Des demies en guise de hors-d’œuvre

Les demi-finales des Championnats de France amateurs (CFA) seniors se sont déroulées, le 10 novembre, à Pontoise. Leur teneur a été dans l’ère du temps : la vaillance et la volonté ont pris le pas sur l’esthétique et l’inspiration. Ce qui n’a pas empêché le spectacle d’être haletant.

Entraîneur national en charge de la filière masculine, Malik Bouziane est quelque peu resté sur sa faim à l’issue de cette journée dense mais qui n’a guère donné lieu à des révélations. « Le niveau était moyen, concède-t-il. Cependant, les combats étaient beaucoup plus engagés et équilibrés que lors des tours précédents mais, le plus souvent, au détriment de la technique. La plupart se sont contentés de délivrer des coups isolés et quelques enchaînements mais sans réellement combiner. A la clef, inévitablement, un déficit de continuité dans les actions. Pourtant, on ne cesse de répéter que c’est l’une des exigences incontournables pour performer à l’échelon international… On a senti qu’il y avait un manque général de repères et d’automatismes. Toutefois, les pensionnaires des pôles, que ce soient celui de Nancy ou de l’Insep, ont été au rendez-vous.  »

Plus complet et plus rapide de bras, Hugo Grau (-69 kg) s’est adjugé la demi-finale la plus observée de l’après-midi aux dépens du valeureux Enzo Marguerite en pleine progression. Certains Bleus ont d’ailleurs dû s’employer pour passer l’obstacle. Ils y sont parvenus sans discussion mais pas toujours avec toute l’aisance et le brio attendus, à l’image de Moreno Fendero (-75 kg), Soheb Bouafia (-91 kg), Seydi Coupé (-91 kg) ou de Djamili Aboudou Moinze (+91 kg) qui, à sa décharge, n’était plus remonté sur un ring depuis février dernier


Au demeurant, l’essentiel – le résultat – est là et c’est souvent la loi du genre des CFA : la victoire importe davantage que la manière. Pour autant, outre Hugo Grau, des individualités se sont chargées de faire mentir l’adage et y ont mis les formes. Cela a été le cas d’Ibrahim Boukedim (-52 kg), beau vainqueur de Théo Ticout, d’Alexis Germane (-60 kg), de Lounès Hamraoui (-64 kg) et de Maxime Vaz (+91 kg) qui a fait montre de belles prédispositions devant le rugueux Geoffrey Versin. « Mis à part ceux que l’on connaît déjà, qui sont donc en structure ou font partie du groupe France, les espoirs repérés seraient plutôt programmés pour les Jeux de 2028 », conclut Malik Bouziane.

Heriani Temarono, Melina Ainaoui et Lilia Cherifi, les surprises

Quant à ces dames et demoiselles, elles ont globalement été à la hauteur de l’événement, estime Stéphane Cottalorda, entraîneur national en charge de la filière féminine : « Nous sommes montés de niveau comparé à ce que nous avions pu voir lors des huitièmes et des quarts de finale. Le progrès est aussi notable qu’appréciable. Cela s’est ressenti tant techniquement que tactiquement mais également en termes d’engagement et d’agressivité. » Un bilan plutôt flatteur à mettre essentiellement à l’actif des boxeuses les plus expérimentées et qui, du reste, ont déjà été identifiées par le staff. A cet égard, on peut citer Rim Bennama (-48 kg) qui a vaincu Ambrine Zitouni, issue des juniors, à l’issue d’un duel de toute beauté aux allures de finale avant l’heure. Toutes deux sont des habituées de l’Insep.


Émilie Sonvico (-69 kg) est, en revanche, passée à côté après avoir été comptée deux fois et dominée par la Tahitienne Heriani Temarono qui a fait parler sa puissance et créé la surprise du jour. Même si elle demeure très perfectible gestuellement, l’entraîneur national a goûté sa performance tout autant que celle de Melina Ainaoui (-54 kg) qui a pris l’ascendant sur Zoé Couvercelle en étant explosive et en soignant ses préparations d’attaque. Là encore, la finale contre Salma Friga, ancienne membre de l’équipe de France junior, s’annonce prometteuse. Enfin, la revenante Marine Rostan (-57 kg) poursuit son petit bonhomme de chemin. Comme d’autres, elle fait partie des candidates susceptibles d’intégrer le collectif national senior.