L’épilogue des Championnats de France amateurs (CFA) élites a donc rendu son verdict, le 24 janvier, à La Rochelle. Si certaines têtes d’affiche en avaient été dispensées, en accord avec le staff, d’autres en ont profité pour se révéler.
« Dans l’ensemble, le bilan est encourageant. »
Les hommes ont globalement offert un spectacle de qualité même s’il n’a pas toujours été uniforme, ce qui est la loi du genre. « Il y a eu beaucoup de beaux combats mais pas toujours équilibrés, estime l’entraîneur national, Malik Bouziane. Techniquement, c’était pas mal mais, parfois, cela manquait d’engagement alors que c’est pourtant le propre des finales des CFA. C’est surprenant mais cela s’explique en partie par la mise en place de la scoring-machine, laquelle offre la possibilité de voir l’évolution du pointage après chaque round et donc de gérer quand on sait que l’on est en avance. A noter que la quasi-totalité des vainqueurs avaient déjà été identifiés par la Direction technique nationale (DTN). Dans l’ensemble, le bilan est encourageant car beaucoup sont jeunes. Cependant, pour une grande majorité, ce sera compliqué d’être suffisamment compétitif, dans deux ans, en vue des Tournois de qualification olympique. Il n’est pas sûr qu’ils puissent acquérir suffisamment de vécu d’ici là. »

Ceux qui étaient attendus ont tiré leur épingle du jeu devant des rivaux qui ont crânement tenté leur chance. On pense notamment à Mohamed Ounai (Monclar Boxing Club) qui a pris l’ascendant (5-0) sur Joachim Fenu (Double Choc Power), en -60 kg, en faisant étalage de tout son QI boxe. Dans la même veine, on citera, entre autres, Djamel Djemmal (ABC Roubaisien), logique vainqueur (3-2) de Tairick Nicolas (Boxing Club Cayennais) en -67 kg et Mohamed Dahmane Djemmal (ABC Roubaisien) qui a dominé (5-0) Alexis Divry (Boxing Club de Chatillons) en -57 kg. L’un et l’autre, excellents stylistes mais capables de durcir les échanges quand cela s’impose, ont été étincelants et laissé entrevoir une partie de leur magnifique panoplie entre seize cordes. Idem en ce qui concerne Christopher Hippocrate (Le Labo) qui s’est parfaitement relancé contre le valeureux Izaya Gaucher (Saint-Avé Boxe), récent champion d’Europe U23 mais logiquement déclaré perdant (5-0) en ayant tenu la dragée haute au show man yvelinois. Comme prévu, Junior Tadah (-85 kg - Boxing Lyon United) a fait parler sa puissance phénoménale pour venir à bout, par arrêt de l’arbitre (3e), de Gabriel Yildiz (Boxing Club Béglais) qui en a décousu sur les jambes tant qu’il a pu avant de céder physiquement et de laisser le Rhône-Alpin le cadrer.
Quant à Sami Diguerher (Trégor Boxing), toujours aussi à l’aise gestuellement et rapide de bras pour un pugiliste de sa corpulence, il s’est paré de sa troisième couronne nationale en -90 kg contre Vincent Djinou (Boxing Club de Garges), défait 3-2. Enfin, en +90 kg, le local de l’étape, Angelo Parentaud (Royan Boxing Club) a réalisé un exploit. A dix-huit ans, sa vitesse d’exécution et sa mobilité se sont avérées de précieuses qualités pour écarter (4-1) Samuel Donald Nembot (Red Star Olympique Audonien) même s’il s’est parfois trop et inutilement exposé. « Il est à la fois prometteur et très perfectible », assure Malik Bouziane.
« Il y a encore beaucoup de travail de formation. On n’est qu’au début du chemin »
Chez les féminines, « le niveau a été assez disparate. Certaines disputaient leur première finale nationale et découvraient donc ce stade de la compétition. On assiste à un renouvellement des générations. A la clef, une grande marge de progression, a fortiori pour se rapprocher des standard internationaux. En effet, il y a un fossé entre le niveau national et celui qui prévaut à l’international. Il y a encore beaucoup de travail de formation. On n’est qu’au début du chemin », tempère l’entraîneur national, Stéphane Cottalorda. Dans les catégories élevées, l’entrain a, au demeurant, souvent pris le pas sur la qualité technique. En cause, également, un manque de densité récurrent chez les féminines qui fait que celles qui émergent manquent d’expérience car elles ont, jusque-là, disputé peu de combats. « C’est un peu le chien qui se mord la queue », résume l’entraîneur national.

Toutefois, certaines se sont distinguées et ont offert des prestations de qualité. Il s’agit d’athlètes qui ont déjà brillé hors de frontières de la Patrie chez les jeunes. A cet égard, la victoire (4-1) de Gloria D'Almeida (Boxing Club de Garges) aux dépens de Mathilda Fragnières (Cercle Pugilistique Saint-Dizier), championne d’Europe junior, en -48 kg est venue solder un duel d’excellente tenue, de même que celui ponctué par le succès (3-2) de Mayssoun Bourega (Bron Boxing Academy) face à Kaeyla Mopin (Boxing Club de Garges) qui progresse d’année en année. Un quatuor auteur de « très belles prestations », dixit Stéphane Cottalorda. En -54 kg, Aya Hamdi (LMX Ring Olympique), donnée vainqueur, (3-2) par les juges, de Maloé Teresi (BC Niçois), incarne l’avenir, tout autant, bien sûr, que son adversaire du jour, double championne d’Europe junior. « Mais l’une comme l’autre ont moins de vingt ans et évoluent dans des catégories denses en seniors. Au regard de leur jeune âge, il semble prématuré de parler, pour ces boxeuses, des JO de 2028, prévient Stéphane Cottalorda. Il vaut mieux se focaliser sur l’instant présent et ne pas se tromper d’objectif. L’objectif réaliste, c’est d’abord de les accompagner pour qu’elles brillent aux championnats d’Europe U23 2026 et de les faire grandir. Pour le reste, on verra. »
Enfin, mention spéciale à Lisa Nouiceur (-60 kg - Club Athlétique Municipal de Bordeaux) qui a réalisé le doublé et confirmé son retour au premier plan ainsi qu’à Andrea Badin (-70 kg - Noble Art Boxing Vulpillien) qui s’améliore, en terme de détermination et de puissance, au fil des saisons.

