Des dames de cœur

Les participantes des finales des Championnats de France amateurs (CFA) seniors, le 11 décembre, à Pontoise, ont redonné du lustre au secteur féminin, plus que jamais en quête de forces vives en ce début d’olympiade. Même si la hiérarchie n’a pas été bouleversée, il reste forcément des places à prendre.

Pour le premier combat de la soirée, Davina Michel (-75 kg) voulait donner le ton et le la. Elle y est pleinement parvenue en étrillant Tallya Brillaux, dominée dans tous les domaines et comptée dans le deuxième et le troisième round. Trop souvent sur le reculoir, elle a subi la loi de la Martiniquaise plus puissante, plus entreprenante et nettement plus impactante avec son bras arrière.

Dans une configuration semblable, en -48 kg, Rim Bennama (Blagnac BC) a fait étalage de toute sa classe et de sa frappe pour dominer trop largement la vaillante Ranah Khalil (C Positif Drancy) par jet de l’éponge (2e). L’Occitane n’a pas fait de détail ni de cadeau afin de se parer de sa première ceinture nationale en seniors.

Fatia Benmessahel  a validé sa mue pugilistique

D’autres Bleues ont tenu leur rang et assis leurs prétentions à être le maillon fort de leur catégorie. Ainsi, en -51 kg,  Romane Moulai (Challenge Boxing) a littéralement étouffé la courageuse Romane Chotard (Boxing Beats Aubervilliers) en se montant à la fois plus incisive offensivement et plus hermétique défensivement. Elle aussi comptée deux fois, la Francilienne, encore tendre, a eu le mérite de ne jamais renoncer.

En -64 kg, Fatia Benmessahel (CSL Aulnay-sous-Bois) a validé sa mue pugilistique. Moins encline à tout miser sur le cardio et un rythme effréné, voilà la Francilienne encline à construire ses actions et à acquérir une technique ciselée. Ne reste plus qu’à l’élève ingénieure à allier les deux. En attendant, ses récents acquis l’ont aidée à venir à bout de Lilia Cherifi, fille d’Hacine et qui a visiblement fait fructifier son ascendance en se montrant, comme lors des tours précédents, entreprenante et généreuse dans l’effort même si l’ensemble reste, et c’est bien normal, à peaufiner.

Quant à Salma Friga (RC Valley) a confirmé devant Mélina Ainaoui (RO Saint-Sébastien) au terme d’un duel extrêmement serré au cours duquel les deux protagonistes se sont livrées sans retenue, la palme revenant d’un chouïa à la Phocéenne un tantinet plus précise dans les moments qui comptaient. Forte de son succès, elle s’est ouvertement positionnée comme candidate à l’équipe de France dont elle entend devenir la numéro une en -54 kg alors que Caroline Cruveiller détient ce statut officieux.

Marine Rostan sacrée après sept ans d’interruption

En -60 kg, Sabrina Belkhadra (Échirolles Boxe), dix-huit printemps, a également décroché la timbale de peu à l’issue d’une confrontation assez fermée contre Rania Ben Rejeb (Boxoum) et aspire désormais à un avenir chez les Bleues.

A vingt-sept ans, Fanny Galle veut encore y croire, elle qui a fait parler ses qualités physiques et son expérience pour prendre l’ascendant sur la toute jeune Tahitienne Heriani Temarono, courageuse, téméraire mais qui demande à voir sa boxe polie et affinée pour rivaliser à ce niveau. En progrès gestuellement, la sociétaire du BC Garges, elle, a réalisé le doublé puisqu’elle avait été sacrée en -64 kg lors de la précédente édition. Elle envisageait alors à passer professionnelle mais elle avait sursis à sa décision, faute de propositions. Celle-ci est toujours de mise, à moins d’avoir une opportunité d’être en lice pour une qualification olympique aux Jeux de Paris 2024.

C’est précisément l’ambition de la revenante Marine Rostan, sacrée en -57 kg après sept ans d’interruption suite à une blessure. Totalement requinquée, l’Agenaise a maîtrisé habilement et tactiquement les assauts assidus mais prévisibles de la Bordelaise Coletivi Yetongnon. Une ceinture qui, comme pour la plupart de ses comparses, la conforte dans son rêve d’être de la fête dans trois ans.