Cissokho ne change pas

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Le capitaine de feu la Team-Solide (10 v) enchaîne les victoires sans jamais faiblir ni décevoir. Il l’a encore montré, à Antibes, le 13 juillet, en dominant, par arrêt de l’arbitre (5e), le rugueux Argentin Jose Carlos Paz (23 v, 1 n, 10 d), très vite surclassé par la maestria du Français.
 
De l’art d’être égal à soi-même, de demeurer constant qualitativement et de n’évoluer que pour se bonifier et se rapprocher toujours un peu plus du meilleur : tel est Souleymane Cissokho. Son seul tort : obliger les journalistes à se réinventer pour redire, à son sujet, sans cesse la même chose mais différemment. Car le Français a tout pour plaire : l’intelligence de l’Homme et la classe du pugiliste. Si bien que sur le ring comme en-dehors, il séduit et triomphe. Le vaillant Latino en a fait, après d’autres, l’amère expérience. Pourtant, celui qui a intégré l’équipe de management d’Anthony Joshua s’était produit il y a seulement six semaines à New-York. Une expérience qui l’a, de son propre aveu, galvanisé : « Je suis beaucoup plus serein et confiant sur le ring depuis mon combat au Madison Square Garden. J'ai, maintenant, beaucoup plus d'expérience. L'objectif, d'ici la fin de l'année, est de faire un championnat d'Europe. » Sa production azuréenne ne manquera pas, si besoin en est, de le rassurer sur la légitimité et la faisabilité de son ambition continentale. Ne se ressentant nullement de sa précédente sortie, le sociétaire du Top Rank de Bagnolet, qui, entre ces deux échéances, avait ménagé sa monture mais néanmoins mis les gants avec André Berto, ancien champion du monde WBC des welters, a été resplendissant.

 

 

« Je deviens de plus en plus solide »
 

Point d’orgue de cette démonstration, sa capacité à prendre l’initiative avec son bras avant mais aussi à laisser venir et contrer implacablement quand son rival partait à l’assaut à la hussarde sans guère penser à d’hypothétiques préparations d’attaque ni à un travail de feinte. Ce dernier eut pourtant été opportun pour le visiteur, histoire de lui éviter de se faire cueillir, comme dans la deuxième reprise sur une droite d’école du Tricolore. Le reste des débats a été à l’unisson, Souleymane Cissokho faisant ce qu’il voulait quand il le voulait, chaque configuration étant pour lui une formalité à gérer. Sans compter, outre sa précision dans le geste et à l’impact, une extrême variété dans sa boxe. C’est d’ailleurs un coup au corps qui incita l’arbitre à mettre fin au calvaire de Jose Carlos Paz. A un moment donné, le courage ne peut plus grand-chose face à l’inspiration et au talent. « Je suis très content, le travail paie, se réjouissait le médaillé de bronze olympique de Rio. On me reproche d'être trop gentil, donc j'essaie d'être plus agressif. Cela s'est bien passé sur le ring et le coach (Virgil Hunter, N.D.L.R.), est très content. C'est de bon augure. On va continuer à avancer comme ça et j'espère encore progresser. C’est ma troisième année chez les pros et le métier commence à rentrer. J'ai beaucoup plus confiance en moi et en mes capacités physiques. Je deviens de plus en plus solide. » Ca promet.
 
Par Alexandre Terrini
Mise en ligne Jérôme Fouache

 

 

 

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