« Arrogant » pour Bruno Vaillant, « insolent » pour Daniel Lorcy : ce sont les premiers mots qui viennent à l’esprit des entraîneurs de Johann Duhaupas pour qualifier l’Américain Deontay Wilder, que l’Abbevillois affrontera samedi en Alabama pour décrocher la ceinture mondiale WBC des lourds. Pour justifier ces adjectifs, une simple vidéo suffit. En mai 2014, le boxeur professionnel a retrouvé dans une salle d’entraînement un internaute qui prétendait pouvoir le battre et il a pris un malin plaisir à vouloir prouver le contraire.
Ces traits de caractère ressortent les soirs de combat chez ce gaillard de 2m01, invaincu en 34 matches (dont 33 gagnés sur K.-O.). Wilder arrive sur le ring avec un masque doré, le tombe puis fait pleuvoir les coups sur ses adversaires. Jusqu’à s’autoriser une petite danse au centre du ring, alors que l’arbitre commence à peine son décompte pour Nicolai Firtha, envoyé au tapis ce soir d’octobre 2013.
En bronze aux JO de Pékin
Pourtant, Deontay Wilder, 29 ans, a commencé tout en bas de l’échelle puisqu’avant de devenir boxeur il était tout simplement… livreur de bière. « Le premier jour où il est monté dans un camion, il m’a dit qu’il voulait devenir boxeur professionnel et qu’il deviendrait un jour champion du monde des lourds », se souvenait en juin dernier un de ses collègues, interrogé par une chaîne locale. Il avait vu juste : en à peine trois ans, le natif de l’Alabama bat quelques références du circuit et décroche la médaille de bronze aux Jeux olympiques, à Pékin en 2008. Il passe alors professionnel et enchaîne les victoires par K.-O. Certes, les adversaires ne sont pas prestigieux mais Wilder se forge une belle carte de visite. Elle lui donne le droit à un championnat du monde WBC le 17 janvier dernier, qu’il remporte contre Bermane Stiverne après douze rounds et sur une décision unanime des juges. Après une première défense victorieuse en juin contre Eric Molina, Wilder affronte donc Johann Duhaupas samedi, en Alabama. « Préparez le pop-corn », affirmait-il sur les réseaux sociaux le jour de l’annonce du combat. Cette semaine, il en a remis une couche à travers une publicité où il brûle un Godzilla grimé en boxeur et en lâchant cette phrase : « Voici ce qu’on fait aux reptiles », en référence au surnom de Johann « Reptile » Duhaupas. « Arrogant » et « insolent », qu’ils disaient.
SOURCE: http://www.courrier-picard.fr/

