Rentrée réussie pour Guillaume Frénois

Les années passent et n’altèrent en rien la boxe ciselée et pleine d’intelligence du Picard (48 v, 1 n, 2 d). Il l’a encore prouvé en dominant, à l’unanimité des juges (79-73, 80-72, 79-73), le rugueux Mexicain Alexander Cazares (16 v, 13 d), le 17 novembre, à Levallois

Déjà défait aux points, dans le passé, devant deux autres Tricolores, Karim Guerfi et Sofiane Takoucht, le visiteur a donc réalisé la passe de trois. Pourtant, dès l’entame, il ne s’en laissait pas compter, attaquait sans complexe et se montrait entreprenant. Néanmoins, très rapidement, c’est Guillaume Frénois qui campait au centre du ring, les mains hautes, sans esbroufe mais en étant nettement plus précis. Son bras avant faisait mouche à volonté, si bien qu’il s’autorisait à passer dans la foulée son crochet droit, lui le fausse garde. Simple mais efficace.

On sentait l’Axonais, qui n’est pas du genre à tricher avec lui-même, en jambes et entraîné. En attestait sa mobilité alerte qui l’autorisait à varier les options et à privilégier la plus pertinente au gré des circonstances. Il gérait les débats avec sa maîtrise habituelle, alternant sans cesse la distance, soit pour imposer le pressing, soit en étant délibérément plus attentiste, histoire de faire déclencher son opposant en premier et de le laisser venir pour mieux le contrer grâce à son coup d’œil. Toutefois, ce dernier était trop brouillon et stéréotypé pour inverser la vapeur et créer la surprise. Ses ruades étaient facilement bloquées, le seul péril d’un tel scénario était qu’elles étaient initiées la tête en avant. Mais le Saint-Quentinois est un sage ente seize cordes et ne se laissait pas surprendre. Son coin appréciait d’ailleurs sa prestation à sa juste mesure : « Reste comme ça, tu es sur un rythme élevé. Tu ne laisses rien défensivement. Tu vas trop vite pour lui. C’est parfait ce que tu fais. » Par leur pointage, les juges en convenaient aussi.

« J’ai envie d’une deuxième chance mondiale »

De quoi ravir le vainqueur du soir qui espère à présence relever un nouveau défi planétaire. « Je me suis senti bien même si l’on n’est pas dans les mêmes conditions de motivation d’autant qu’il n’y a pas de public, a-t-il avoué au micro de RMC Sport. C’est toujours spécial car la période reste difficile. J’ai fait le job contre un adversaire qui a du métier. Je savais qu’il était costaud. Je n’en ai pas fait plus que ça. J’ai contrôlé le combat. J’ai envie d’une deuxième chance mondiale car je suis resté un peu ma fin à l’issue de la première. »