Le pugiliste du Ring Berruyer, loin de son meilleur niveau, a bénéficié d’un généreux match nul samedi soir face à Kalilou Dembélé, lors du gala organisé par le Boxing Club Issoldunois. Le cadre était superbe, l’organisation de qualité et le plateau royal. Le club local, qui avait investi le PEPSI pour l’occasion, avait proposé à tous les amoureux du noble art, un total de six combats pros, dont le championnat de France des lourds-légers entre David Radeff et Arsen Goulamirian.

Aghilas Braïk (25 ans, 2 victoires dont 1 avant terme, 1 nul), demeure certes invaincu, mais a pu, selon certains observateurs, bénéficier d’un résultat « maison » (ndlr : il était licencié dans l’Indre auparavant), lui permettant de préserver son invincibilité. Il fut néanmoins le premier à reconnaître sa contre performance et la clémence du verdict. « Kalilou a gagné, il a mieux boxé que moi ! » Et le combat en lui-même me direz-vous ? Le Berrichon était pourtant bien parti. Bien en place et appliqué, comme à l’accoutumée, mais le feu d’artifice tant espéré n’éclata jamais. Braïk se retrouva sur la défensive dès l’amorce du second épisode et un gros coup de barre. « Je ne comprends pas, c’est la première fois que ça m’arrive. J’ai peut-être enchaîné trop vite après le gala de Bourges. La préparation a peut-être été trop intensive. Je ne sais pas ».

Toujours est-il que sans jus, les jambes coupées, personne n’a reconnu celui qui est si impressionnant à voir évoluer, de par son aisance technique et sa capacité à esquiver. Lui qui d’ordinaire étouffe ses adversaires par son pressing et son agressivité s’est retrouvé piégé et contraint de subir la boxe imposée par un Dembélé (25 ans, 2 nuls), pas extraordinaire, mais véloce et agressif. Il n’y avait pas des kilomètres entre les deux, ça c’est sûr mais, le pugiliste de Saint-Ouen semblait être devant. Il en avait fait plus que son rival pour empocher la victoire. Faut-il pour autant crier au scandale ?

Non, car lorsque les deux hommes avaient pu croiser les gants dans les rangs amateurs, la décision fut inversée et pas logique non plus. Alors, il serait peut-être bon de les voir s’affronter de nouveau pour définitivement enterrer les contentieux. Braïk, pas au niveau habituel, a pourtant fait preuve d’un immense courage et a montré, que même dans un jour sans physiquement, son mental restait d’acier. C’est d’ailleurs ça qui lui a permis de tenir. Il vaut mieux, ça c’est indéniable. Il ne faut surtout pas faire une croix sur lui. Mais « Le Lion Berruyer » doit montrer à tous, spectateurs comme professionnels de la boxe, que cet accroc, qui a quelque peu freiné sa marche en avant, n’est pas rédhibitoire. Le Lion va continuer à mordre et on l’entendra bientôt rugir de nouveau. Il retournera dans la lumière, là où est sa véritable place.
Par Romain Fabry
Crédit images : Ring Berruyer

