Rima Ayadi lui a volé dans les plumes

Le 3 avril, aux Mureaux, la Française (5 v) s’est parée du titre WBA continental des super-plumes en dominant avant la limite (abandon dans la 5e) la Bosnienne Pasa Malagic (15 v, 7 d) qui n’a eu de cesse de pourrir le duel. Son succès expéditif n’en est que plus remarquable.

Elle est arrivée dans le carré magique radieuse et majestueuse, drapée d’une étole d’un blanc immaculé sertie de plumes de cette même couleur virginale. Le Lac des cygnes faisait alors trembler les murs du Cosec Pablo Neruda. Le génie de l’immense Piotr Ilitch Tchaïkovski, au lieu d’un sempiternel rap, pour une entrée en scène : il fallait oser. Encore que non tant un tel choix colle à la personnalité de Rima Ayadi qui cultive en tous points son originalité, elle qui se retrouvait là après avoir pris son destin en main il y a cinq ans et débuté par la même occasion dans la discipline.

La musique a, paraît-il, la vertu d’adoucir les mœurs. Ce n’était pas précisément l’objectif des deux protagonistes qui se livraient un mano a mano parti sur de bien mauvaises bases. Les gardes inversées des deux duellistes ne suffisaient à justifier les nombreux accrochages. La faute en était essentiellement imputable à la visiteuse. Plus grande, elle passait les bras et appuyait ostensiblement sur la tête de la Française dès que cette dernière s’approchait et essayait, vaille que vaille, de construire. Un propension à pourrir les débats et à truquer lassante et heureusement stérile.

« On s’est dit qu’il fallait passer un cap »

Car, très vite, l’Yvelinoise, extrêmement appliquée tactiquement, veillait à ne pas s’énerver et à s’en tenir à la seule stratégie qui s’imposait : miser sur sa rapidité gestuelle, ne jamais demeurer statique, imprimer des variations de rythme et sortir immédiatement après avoir atteint la cible. Elle y parvenait suffisamment pour prendre rapidement les devants, même si certaines de ses actions n’aboutissaient pas à cause de l’antijeu constant de la Bosnienne, laquelle était fort justement sanctionnée d’un avertissement dans la quatrième reprise pour l’ensemble de son œuvre.

Dans l’opus suivant, la Tricolore donnait son bras arrière et faisait mouche quasiment à chaque fois qu’elle déclenchait. Littéralement sonnée par un choc de têtes qu’elle avait elle-même provoqué, même si elle ne mettait pas un genou à terre, Pasa Malagic se résignait à renoncer, n’ayant aucune solution en magasin pour contrecarrer la supériorité de la Francilienne qui pouvait exulter : « Voilà, c’est fait. Je n’arrive pas y croire. Cela va très vite. Je savais que ce serait un combat difficile et pas propre parce que l’adversaire ne s’y prêtait pas. Elle est coriace, expérimentée et un peu vicieuse. Je me suis sentie prise au piège car elle ne voulait pas l’affrontement. Elle voulait toucher et accrocher. Ce n’est pas un type de boxe que j’apprécie mais j’étais préparée à ce que la confrontation soit brouillonne. Pasa Malagic a été prise à son propre piège. J’avais vraiment travaillé sur un style plus pro, autrement dit, sur l’efficacité des coups et la dureté. On s’est dit qu’il fallait passer un cap. » C’est fait.

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