avait deux points d’avance pour deux juges tandis que le troisième mettait les deux hommes à égalité. Bakary Samake durcissait à la sixième reprise, bien décidé à combler son retard et à éprouver son adversaire. Il restait trop souvent sur un coup et manquait parfois de précision. Un choc de têtes ouvrait la paupière d’Ermal Hadribeaj. Poussé par son père entraineur, Bakary Samake se faisait plus pressant, son crochet gauche puis sa droite arrivaient à la face de son rival. La machine était lancée, l’Albanais montrait quelques signes de fatigue mais il tenait bon. Quelque peu truqueur, il accrochait après avoir délivré ses frappes dépourvues de puissance. Une stratégie qui gênait terriblement le jeune Français qui ne parvenait pas toujours à se dépêtrer de ces accrochages.
Bakary Samake mettait une belle droite plongeante à la neuvième reprise mais il encaissait une combinaison gauche droite, peu puissante mais précise. On le devinait frustré même si rien ne transparaissait dans son attitude ou sur son visage. Pourtant, Ermal Hadribeaj serrait les dents et il souffrait, on attendait un enchainement précis ou l’un des fameux crochets gauches du Français pour abréger le combat mais l’Albanais encaissait et résistait. Il tanguait au dixième round mais se reprenait rapidement. Bakary Samake plaçait un court uppercut gauche lors de l’ultime round mais il n’avait plus les ressources nécessaires pour enchaîner. Ermal Hadribeaj qui avait été plus actif et plus expérimenté était déclaré vainqueur sans que le clan Samake, remarquable de sportivité, ne remette en question la décision. La déception devait être ailleurs, notamment sur le fait que le report du combat a incontestablement eu plus d'impacts négatifs sur le jeune Français que sur son vainqueur.

