Tony Yoka, la claque avant la mise au poing

La pesée entre le Français (9 v) et son cochallenger, le Belge Joel Tambwe Djeko (17 v, 1 n, 2 d), qui en décousent, ce vendredi 5 mars, à Nantes, pour le titre vacant de l’Union européenne des lourds, a failli tourner au pugilat. Le Belge a en effet administré un gifle au champion olympique. Histoire de faire monter la tension et de le faire disjoncter. Une recette éculée qui a peu de chances de fonctionner.

Deux fronts qui se toisent l’un contre l’autre, des mots doux échangés, des invectives et une baffe qui arrive dans le cou de Tony Yoka, lequel tente de répliquer avant d’être ceinturé par deux vigiles tout comme son vis-à-vis. De quoi donner le ton d’une confrontation haute en couleur. En tout cas, voilà le Tricolore piqué au vif, remonté comme une pendule mais contraint de garder son calme pour ne pas tomber dans le piège tout en donnant le change. « C’est très vexant, très très vexant, a-t-il admis. Cela va avec l’adversaire, ça va avec son tempérament. On l’a vu faire ça à quelques pesées. Maintenant, il faut passer au-dessus. Il ne faut pas sortir du combat mais se dire qu’il va payer tout ça. J’ai envie de boxer maintenant, en fait. C’est ça le truc. J’ai envie de boxer tout de suite. Je n’ai pas envie d’attendre mais bon, on règlera ça sur le ring. » On n’en doute pas.

yoka djeko gala nantes 05 mars

« Il va falloir se méfier. On a un game plan »

Reste qu’il conviendra de ne pas s’y prendre n’importe comment devant un rival au style assez particulier. « C’est un profil totalement différent, notamment de mon dernier adversaire, Christian Hammer. Djeko vient des lourds-légers, a expliqué le médaillé d’or de Rio, sur Canal+. Il est donc forcément beaucoup plus rapide que les boxeurs que j’ai pu affronter. Il est plus technique et, en terme de cardio, il tient mieux la route. Il a donc fallu adapter la préparation en fonction de ses qualités. Or, franchement, il en a beaucoup. Il va falloir se méfier. On a un game plan et, forcément, on espère qu’il va marcher. » Un chose est sûre, comme d’habitude, le maître mot sera la vigilance. D’abord, parce que la catégorie reine l’exige. Ensuite, parce que le visiteur est loin d’être un bourrin entre seize cordes mais plutôt du genre délié, inspiré, mobile et donc guère prévisible.

« J’ai vu un mec professionnel qui est venu pour faire son boulot, un showman qui est venu pour amuser la galerie. Je pense que c’est son moment de gloire et que la vérité se passera sur le ring », a commenté l’Yvelinois en bouillonnant intérieurement lors de la conférence de presse qui faisait suite à cet incident aux allures d’affront. Sur son compte Twitter, il n’a pas arrêté de clamer qu’il était prêt. On le croit volontiers d’autant que comme il l’a écrit sur les réseaux sociaux, « cette première ceinture européenne est importante dans mon cheminement vers plus grand. La forme, la détermination et l’engagement sont là. La préparation a été dure et porte ses fruits. »

« Je suis à quatre combats d’un championnat du monde »

Le chemin est tout tracé : en cas de succès aux dépens du Bruxellois, l’idée est de défier dans la foulée le champion d’Europe, le frappeur anglais Joe Joyce, celui-là même qu’il avait battu en finale olympique, au Brésil. Puis de se projeter vers une opportunité planétaire d’ici moins de deux ans. « Tout le monde a pris un peu de retard avec l’épidémie de Covid-19, a expliqué l’Artiste sur la chaîne cryptée. On a dû prolonger un peu. Je pense que je ne suis plus très loin. Dans quelques combats, cela pourra se faire, d’ici l’année prochaine. Si je dispute les combats qu’il faut cette année, d’ici 2021, on pourra aller chercher le top mondial, Tyson Fury ou un autre. En étant numéro douze mondial, comme actuellement, je pense que je suis à quatre combats d’un championnat du monde, trois si cela se passe vraiment bien. »

Contre qui ? « S’il y a un mec que je voudrais vraiment prendre, que je veux boxer, c’est Deontay Wilder. Maintenant, pour l’Histoire, je me dis que contre Anthony Joshua, cela ferait deux champions olympiques face à face et que ça pourrait être beau. » On confirme.