Le boxeur du Ring Berruyer s’est brillamment imposé par jet de l’éponge à la troisième reprise face au Parisien Michael Pausan, samedi soir au complexe sportif de Volvic.

Sa joie fut belle à voir et communicative. Dans un cadre idyllique, cerclé par les massifs du Puy-de-Dôme qui lui rappelait les montagnes du Djurdjura de sa Kabylie natale, le super mi-moyen avait de quoi être satisfait. Il venait de s’imposer de belle manière, effaçant ainsi un nul décevant lors de son dernier combat, le 16 avril dernier à Issoudun. Une victoire acquise avant la limite, lors du troisième round, ce qui lui permet ainsi de maintenir son invincibilité.

Pourtant, « le Lion du Ring Berruyer » (25 ans, 3 victoires, dont 2 avant terme, pour 1 nul) a débuté le combat par le mauvais bout, se faisant mettre la pression par le sociétaire du C.S. Clichy, alors que d’ordinaire, c’est lui qui la met à ses adversaires. Le son de cloche, marquant la fin de ce premier épisode et le super-welter berrichon se faisait secouer les puces par son coach, Farid Boudelli, mécontent par ce qu’il venait de voir. Vivement recadré, celui-ci commençait alors à se mettre en marche et à saper la résistance de son adversaire. Les coups pleuvaient, et le pauvre Michael Pausan (31 ans, 3 succès, dont 1 avant terme, pour 12 revers), ne dû son salut qu’au jet de l’éponge de son entraîneur qui mettait ainsi fin au combat et au mauvais moment que passait son poulain.

Le Parisien avait en effet pris de nombreux coups à la face et il semblait par moment au bord du K.-O. Il proposa néanmoins une belle réplique au berrichon et son courage est à saluer. Un nouveau succès, donc, pour le berruyer d’adoption, mais beaucoup de choses restent à travailler, dont la finition, comme nous le confirme Farid Boudelli « J’aimerais qu’Aghilas ne s’enflamme pas quand son rival est touché. Il doit viser et juste et prendre d’avantage son temps, même si ses supporters l’encouragent à abréger rapidement. En donnant autant de coups, le déchet est grand et cela permet à son adversaire de récupérer, comme ce fut le cas à un moment avec Pausan ». Il est cependant satisfait que son poulain demeure invaincu avant d’aborder une première et méritée période de repos : « Le bilan est positif, même s’il y a encore beaucoup de boulot. Aghilas est en progrès. C’est bien pour la suite. On va réfléchir comment aborder la fin de l’année de la meilleure manière ».

Et le principal intéressé, qu’en pense-t-il ? : « Je suis heureux de cette victoire, elle me rassure sur mes capacités. Je pense avoir fait un beau combat, même si j’ai mal commencé. Mon coach m’a remis en selle rapidement et j’ai pu montrer à tout le monde de quoi j’étais capable ». Et de terminer : « Je voudrais remercier mes entraîneurs, Farid Boudelli et Kader Amallou, qui m’apportent tant, ma famille et mes supporters qui me donnent la force pour me dépasser. Je donne rendez-vous à tout le monde en fin d’année pour la suite de mes aventures ». La suite immédiate est un repos de plusieurs semaines, après avoir enchaîné trois combats en deux mois et ensuite la reprise de l’entraînement. Un cinquième combat est envisagé en novembre, mais rien de concret pour le moment. Laissons à ce jeune boxeur plein d’avenir, le temps de savourer et de récupérer.

Autre représentante du Ring Berruyer, Marielle François, qui, dans sa catégorie des 60kg, se présentait invaincu en deux combats. Malgré une hargne et une détermination coutumières, elle fut déclarée perdante, une décision discutable, face à la briviste Mathilde Maury. Une déception d’un premier revers, auquel il faut ajouter un nez vraisemblablement cassé. Elle n’a pourtant rien à se reprocher et il est fort à parier que de nouvelles victoires viendront bientôt s’ajouter à celles déjà dans son escarcelle. Attention, talent à suivre.

Enfin, le dernier représentant des rouges et blancs berrichons était le mi-lourd William Blanc. Affûté, le transfuge du club vierzonais, renouait avec le contact du ring après six années. Il proposa une belle résistance face au local Jérôme Duprat. Fuyant en début de combat, cherchant ses repères, il proposa une boxe intéressante, mais manqua d’efficacité face à un adversaire qui avançait sans cesse. Il se dirigeait vers une défaite logique aux points jusqu’à cette dernière reprise où, sur un choc de têtes, il fut ouvert à l’arcade sourcilière gauche. Son clan, après avis du médecin, décida d’arrêter le combat. Une fin au goût amer pour celui avoua avoir boxé avec « émotion ». Une émotion très certainement ressentie par les spectateurs présents dans la salle. Il mériterait d’être revu. Les deux amateurs qui, malgré la défaite, recevaient les encouragements de leurs entraîneurs Kader Amallou : « Nous sommes fiers de ce qu’ils ont montrés, le travail va payer, il faut continuer ainsi ». Et Farid Boudelli : « Ils ont fait une belle prestation et ont pris du plaisir à combattre ». Et c’est bien là le plus important.
Par Romain Fabry
Crédit images : Ring Berruyer

